Age des candidats présidentiels : Boshab : « la Constitution institue les minima et non les maxima en matière électorale »

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La tradition a été respectée à l’Assemblée nationale où son président a procédé, ce mardi 15 mars, à l’ouverture solennelle de la session ordinaire de mars 2011, la dernière de la législature de 2006.
Dans son discours, Evariste Boshab a passé en revue un certains problèmes qui assaillent la Nation congolaise. Notamment les élections générales prévues au dernier trimestre de cette année, les défis qui attendent son institution, etc.
S’agissant du processus électoral, le président de la chambre basse du Parlement a émis le vœu de voir les élections se tenir dans le délai constitutionnel.
Il a, en outre, tenu à apporter un démenti aux rumeurs selon lesquelles l’Assemblée nationale s’apprêterait à réviser la loi électorale en vue d’y inclure une disposition qui déterminerait l’âge maximum du candidat présidentiel. Cela dans le but d’écarter de la course des challengers sérieux.
« On a soutenu, sans frémir, qu’une disposition de la loi électorale projette la mise en place d’une société sans les anciens. Ce qui signifie que tous les sexagénaires seraient déclarés inaptes à toute compétition électorale ! Cet humour de mauvais goût, mieux cette caricature de bas étage qui ne peut que honnir ceux l’ont inventé a fait le tour du monde par la magie des notes diplomatiques à la recherche du sensationnel ».

Avant de préciser : « Il s’agit là non seulement de l’ignorance des dispositions de la Constitution qui instituent les minima et non les maxima en matière électorale s’agissant de l’âge pour briguer un mandat, mais aussi et surtout d’un négativisme mortifère à l’édification d’un Etat de droit ». Concernant la production législative, Evariste Boshab annonce que la présente session sera laborieuse, car comportant plusieurs défis à relever.
D’abord, des lois qui n’ont pas pu être examinées et adoptées pendant la session de septembre 2010, tout comme durant celle extraordinaire de décembre 2010- janvier 2011, devront l’être pendant cette dernière session de la législature de 2006.
Il s’agit notamment des lois relatives à la réforme de la justice, des forces armées et de la police nationale congolaise, ainsi que de la loi électorale. Pour réussir ce pari, le président de l’Assemblée nationale invite ses collègues députés à plus d’ardeur, d’effort et surtout d’assiduité aux séances.
Pour cela, les députés devront aller plus vite en observant une discipline chronologique stricte dans la prise de parole, éviter des débats interminables et incidents des séances.
Ci-dessous l’intégralité du discours de l’Assemblée nationale :
             Dom     

Discours d’ouverture de la session ordinaire de mars 2011
Honorable Président du Sénat et distingué Collègue,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale gabonaise et Cher Collègue,
Excellence Monsieur le Premier Ministre,  Chef du Gouvernement,
Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême de Justice,
Monsieur le Procureur général de la République,
Honorables Membres des Bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat,
Honorables Députés et Sénateurs, Chers collègues,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Monsieur le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Missions
Diplomatiques,
Excellence Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général des
Nations Unies au Congo,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organismes spécialisés du
système des Nations unies et des Organisations internationales,
Messieurs les Officiers Généraux et Supérieurs des Forces Armées et de la
Police Nationale,
Messieurs les membres du Bureau de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa,
Monsieur le Gouverneur de la Ville de Kinshasa,
Madame la Bourgmestre de la commune de Lingwala,
Messeigneurs et Chefs spirituels des confessions religieuses, Distingués
invités,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

 Il est des traditions, dans la vie d’une Assemblée législative comme la nôtre qui, même sous la pression d’un temps qui s’accélère inexorablement, sont appelées à être maintenues et respectées. Il en est ainsi de la tradition consistant à marquer l’ouverture de chaque session parlementaire par une brève cérémonie portant essentiellement sur le discours de circonstance. C’est en effet, à cet exercice que je vais devoir immédiatement m’employer, tout en vous remerciant d’avance de votre habituelle attention.
 Avant de m’acquitter de cet agréable devoir, je voudrais signaler parmi nous, la présence d’un hôte de marque en la personne de l’Honorable Guy NZOUBA NDAMA, président de l’Assemblée nationale du Gabon et Président honoraire de l’Assembiée parlementaire de la Francophonie. Notre collègue a daigné répondre à l’invitation de notre chambre législative eu égard aux liens fraternels qui unissent nos deux pays.
 La parole lui sera donnée pour un partage d’expérience sur le devoir des Députés que nous sommes.
Je voudrais l’inviter à se lever pour recevoir les salutations de ses collègues députés.

