Affaire Mbuy Mbiye : un coup mal monté

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On en sait un peu plus sur la traque dont est l’objet le Bâtonnier national Mbuy Mbiye Tanayi. Le célèbre avocat est victime d’une lettre signée par un certain Ricky Tshishiku Mbuy qui prétend être son neveu. Dans sa lettre, l’auteur aligne des accusations aussi incroyables que fantaisistes. Il découvre le Bâtonnier national  tantôt à Goma dans les bras de Bosco Ntaganda grâce aux bons soins des officiers des renseignements rwandais membres du « Rwanda Intelligence Committee »  dont un certain Ernesto Irakiza, « chargé du recrutement des intellectuels pour le M23 », tantôt à Kampala pour veiller sur la formation de 50 jeunes originaires curieusement  du Kasaï dans le cadre d’un programme dit  « Intelligence Officier ». 
 Pour que l’accusation porte, l’auteur précise que les 50 jeunes kasaiens seraient tous des tshisekedistes mécontents de la non proclamation de Tshisekedi comme Président de la République à l’issue des élections de novembre 2011. Il ajoute que Mbuyi Mbiye lui-même est originaire de Kabeya Kamuanga, territoire d’origine de Tshisekedi  et il insiste sur ce fait comme pour dire qu’il serait anormal pour un congolais d’être originaire du même territoire que le leader de l’Udps et, pourquoi pas, de la même province que lui !
Le vase n’étant pas encore plein, Ricky tente de porter l’estocade au Bâtonnier national Mbuy Mbiye en affirmant qu’une somme de 200.000 dollars a été versé sur son compte aux Etats-Unis par un certain Sosthène Nteriziharyo. Il ne donne aucun élément d’identification du compte bénéficiaire et encore moins le nom de la banque. On évolue dans un véritable film-fiction où seul compte le résultat poursuivi. Ricky pense l’avoir atteint lorsqu’il « tshisekedise » le célèbre avocat avant de fixer son cabinet à une adresse autre que celle que tout le monde connaît. 
 
Quand on est proche de quelqu’un et de surcroit membre de sa famille, la moindre des choses est de connaître son adresse et surtout ses origines. Me Mbuy Mbiye n’est pas, contrairement à la dénonciation de son prétendu neveu, originaire de Kabeya Kamuanga. L’amalgame est destiné ici à capter l’attention des personnes hantées par des querelles ethno-tribales et  le fait que Tshisekedi ait été le principal adversaire de Joseph Kabila à la dernière présidentielle, il y a des petits malins qui pensent qu’il est plus facile de noyer celui que lk’on combat en le présentant comme ressortissant de la même contrée que le leader de l’Udps. Comme c’est triste de faire un tel constat, surtout en ce moment où tous les Congolais sont invités à parler d’une seule voix dans le cadre de la lutte pour la restauration de la paix et de l’intégrité territoriale sérieusement mises en péril au Kivu. 
 
Dans sa lettre de dénonciation, l’auteur se répand dans des  considérations désobligeantes à l’égard de nombreux avocats y compris d’anciens bâtonniers traités comme des marionnettes  qui n’ont pas leur libre arbitre. Les prérogatives des Conseils de l’ordre sont interprétées comme des passe-droits permettant de bousculer des avocats indélicats pris dans la lettre comme des modèles.
Quand on lit attentivement cette lettre, une seule conclusion s’impose :  il s’agit d’un grossier montage.  Tout est faux : un signataire fantaisiste qui se découvre une filiation inexistante avec l’accusé, des éléments d’appréciation bidon etc. En principe, le courrier calomniateur devait terminer sa course dans le bac à ordures. Mais c’est sans doute pour éviter l’accusation d’avoir négligé une dénonciation,  que le Parquet général de la République a ordonné une enquête. Des équipes d’inspecteurs de la Police Judiciaire sont ainsi descendus, par vagues successives, au cabinet du Bâtonnier Mbuy Mbiye situé sur l’avenue colonel Ebeya  et non sur Tombalbaye contrairement à l’adresse donnée dans la fameuse lettre de dénonciation.
 
Reçus par Me Mbuy Mbiye lui-même, ils ont procédé à la perquisition des lieux sans rien trouver de délictueux. Ils ont quitté les lieux en emportant toutefois les ordinateurs et autres accessoires dont les les téléphones portables du célèbre avocat. Ils se sont rendus ensuite à son domicile privé pour une opération similaire. Là aussi, ils n’ont rien trouvé mais sont repartis avec les ordinateurs de la maison ainsi que les téléphones de l’épouse du Bâtonnier et de son fils  récemment arrivé de Londres pour passer en famille des vacances dont il se souviendra toute sa vie. Durant toutes les perquisitions tant au cabinet du Bâtonnier National qu’à son domicile privé, le Conseil National de l’Ordre avait commis quatre avocats pour accompagner les inspecteurs judiciaires des parquets.
Appelé à commenter le travail des inspecteurs, le Bâtonnier National Mbuy Mbiye a reconnu qu’ils étaient courtois mais néanmoins il a émis le vœu de voir le Parquet qui s’est saisi du dossier, aller jusqu’au bout de la démarche parce que pour lui, l’important dans ce coup très mal monté contre sa personne, est que le dénonciateur anonyme soit démasqué et réponde de ses calomnies et autres imputations dommageables devant la justice.
 
Dossier à suivre
 
Castro.

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