Affaire des mercenaires : la Cour de cassation renvoie Katumbi au 3 octobre 2018

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L’affaire de recrutement des mercenaires en vue de la réalisation d’un coup de force contre les institutions de la République, qui oppose le ministère public à l’ex- gouverneur de l’ex-province du Katanga, a été renvoyée au 2 octobre 2018 par la Cour de Cassation. Moise Katumbi devrait, logiquement, comparaitre en personne pour présenter ses moyens de défense, compte tenu du caractère pénal du dossier.

A l’audience d’hier mercredi 27 juin 2018 à la Cour de cassation, dans
la commune de la Gombe, ses avocats ont soulevé un vice de procédure
et démontré, par la voix du Bâtonnier Mukendi wa Mulumba, que leur
client, accusé de recrutement de mercenaires et d’atteinte à la sûreté
de l’Etat, n’a pas été atteint par l’exploit de justice lui destiné.
Après vérification, les juges de la Cour de cassation ont constaté,
sans la moindre tergiversation, des irrégularités dans la saisine du
prévenu Katumbi.
Par conséquent, cette haute cour s’est déclarée non saisie et exigé
la régularisation de la procédure. Compte tenu de ce constat,
l’affaire a été renvoyée au 03 octobre 2018.
D’après les juges de la Cour de cassation, l’huissier chargé de
déposer l’exploit au domicile de Moïse Katumbi l’avait finalement
laissé au bureau de la commune de Lubumbashi, faute d’avoir trouvé un
membre de famille ou un proche de l’intéressé susceptible de le
recevoir.
Le bourgmestre de la commune de Lubumbashi, qui l’avait réceptionné,
n’avait pas pris la précaution d’acter la convocation adressée à Moise
Katumbi.
Comme dit plus haut, le prévenu n’ayant pas été atteint, la saisine
est à reprendre à zéro.
Après la décision de renvoi, les cadres et militants des partis
politiques affiliés à l’Ensemble, la plate-forme du prévenu, venus
nombreux à la Cour de cassation, qui siégeait dans les locaux de la
défunte Cour suprême de justice, ont manifesté bruyamment leur soutien
à leur leader. Bien que strictement symbolique, cette « petite
victoire » a été comptabilisé comme un point positif pour la suite de
l’affaire. On a reconnu, parmi les fidèles alliés de Moïse Katumbi,
des acteurs politiques tels que Christophe Lutundula, Jean-Bertrand
Ewanga, Paul Claudel Lubaya, Jean-Claude Vuemba, Moise Moni Della,
Christian Mwando, qui ont juré de rester fortement mobilisés jusqu’à
ce que leur compagnon soit lavé par la justice.
Commentant la décision de la Cour de Cassation, Delly Sesanga,
Secrétaire général de l’Ensemble, a indiqué que la conséquence
immédiate à en tirer est que plus rien n’empêche leur candidat à
l’élection présidentielle de décembre 2018 de revenir au pays déposer
sa candidature à la CENI, dans les délais prescrits dans le calendrier
électoral.
C’est le lieu de signaler que Moise Katumbi venait d’annoncer
récemment, dans son compte tweeter, son retour imminent au pays, pour
prendre une part active aux élections.
Tout est ainsi à refaire dans l’affaire du recrutement des
mercenaires et d’atteinte à la sûreté mise à charge de l’ancien
gouverneur de l’ex-province du Katanga.

Refus de visa à un ancien garde du corps de Moise Katumbi…
Il faut rappeler que le porte-parole de Moise Katumbi, qui est en
même temps son directeur de cabinet, Olivier Kamitatu, a dénoncé, dans
un communiqué rendu public le mardi 26 juin 2018, le refus du pouvoir
en place à Kinshasa, via l’ambassade de la RDC à Washington, de
délivrer un visa d’entrée à l’ancien garde rapproché de Moise Katumbi,
l’Américain Darry Lewis. Pourtant, la Cour de Cassation lui avait fait
parvenir un mandat de comparution, en qualité de témoin principal, au
procès de Katumbi. On rappelle qu’en 2016, Darry Lewis se trouvait
dans le lot des employés arrêtés à la résidence de Moïse Katumbi à
Lubumbashi, transférés à Kinshasa et accusés d’être ses complices dans
son plan de déstabilisation des institutions de la République. Libéré
à la suite des pressions américaines sur Kinshasa et expulsé vers son
pays d’origine, le précité semble décidé à venir donner la preuve de
son innocence devant la justice congolaise. Pourquoi l’a-t-on  empêché
de venir comparaître ? Mystère.
ERIC WEMBA

3 COMMENTS

  1. Toute la société est pleine d’avares fastueux. on loue une premiere loge à l’Opera et l’on emprunte le livret. il est impossible que la justice, et par conséquent la morale de l’homme public et de l’homme privé, soit la même, ce droit de gens dont on parle tant n’a jamais été et ne sera jamais qu’une chimère.

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