Affaire des mercenaires : un ancien garde du corps de Katumbi attendu à la CSJ !

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Une citation directe, enregistrée sous RP 021/CR, vient d’être adressée à un ancien garde du corps de Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga. Il s’agit du nommé Lewis Darryl, un sujet américain, résidant au numéro 913, 26the Street, Medium Miss, aux Etats-Unis d’Amérique. A cet effet, il est attendu à la Cour Suprême de Justice le 27 juin 2018. Selon l’acte d’accusation, il lui est reproché d’avoir assisté efficacement son patron dans la commission de l’infraction d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat.

Les observateurs pensent que cet ancien « conseiller » de Moïse
Katumbi en matière de sécurité est rattrapé par l’affaire des
mercenaires étrangers, accusés en avril 2016 d’être à la solde du
précité et d’avoir planifié un mouvement insurrectionnel en vue de
déstabiliser les institutions de la République. Arrêté au courant du
même mois en compagnie d’autres membres, étrangers et congolais, de la
sécurité rapprochée de cet ancien sociétaire du PPRD (Parti du Peuple
pour la Reconstruction et la Démocratie) passé dans l’opposition
depuis septembre 2015, Lewis Darryl avait été transféré à Kinshasa,
gardé pendant quelques temps à l’ANR (Agence Nationale de
Renseignements) avant d’être relâché, sous la pression de l’ambassade
américaine, et expulsé vers son pays d’origine.
A en croire la même citation directe, Lewis Darryl, serait entré
frauduleusement en République Démocratique du Congo, sous prétexte de
participer à une mission à caractère agricole, alors qu’il est un
ancien militaire, agent actif du réseau anti-terroriste Blackwater
Security. Bref, il est suspecté d’être venu effectivement en RDC pour
participer à la mise en place d’un groupe armé contre les institutions
de la République. La grande inconnue est de savoir s’il va réellement
se présenter le 27 juin 2018 à la Cour Suprême de Justice, d’autant
que l’accusé principal, Moïse Katumbi, est en cavale en dehors du
territoire national, depuis sa condamnation, en 2016, à trois ans de
prison par le Tribunal de paix de Kamalondo, à Lubumbashi, dans une
affaire immobilière.

Le prévenu exige 4,5 millions de dollars de DI à l’Etat congolais
Le revers de la médaille est qu’une plainte du prévenu, contre des
autorités congolaises, est pendante devant un tribunal de Washington.
Lewis Darry exige 4,5 millions de dollars américains à l’Etat
congolais, pour coups et blessures subis lors de son arrestation à
Lubumbashi, de son transfert à Kinshasa ainsi que de sa détention à
l’amigo de l’ANR.  Il cite nommément Alexis Thambwe Mwamba, ministre
de la Justice, et Kalev Mutomb, administrateur général de l’ANR, comme
responsables des tortures lui ayant causé « une douleur psychique et
physique extrême ». Il soutient que pour lui extorquer des aveux, il
aurait été soumis « aux coups, positions très douloureuses, des
menaces, la privation de sommeil, pas d’hygiène de base, peu
d’alimentation, des interrogatoires quotidiens brutaux ». Selon ses
avocats, d’autres responsables congolais pourraient être cités dans le
dossier.
Réagissant à ladite plainte, Thambwe Mwamba a laissé entendre que des
avocats allaient être engagés pour la défense de l’Etat congolais. «
Un Congolais qui aurait agi aux Etats-Unis comme Lewis en RD Congo
aurait certainement eu à s’expliquer devant le FBI et d’autres
services », a-t-il confié à Jeune Afrique.             Kimp