Affaire « Roger Yaghi » : la santé de l’ex-PCA de la Banque Congolaise va de mal en pis !

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Mis en séquestration depuis 3 mois dans une maison privée dans la commune de Gombe à Kinshasa, Roger Yaghi, ancien président du Conseil d’administration de la Banque Congolaise, vient de lancer par le biais de son conseil un cri de « douleur  et de souffrance » à l’endroit du président de la République, Joseph Kabila. Son avocat, Me Tshibangu Kalala, a rendu public cet appel le vendredi 8 juillet 2011 au cours d’un point de presse tenu en son cabinet aux Galléries présidentielles à Gombe.

C’est en sa qualité de magistrat suprême, de protecteur des droits et libertés de tous les habitants de la RDC et de garant du respect de la Constitution et des lois de la République que Roger Yaghi considère le Chef de l’Etat comme son ultime recours afin qu’il intervienne en sa faveur et fasse cesser son arrestation et sa détention arbitraires. Ayant tout essayé et échoué devant la mauvaise foi des hommes censés respecter la loi et les doits humains, Roger Yaghi espère que ce cri parviendra au président Kabila afin qu’il fasse respecter la Constitution et les lois de la République par les autorités subalternes et fasse cesser sa détention illégale dans une maison privée, à quelques mètres du Palais de la nation, « là où bat le cœur de la République ».

Rappelant que son client a été arrêté le 18 avril dernier à son domicile de Gombe en fin d’après-midi par des OPJ, Me Tshibangu Kalala a confié qu’il a été d’abord amené au Parquet général de la République, d’où il sera ensuite transféré à l’Inspection générale de la police judiciaire pour y être gardé à vue pendant 48 heures pour enquête judiciaire, conformément à la loi. Cependant, a-t-il regretté, après l’expiration de ce délai légal de 48 heures, tout a commencé à se dégrader. L’ex-PCA ne sera jamais présenté devant un magistrat du parque. Il ne connait même pas, jusqu’à présent, les motifs de son arrestation et se retrouve pris en otage dans la maison d’un particulier entourée par des hommes en armes, etc. « Des violations  flagrantes de la Constitution et des lois de la République, ainsi que des droits et des libertés reconnus à mon client par l’ordre juridique congolais s’enchainent les unes après les autres », a clamé l’avocat.

 Le pire est à craindre 

Très inquiète, sa famille biologique a elle aussi lancé le même cri de détresse au Chef de l’Etat. « A cause des conditions de détention et d’enfermement dégradantes dont il est victime, son état de santé se détériore et le pire est à craindre , a rapporté l’avocat, au nom de la famille Yaghi. En clair, a-t-il expliqué, Roger Yaghi affiche régulièrement des crises d’hypertension, malgré les visites de son médecin.

Par ailleurs, Me Tshibangu a fait observer que son client n’est même pas en mesure de solliciter sa mise en liberté provisoire auprès du tribunal compétent en ce sens que tout se passe en dehors de toute procédure judiciaire normale. Rappelant que l’arrestation et la détention d’une personne sont strictement encadrées par le droit en vue de protéger en tous lieux et tous temps les droits de l’homme et les libertés fondamentales, Me Tshibangu conclut que c’est la seule voie pour éviter des abus de pouvoir et des règlements de comptes.

Il faudrait noter qu’outre ses fonctions de président du Conseil d’administration de la Banque congolaise exercées jusqu’en octobre 2010, Roger Yaghi est aussi un grand homme d’affaires de nationalité libanaise qui a choisi la RDC comme sa seconde patrie où il vit depuis 35 ans. Marié à une Congolaise, il est père d’un enfant congolais.

Tshieke Bukasa 

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