Honorables Députés et Chers Collègues,

Les circonstances connues de tous, dictées à la fois par l’exigence du sens de responsabilité et de devoir d’Etat, nous avaient amené à amputer d’un mois nos vacances parlementaires.
 Ainsi, après deux mois des vacances parlementaires, qui en réalité n’étaient pas du tout de tout repos, nous voici une fois encore réunis, en ce haut lieu de débats démocratiques, en vue de renouer avec nos travaux.
 Ainsi que chacun de nous le sait, la République Démocratique du Congo est entrain de traverser actuellement, sans aucun doute, une période déterminante de son histoire.
 Sur les cendres de nos gâchis d’hier, sur nos discordes passées qui ont inutilement endeuillé la Nation, sur nos erreurs communes qui ont brisé l’élan patriotique, sur nos propres rebuts, se bâtit une nouvelle société, un nouveau pays, un nouvel avenir; un avenir que nous rêvons plus beau qu’avant, un avenir dans lequel nos enfants trouveront l’héritage de l’effort commun pour imposer à la nature la loi de l’homme.
 En effet, tête haute, courageux et refusant de céder à toute forme de résignation, le peuple congolais, bien conscient de 1à où il veut amener son pays, avance, avec assurance, dignité, détermination et un sens élevé de responsabilité, vers le chemin de son essor ! Et dans cette glorieuse marche vers le progrès et la dignité, la mission qui incombe à chacune et à chacun de nous est une mission éminente.
 Il ne fait, en effet, l’ombre d’aucun doute que dans le contexte du redressement et de la reconstruction d’une nation, où toutes sortes de réformes sont entreprises, où une réorganisation économique est engagée et où des nouveaux tissus sociaux se recousent, le rôle de l’institution parlementaire demeure bien entendu central et même baliseur.
 Dans le cadre de notre mission constitutionnelle, nous ne faisons pas que voter des lois ou contrôler la gestion publique, nous mettons aussi sur pied des structures, des cadres, des mécanismes qui déterminent, bien souvent, d’une manière ou d’une autre, toute la gestion de la Res Publica. Dans le cadre du contrôle, nous éduquons, nous encadrons et faisons aussi un travail de pédagogie.
 Pour autant, nous ne demeurons pas moins conscients de la délicatesse ainsi que de la gravité de notre tâche. Car les défis à relever sont nombreux et les attentes de notre peuple immenses.
Ainsi que l’a impulsé le Chef de l’Etat Joseph KABILA dans la conduite de la Nation, nous devons donc poursuivre jusqu’au bout de notre mandat les réformes essentielles qui ont été engagées.
 Réformer, réformer encore et réformer toujours, tant que l’on n’a pas encore  atteint l’harmonie qui frise la perfection, car le destin de l’homme ce n’est pas la médiocrité.

Honorables Députés et Chers Collègues,

 Parce que, nous parlons du Président de la République, permettez-moi, en votre nom, en celui du Bureau et au mien propre, de condamner et désapprouver l’attaque de la Résidence du Chef de l’Etat, Première institution de la République, par un groupe armé visiblement commandité par les ennemis de la démocratie; ceux qui ont définitivement fait le choix de barrer la route à tout espoir du progrès et de l’épanouissement de la République Démocratique du Congo.
 Au nom de la solidarité institutionnelle, je voudrais en votre nom, à celui du Bureau ainsi qu’au mien propre, exprimer ici au Président de la République, Chef de l’Etat, toute notre sympathie, nos encouragements patriotiques et toute notre confiance dans sa bonne conduite des affaires de l’Etat.
 Au moment où notre pays a mis irréversiblement le cap sur les élections qui sont appelées à être organisées vers le dernier trimestre de l’année, toutes nos énergies devraient être mobilisées pour l’atteinte de cet objectif.
Notre rôle, je pense, c’est aussi, celui d’appeler au strict respect de la loi par les uns et les autres et de faire tout ce qui est de notre pouvoir pour que les élections se tiennent dans le délai constitutionnel.
Plus jamais dans notre pays le droit de la force ne doit prendre le dessus sur la force du droit. Même si dans une assemblée démocratique comme la nôtre, le débat démocratique peut pousser les uns et les autres au sophisme pour se donner bonne conscience, il est cependant regrettable de constater que le mensonge devient un passeport pour se faire inviter dans certains forums qui n’ont pour seul mérite que travestir la vérité.
 On a soutenu, sans frémir, qu’une disposition de la loi électorale projette la mise en place d’une société sans les anciens : ce qui signifie que tous les sexagénaires seraient déclarés inaptes à toute compétition électorale ! Cet humour de mauvais goût, mieux cette caricature de bas étage qui ne peut que honnir ceux qui l’ont inventé, a fait |e tour du monde, par la magie des notes diplomatiques, à la recherche du sensationnel.
 Il s’agit là, non seulement de l’ignorance des dispositions de la Constitution qui instituent les minima et non les maxima en matière électorale s’agissant de l’âge pour briguer un mandat, mais aussi et surtout d’un négativisme mortifère à l’édification d’un Etat de droit.
 Ils ont tiré le court plaisir de vilipender, sans raisons, les institutions de leur pays ; ils porteront le discrédit sinon l’opprobre éternel d’avoir menti face à l’évidence. Un engagement politique, c’est aussi une éthique de vie et l’option en faveur de certaines vertus, autrement l’histoire qui différencie les hommes d’Etat de simples politiciens, finit par prononcer son arrêt sans appel.

