Affaire Nestlé : les milieux d’affaires congolais frustrés !

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L’alignement de la filiale congolaise de la firme suisse Nestlé au régime général unique du Code des investissements alimente la chronique dans les milieux d’affaires congolais.

En effet, par un arrêté interministériel du 10 mai 2010, le gouvernement congolais accorde un certain nombre d’avantages à Nestlé Congo dont trois ans d’exonération des impôts, droits et taxes à l’importation des matières premières pour une usine qu’elle se propose de construire à Kingabwa, dans la commune de Limete. 

            Des avantages que d’autres investisseurs nationaux jugent d’indus, avant de dénoncer ce qu’ils qualifient de « la politique de deux poids deux mesures ». Cela par le fait que ladite usine à construire, selon eux, n’aura pas grand-chose à offrir à la République en termes de maximisation des recettes. Elle se limitera, dans un premier temps, au conditionnement des produits Maggi, le produit fini devant être importé à partir d’autres filiales de la firme Nestlé.

            Face à la situation, le secteur privé congolais qui ne cache pas sa frustration, interpelle le ministre de l’Industrie pour qu’il clarifie le débat à ce sujet. Il rappelle au passage le décret signé dernièrement par le Premier ministre abrogeant toutes les exonérations en vue de permettre à l’Etat de maximiser des recettes pour la matérialisation de son programme des cinq chantiers.

            En outre, les opérateurs membres de la FEC (Fédération des entreprises congolaises), qui se basent sur les révélations apportées par le directeur général de Nestlé RDC dans son interview en rapport avec ladite usine, font remarquer que cet investissement ne mérite pas de bénéficier de tels avantages. A leur avis, on ne devait pas l’aligner au régime général unique du Code des investissements, parce que ne remplissant pas toutes les conditions d’éligibilité requises, notamment la garantie de la valeur ajoutée qui doit être d’au moins supérieure à 35%.

            Pour rappel, donnant des caractéristiques ou l’objet de l’usine à construire au cours de son interview, Bassem Philip a indiqué : « Dans une première phase, nous allons opérer à partir de fin 2010, une unité de fabrication de bouillon Maggi. Ceci veut dire que nous allons importer la matière première, la presser, l’emballer et s’assurer que la qualité du produit et du processus de fabrication est conforme aux normes de Nestlé ».

            Quant à la valeur ajoutée du projet, sans en mentionner la hauteur exacte, il répond : « la valeur ajoutée de cette première phase d’investissement dépasse le niveau exigé par le code des investissements ». Ce dont d’autres experts doutent en la qualifiant de nulle.  

            En outre, le directeur général Bassem Philip  promet qu’à la phase finale, son entreprise dont le coût global est évalué à 40 millions de Francs suisses, va emploiera au total 300 personnes d’ici 2012. Cela sans compter des emplois indirects à l’instar des marchés des fournisseurs des matières premières, matériels d’emballages, etc.

Dominique Mukenza

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