Affaire Kalamba : l’UDPS accuse la Majorité de manipuler 16 de ses députés

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Selon l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), la Majorité Présidentielle refuse de lâcher le Rapporteur de la Commission Electorale Nationale indépendante (Ceni), Jean-Pierre Kalamba, pourtant désavoué de longue date par son parti et son groupe
parlementaire à l’Assemblée nationale.

Alors que la majorité des députés du groupe parlementaire UDPS et Alliés, soit 36 sur 52, ont donné leur quitus pour le remplacement de l’intéressé, conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre, le président de l’Assemblée Nationale est accusé de multiplier les manœuvres dilatoires pour protéger l’actuel  rapporteur de la CENI.

Lors de la plénière du vendredi 08 juin 2018 à l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a-t-il rappelé, a obligé le groupe parlementaire UDPS à un consensus pour obtenir le remplacement de Kalamba, alors que le fameux consensus ne s’impose pas face à la règle qui veut que triomphe la position de la partie majoritaire.

Pour le speaker de la chambre basse, les 36 députés qui exigent le
départ de Kalamba de Ceni devraient trouver un compromis avec le
groupe minoritaire de 16 députés qui soutiennent son maintien au poste
du rapporteur.
Lors de la conférence de presse animée hier mardi 12 juin 2018 en la
résidence du regretté Etienne Tshisekedi, sur l’avenue Pétunias, dans
la commune de Limete, le secrétaire national et porte-parole de l’UDPS
a accusé Aubin Minaku de semer la confusion.
D’après le professeur Tshilumbu Kantola, le numéro 1 de l’Assemblée
nationale, qui est en même temps Secrétaire Général de la Majorité
présidentielle, manipule les 16 députés du groupe parlementaire UDPS
et alliés pour bloquer le remplacement de Kalamba devenu leur protégé
à la Commission Electorale Nationale Indépendante.
Le porte- parole de l’UDPS estime que le président de l’Assemblée
devait simplement entériner la volonté exprimée par la majorité des
députés de l’UDPS et Alliés, comme ce fut le cas pour le remplacement
des délégués du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la
Démocratie) et du MLC (Mouvement de Libération du Congo) à la CENI.
Pour le Secrétaire national de l’UDPS chargé de la communication,
cette manière de faire relève de l’agenda caché de la Majorité
Présidentielle visant le  blocage pur et simple de l’ensemble du
processus électoral en cours.
Il a rappelé que le remplacement de l’actuel rapporteur de la CENI
par un nouveau délégué désigné par l’UDPS a été décidé dans le cadre
du compromis politique du 31 décembre 2016, au terme du dialogue
organisé par la Cenco (Conférence Episcopale Nationale du Congo) au
Centre Interdiocésain.
Paul Tshilumbu a fait savoir que les députés de l’UDPS, qui
s’opposent au remplacement de Kalamba, tel que décidé par la direction
politique du parti, vont être définitivement exclus du parti dans un
bref délai et interdits de toute réintégration.
Il a révélé que les députés nationaux qui se montrent jusque-là
fidèles à la ligne de conduite du parti, parmi lesquels Fabien Mutomb
et John Kolela, ont déjà été admis à réintégrer par la commission mise
en place à cet effet par le président de l’UDPS, Félix Tshisekedi.
Abordant le cas du député national  et secrétaire national chargé de
la mobilisation, Gecoco Mulumba, dont l’état de santé ne fait que se
détériorer depuis sa détention en prison, le porte-parole de l’UDPS
accuse le pouvoir d’être en train de commettre un crime contre
l’humanité en s’opposant à son évacuation à l’extérieur du pays pour
des soins médicaux appropriés.
Le professeur Tshilumbu a rappelé que trois médecins de la Clinique
Ngaliema avaient déjà recommandé son transfert médical à l’extérieur
du pays.
Il a martelé que dans l’hypothèse du pire, l’Etat congolais, à
travers le ministre d’Etat en charge de la justice, Alexis Tambwe
Mwamba, portera la lourde responsabilité de la mort de Gecoco Mulumba,
qui souffre de l’insuffisance rénale voici plusieurs semaines.
ERIC WEMBA