Affaire vaches : Freddy Matungulu exige des sanctions exemplaires

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Pendant que le bras de fer entre  le régime de Kinshasa et l’Eglise catholique occupait jusque-là les esprits, depuis quelques semaines, c’est une autre  actualité, tout  aussi  problématique, qui a pris le dessus. Il s’agit de la présence dans l’ex-province du Bandundu, de milliers de vaches qui seraient venues des lointaines provinces de
l’Est de la République Démocratique du Congo (Tanganyka  et Sud-Kivu) et conduites  par des éleveurs non encore formellement identifiés.

Rentré au pays la semaine dernière  après un séjour de trois mois aux Etats-Unis et en   Europe, où il a eu plusieurs contacts avec diverses personnalités du monde économique et diplomatique, Freddy Matungulu, l’initiateur du parti Congo Na Biso (CNB), s’insurge contre le silence coupable des autorités nationales et celui des gouverneurs des provinces traversées par ce cheptel.

Pour l’ancien fonctionnaire au Fonds monétaire international (FMI), cette affaire doit nous préoccuper au plus haut point parce qu’elle touche directement à la sécurité nationale. «Comment dans un pays juché d’innombrables foyers de conflits armés et secoué par la
présence de plusieurs milices, des éleveurs accompagnés de plus de 1.500 têtes de  vaches peuvent traverser le territoire national de l’Est à l’Ouest sans attirer l’attention des   gouvernants aux niveaux régional et central? », s’interroge Freddy Matungulu, ancien ministre des Finances, Budget et Economie – de 2001 à2003.

Freddy Matungulu exige du  pouvoir de Kinshasa   de   clarifier
plusieurs points d’ombre. Notamment, d’où sont parties ces vaches ?
Quel a été l’itinéraire emprunté par les éleveurs qui les convoient ?
Comment ces derniers ont-ils traversé l’espace kasaïen pendant la
période des troubles créés par le phénomène Kamuina Nsapu ? Pourquoi
les gouverneurs des provinces traversées par ces vaches sont-ils
restés silencieux ? Des questions qui appellent des réponses urgentes
dans ce contexte d’incertitudes politiques continues.

Manque de communication

Lorsque les premières  informations et images  ont commencé  à
circuler sur   la présence de ces éleveurs mystérieux et insolites
dans l’ex-province du Bandundu, en lieu et place de la communication
du Gouvernement, c’est une lettre signée par des «notables»
banyamulenge qui a été publiée dans la presse. « Des troupeaux des
zébus  perçus  depuis   quelques mois  dans les provinces du Kwango et
Kwilu, appartiennent aux éleveurs de la communauté Banyamulenge», a
indiqué, à Radio Okapi Enock Ruberangabo Sebineza, membre de la
communauté vivant à Kinshasa. « Ils ont traversé à partir du Sud-Kivu,
Fizi, Kabambare, Mbuji-Mayi, Tshikapa et les voilà. Ils vendent leurs
troupeaux ici à Kinshasa. C’est autour de 1500  et 2000 USD la tête »,
a fait savoir Ruberangabo Sebineza, expliquant que pour ces éleveurs,
le marché de la viande de bœuf à Kinshasa est «florissant».
L’avis d’un simple citoyen ne  peut suffire  pour  informer la
communauté nationale sur les tenants et les aboutissants d’une aussi
lourde opération dont les contours doivent encore être clarifiés. Pour
l’initiateur de CNB, « ce déficit de communication de la part des
autorités suscite des inquiétudes, interrogations, et suspicions bien
compréhensibles de la part de plus d’un Congolais, mais surtout ne
rassure pas à quelques mois des élections prévues d’ici décembre ».

Respect de la loi

Tout en étant inquiet, en tant que ressortissant de l’ex-Bandundu et
leader politique, sur cette affaire difficile à comprendre, Freddy
Matungulu rappelle que la loi donne à tout Congolais le droit de
s’installer où il veut sur toute l’étendue du territoire national.
Cependant, le n°1 de CNB indique vite que cela doit se faire selon la
réglementation en  la matière.  «Les   éleveurs ont-ils obtenu les
documents nécessaires pour traverser les provinces du Tanganyka, du
Haut-Katanga, du Sud-Kivu, de la Lomami, du Kasaï Oriental, du  Kasaï,
du   Kwilu, du Kwango…? », s’interroge Freddy Matungulu. Curieusement,
constate notre interlocuteur, au lieu d’atteindre Kinshasa qui était
le point de chute  pour vendre les vaches, on note que ces éleveurs
semblent plutôt se battre pour s’installer durablement en divers
endroits de leur choix dans la province du   Kwango.
Pour rassurer les ressortissants de l’ex-Bandundu, mais aussi
l’ensemble du peuple congolais, Freddy Matungulu exige que soient
entendus les ministres nationaux et provinciaux en charge des
questions d’élevage et de sécurité. «De sévères sanctions   doivent
en   effet   être   prises   pour   prévenir   toute   récidive
anarchique», conclut-il.
Kimp

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