Affaire MSR-MNR : une main noire au banc des accusés

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mSRMe Yoko Yakembe est sorti du bois le jeudi 12 novembre pour revendiquer la paternité du MSR, au motif que ce parti fonctionne avec comme soubassement juridique l’acte d’agrément du MNR (Mouvement pour la Nouvelle République), lui délivré par le ministère de l’Intérieur en 1991. Réponse du berger à la bergère, le MSR, par la voix de son Secrétaire Exécutif National, Dieudonné Bolengetenge, a tenu le vendredi 13 novembre un point de presse, au cours duquel il a démontré, documents à l’appui,  que le MSR est un parti politique agréé par le ministère de l’Intérieur et que son existence juridique ne peut souffrir de la moindre contestation.

Remontant aux origines de ce parti, il a rappelé le procès-verbal de l’Assemblée Extraordinaire du 15 février 2006, au terme de laquelle les statuts du MNR avaient subi une modification, pour donner naissance au MSR (Mouvement Social pour le Renouveau). Il a relevé qu’après l’adoption de nouveaux statuts, aucun membre du défunt MNR ne figurait ni sur la liste des fondateurs du MSR, ni sur celle de son Comité Directeur, pour des « raisons bien connues de Me Yoko Yakembe ».

Et, selon des sources proches du dossier, au lendemain du Dialogue inter congolais en 2003 et en prévision des scrutins à tous les niveaux qui devaient marquer la fin de la période de Transition, le MS (Mouvement Social) de Pierre Lambi s’était trouvé devant la difficulté de se faire agréer au ministère de l’Intérieur, le délai légal fixé par la Loi électorale de l’époque ayant expiré. Comme raccourci, les responsables du MS avaient proposé un deal politique à Me Yoko, lequel consistait au changement pur et simple de dénomination et des statuts du MNR, qui disparaissait au profit du MSR. C’est du reste Me Yoko lui-même qui s’était chargé de faire notarier, à l’Hôtel de Ville de Kinshasa, les statuts et l’acte d’agrément du nouveau parti.

L’intéressé s’était effacé totalement de la scène, laissant les pleins pouvoirs à Pierre Lumbi, Yves Mobando et ses compagnons de lutte, aussi bien au niveau du collège des fondateurs que du Comité Directeur du parti. D’où la surprise des affiliés du MSR d’apprendre aujourd’hui la résurrection du MNR, un parti politique mort de sa plus belle mort depuis la signature de son acte de décès par les participants à l’Assemblée générale Extraordinaire du 15 février 2006, à laquelle avait activement pris part Me Yoko.

Au niveau du staff actuel du MSR, on est convaincu qu’une main noire est derrière Me Yoko, dans le but de déstabiliser ce parti, de l’empêcher de poursuivre le combat du respect de la Constitution amorcé à l’intérieur de la Majorité Présidentielle et de se mettre en ordre de bataille pour les élections locales, municipales, urbaines, sénatoriales, législatives provinciales, législatives nationales et présidentielles qu’il appelle de tous ses vœux. Pourquoi s’est-il tu pendant dix ans, pour ne réagir qu’après la sortie du MSR de la Majorité Présidentielle ?

            Pierre Lumbi et ses pairs invitent, à cet effet, le ministère de l’Intérieur à faire respecter la légalité et à ne pas favoriser des cas malheureux de dédoublement, devenus monnaie courante dans l’environnement politique congolais. On l’avait déjà connu, dans le passé, avec des ailes dissidentes de l’UDPS, de l’ABAKO, du MPR/Fait Privé, de l’UDEMO. Présentement, on le vit avec le MLC, l’ARC, le PDC, l’ACO et le MSR, alors que les textes légaux ne prêtent à aucune équivoque.