Affaire M23 : la RDC et le Rwanda devant le Conseil de Sécurité

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Les ministres congolais et rwandais des Affaires Etrangères, Raymond Tshibanda et Louise Mushikiwabo, ont été entendus séparément et longuement  hier mercredi 29 août par le « Comité des Sanctions » du Conseil de Sécurité des Nations Unies au sujet des événements du Nord-Kivu. Le coordonnateur du groupe des experts des Nations Unies, auteurs du rapport incriminant le Rwanda comme soutien militaire, logistique et financier du M23, devait se soumettre au même exercice.
On rappelle que la veille, le Rwanda, par la bouche de Maj Patrick Karuretwa, conseiller à la sécurité présidentielle, a présenté un long plaidoyer réfutant toutes les accusations consignées dans le document des experts onusiens publié en juin 2012. Cet officiel rwandais a non seulement nié un appui quelconque de son pays aux mutins du M 23 mais surtout accusé les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), d’utiliser le même type d’armes et de munitions que le M23, à savoir des canons de 73 mm.
Selon ce délégué du Rwanda, l’armée de son pays a cessé d’utiliser les canons de 75 mm en 2008. Il a toutefois reconnu que ces armes avaient fait la décision lors des «guerres de libération» de 1990 et 1994, face à l’armée de feu président Habyarimana.
Maj Patrick Karuretwa a laissé entendre que l’état-major militaire rwandais  a découvert cela lors des opérations mixtes menées par les armées rwandaises et congolaises au Nord-Kivu, notamment les opérations « Amani leo » et « Umoja wetu ».
 
Quant à la base militaire de Kanombe, présentée par les experts des Nations Unies et les autorités congolaises comme le centre d’entrainement des recrues du M23, le conseiller spécial de Paul Kagame a soutenu que cette caserne serait dépourvue de toute infrastructure pouvant servir à la formation militaire. Au contraire, elle aurait été transformée, depuis belle lurette, en  centre de logement comprenant un hôpital ouvert à la fois aux militaires et à la populations civile, un cimetière,  et des locaux réservés aux services administratifs.
Il convient de noter que le même mardi, le ministre congolais des Affaires Etrangères, Raymond Tshibanda, a confirmé les accusations de la RDC contre le Rwanda, épinglé comme pays fournisseur du M23 en armes, munitions, troupes et fonds. Il a, à la même occasion, demandé que le Conseil de Sécurité puisse sanctionner le Rwanda.
La position congolaise a été appuyée par le coordonnateur des experts de l’ONU,  Steve Hege, qui  a confirmé toutes les informations contenues dans le rapport accablant dressé contre le Rwanda.
 
Décisif tournant
 
En principe, le régime de Kigali n’ a aucune chance de se faire passer ses mensonges au Comité des sanctions du Conseil de Sécurité. Toutefois, l’idée de sanctionner sévèrement le Rwanda ne ferait pas l’unanimité.  Ce qui parait de plus en plus probable, c’est la condamnation du M23 comme groupe armé et terroriste.
Il reste à savoir si le fait de donner un carton rouge au Mouvement du 23 mars va mettre fin à ses activités criminelles au Nord-Kivu. Aussi, à défaut d’obtenir une condamnation formelle du Rwanda, la délégation congolaise présente aux Nations Unies, devait poursuivre le lobbying, de manière à pousser les « amis » du Rwanda dans le monde occidental, à accentuer les pressions du genre de la suspension de la coopération militaire et économique.
C’est le lieu d’inviter également le gouvernement congolais à envoyer à NewYork, si ce n’est déjà fait, des délégués capables de défendre efficacement les intérêts de la République,  lors des  travaux de l’Assemblée générale des Nations Unies.  La bataille diplomatique est loin de se terminer face à un pays voisin déterminé à ne pas reconnaître ses nuisances  à la paix au Nord-Kivu, en dépit des preuves formelles de son implication dans les activités du M23. Kimp

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