Affaire MUSHI Bonane : pour des raisons de santé, l’ancien ministre demande la liberté provisoire

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A l’ouverture de l’audience publique d’hier dans l’affaire qui oppose devant le tribunal de grande instance de Bukavu Me Moïse CHIFENDE et le Ministère Public contre Me Sylvanus MUSHI Bonane, ce dernier a introduit une requête de mise en liberté provisoire pour des raisons de santé. Les juges ont décidé de joindre cette exception au fond pour se prononcer dans les délais légaux, a-t-on appris de la radio onusienne OKAPI. 

            Pour leur part, les avocats de la partie civile ont estimé qu’il s’agit d’une manœuvre dilatoire que le prévenu voudrait utiliser pour prendre le large et se soustraire ainsi de la justice des hommes, car ayant réalisé tardivement que les infractions pénales retenues contre lui sont d’une telle gravité qu’il ne peut échapper à la sanction la plus lourde.

            Parallèlement à cette démarche, les juges ont réclamé la présence des témoins à charge et à décharge, d’autant que le prévenu avait rejeté les charges retenues contre lui en alléguant être victime d’une machination ourdie contre sa personne. Mais le tribunal de grande instance est resté ferme, vu la gravité des faits et surtout le rang social de ces deux personnalités qui sont dans le box des « kuluna » et dont l’une, Me MUSHI Bonane, est un ancien député national élu de la Ville et ancien ministre du gouvernement central qui se serait servi d’une arme blanche, à savoir un poignard de son garde du corps, pour infliger des coups et blessures qui ont failli endommager l’œil gauche de Me CHIFENDE, ci-devant professeur à l’Université Catholique de Bukavu.

            Tout est parti, rappelle-t-on, d’un bête conflit sur une portion de 10 mètres de terre située entre les parcelles de deux protagonistes qui sont du reste voisins au quartier Muhumba de la commune urbaine d’Ibanda, derrière le Collège Notre Dame de la Victoire, sur les bords du lac Kivu. Selon des témoignages concordants, Me Moïse CHIFENDE avait demandé et obtenu de son voisin, Me MUSHI Bonane, l’autorisation d’aménager la plage commune située entre les deux propriétés voisines pour le bonheur de leurs deux familles respectives, les locataires de l’immeuble lui appartenant et les autres familles voisines. Il s’était alors posé le problème d’accès vers cet immeuble et surtout vers cette plage. Du fait que les maisons ont été construites juste le long de l’avenue, posant ainsi un sérieux problème pour les parkings des véhicules. C’est alors que Me CHIFENDE a entrepris des travaux de construction d’une allée menant vers cette plage. Ce qui n’aurait pas plu à Me MUSHI Bonane.

            La tension est très vive alimentant des commentaires à sens divers à travers la ville de Bukavu et ses environs rappelant ainsi un autre procès qui avait mis dans le box des accusés en 1965 un couple des commerçants indo-pakistanais reconnus coupables de meurtre prémédité sur la personne du frère de l’épouse qui ne voyait pas clair dans les comptes de l’entreprise commerciale commune. A suivre. 

F.M. 

 

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