Honorables Députés et Chers Collègues,
 La présente session s’annonce laborieuse, cat elle comporte plusieurs défis à relever. En effet, c’est au cours de cette session que devront être examinées et adoptées certaines matières importantes qui, quoique retenues à la dernière session ordinaire de septembre 2O1O et réinscrites à la session extraordinaire qui s’est clôturée le 15 janvier 2011, n’ont pas malheureusement pu être abordées.
 Au nombre de ces matières, celles ayant rapport avec la réforme judiciaire, la réforme des FARDC et de la Police Nationale Congolaise et la loi électorale.
 Dans cet ordre d’idée, il importe d’inviter chacun de nous à plus d’ardeur, d’effort et surtout d’assiduité aux séances.

Honorables Députés et Chers Collègues,
Notre travail ne sera pas de tout repos, et dans ce contexte, nous devons faire du temps notre fidèle allié, car il presse, nous presse et s’envole.
 Point n’est besoin de rappeler que la présente session ordinaire est la dernière de la 1ère législature de la 3ème République.
 Je voudrais revenir, brièvement, sur ce que j’avais déjà eu à stigmatiser dans un passé récent : la gestion du temps de parole qu’il importe de rationaliser.
 Cette rationalisation de nos méthodes de travail, a été pour beaucoup dans l’abondance de la production législative lors des sessions passées et nous permettra encore, sans nul doute, d’aller davantage plus vite dans notre travail.
Nous devons agir ensemble pour que l’enjeu soit non plus le temps mais plutôt le fond.

Eu égard au caractère urgent que revêt bon nombre des textes à examiner, si nous ne nous imposons pas une discipline chronologique stricte, si nous laissons la porte ouverte à des débats interminables et à des incidents des séances, alors nous marquerons le pas et serons coupables demain, aux yeux du peuple, d’avoir ralenti la marche de toute la Nation. C’est donc une question de responsabilité.

Honorables Députés et Chers Collègues ;
Quelles que soient nos couleurs et opinions politiques, c’est d’abord pour le salut de la Nation que chacun d’entre nous est là. Je reste profondément convaincu que notre peuple va bientôt, par sa bravoure et son courage, confondre bien de défaitistes, de catastrophistes ou encore de pseudo-prophètes qui avaient hier tôt fait de prédire un sombre chaos et une anarchie dans notre pays.
En observant I’ébullition politique dans le Maghreb ou encore au Moyen Orient, j’en suis arrivé à la réflexion selon laquelle le peuple congolais ne s’est effectivement pas trompé lorsqu’il a engagé la lutte pour sa liberté à travers la conférence nationale souveraine et le dialogue inter-congolais ayant permis une transition apaisée et l’avènement de la 3ème République.

Honorables Députés et Chers Collègues ;
Tout en espérant vous voir rapidement procéder au dépôt de vos différents rapports des vacances, je sais que vos gibecières sont remplies des problèmes et de préoccupations auxquelles sont confrontés quotidiennement vos électeurs. Notre devoir c’est aussi de les examiner ensemble en vue de plaider pour des solutions plus rapides et plus justes.
 C’est dans un véritable esprit de responsabilité partagé que nous devons bâtir ensemble, une grande démocratie moderne au centre du grand» continent africain.
 J’émets le souhait de voir, dans notre chambre législative, Majorité et Opposition dépasser leurs divergences au profit de l’intérêt supérieur de la nation.
Et je terminerai par ces mots de Pierre MENDES France : « vous n’avez pas le droit de vous abstenir ; vous devez suivre les problèmes nationaux et peser de toutes vos forces pour qu’Ils reçoivent les solutions que vous estimez bonnes pour le pays. Vous devez le faire par une action de tous les instants. Vous devez dissuader ceux qui, autour de vous, sont enclins, eux aussi, à s’abstenir.
Je déclare, conformément à l’article 115 de la Constitution, ouverte la session ordinaire de mars 2011
Je vous remercie.
Evariste BOSHAB

 

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