Afrique Centrale : la «Bible» des journalistes en période électorale adoptée

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Après trois jours de travaux intenses, l’atelier sous-régional sur le rôle des médias dans la conduite et la promotion des processus électoraux pacifiques en Afrique centrale s’est achevé vendredi 8 mai 2015 avec l’adoption, par les journalistes présents, d’un Code de bonne conduite à observer par les professionnels de médias en période électorale. Le document, convient-il de souligner, met l’accent sur la nécessité d’éviter la corruption, le sensationnalisme et les reportages partisans ainsi que des excès dans les discours ou les récits médiatiques.

 Les participants ont, à cet effet, refait l’éloge de l’exactitude des faits, de l’équité et de l’équilibre dans le traitement de l’information, y compris en ce qui concerne la vulgarisation des programmes des candidats. Maître Akeré Muna, Avocat, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun et de l’Union panafricaine des avocats, a évoqué, entre autres, les enjeux d’un tel Code et donné les orientations générales pour son élaboration.

            Dans ses présentations, Thomas Hirenée Atenga, enseignant au Département de Communication de l’Université de Douala, en a également esquissé les grands principes en rappelant ce que les journalistes ne doivent pas dire ou écrire en période électorale. Il a mis en lumière l’importance de la responsabilité sociale des professionnels de medias ainsi que les exigences liées au respect de l’éthique et de la déontologie de leur métier. Tidiane Dioh, Responsable du Programme Médias à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), est allé dans le même sens, en encourageant les journalistes à ne pas tomber dans le piège de la manipulation. Les participants ont aussi suivi avec attention son expérience en tant qu’ancien journaliste ainsi que des informations sur les efforts que fournit l’OIF pour développer les médias dans l’espace francophone.

            De manière générale, les participants ont reconnu que l’adoption et l’observation d’un Code de bonne conduite permettrait de contribuer de manière significative à la protection des droits de l’Homme, à la prévention des violences électorales et à la gestion des crises post-électorales. Ils ont fait leurs les conseils du Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et Chef de Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), Abdoulaye Bathily, qui les invite à ne rien faire qui puisse exacerber les tensions. Dans un message lu par son représentant lors de la cérémonie d’ouverture le 6 mai, il les a encouragé à faire preuve de professionnalisme en attirant « l’attention sur des situations qui peuvent déboucher sur des élections contestées, un facteur qui constitue souvent le point de départ d’une instabilité politique, de l’anarchie ou de la guerre civile ».  Mme Mireille Bisseck, Déléguée régionale de la Communication pour le Littoral, représentante du Ministre de la Communication, a développé un argumentaire similaire, tout comme Agbessi Ahowanou, Directeur du Centre des Nations Unies pour les droits de l’Homme et la démocratie en Afrique centrale (CNUDHD-AC).

            Il convient de noter que l’atelier de Douala a réuni plus de vingt journalistes venus du Burundi, du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Congo, de la République démocratique du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, du Rwanda et du Tchad. Il a été organisé par l’UNOCA avec l’appui du CNUDHD-AC et l’OIF. Les représentants de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest (UNOWA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) ont également contribué au succès de l’atelier.

            Les participants ont lancé un appel afin que toutes ces entités leur apportent un appui dans la vulgarisation et la mise en œuvre effective du Code de bonne conduite des journalistes et des médias en période électorale.

Par Tshieke Bukasa,

 de retour de Douala