Affaire Glencore : une autre face du pillage des minerais congolais

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Alors que l’opinion n’a pas encore digéré l’expérience fâcheuse de l’ex-société minière SENGAMINES, voilà qu’un confrère français « le Point » est revenu avec force détails sur les bénéfices plantureux réalisés par le consortium minier suisse qui par le biais de K.C.C., sa filiale congolaise, se serait tapé des recettes énormes de l’ordre de 230 milliards des dollars us en 2013 qu’il exploite des gisements miniers au Katanga, soit 30 fois le budget annuel  de la République.

            Selon le confrère parisien, cet exploit minier résulte d’une exploitation intensive et sauvage des sites miniers sans que le gouvernement ne lève le petit doigt. L’allusion faite à la Sengamines n’est pas le fait du hasard ni une figure d’esprit. Mais tout simplement une observation objective de la situation sur le terrain consécutive aux départs précipités des agents expatriés et locaux provoquant ainsi la fermeture définitive de cette société minière qui avait pourtant défrayé la chronique nationale et, cela, sous prétexte que les gisements de Tshibwe ne contenaient plus des minerais de diamant.

Silence du gouvernement

La question qui se pose à l’heure actuelle est celle de savoir pourquoi les pouvoirs publics observent curieusement un silence qui s’apparente à l’impuissance ou à une complicité face à cette exploitation intensive des sites miniers. Et ce, en violation flagrante du Code d’Investissement Minier en vigueur, car, tout comme à l’époque de la SENGAMINES, les exploitants se permettent d’emporter non seulement les minerais mais aussi les terres vers leurs pays respectifs pour y extraire d’autres minerais en réalisant ainsi des bénéfices plantureux sous la barbe et les yeux des congolais privés ainsi de leurs richesses minérales. Sur le plan géologique, que des érosions provoquées sur le site de Tshibwe et SengaSenga ainsi que des villages avoisinants à la suite de ces exploitations sauvages et intensives ! Le trésor public en a eu pour son compte car personne ne contrôlait les tonnages des minerais ainsi exploités et exportés frauduleusement par ces firmes étrangères. Ce sont ces deux sociétés minières, dont l’une de droit suisse et l’autre hier de droit zimbabwéen qui ont réalisés des bénéfices exorbitants au détriment du peuple congolais manifestement distrait par ses propres gouvernants.

            Si la filiale congolaise de la société suisse GLENCORE s’est tapée des recettes de l’ordre de 230 milliards des dollars Us en 2013, quelle serait alors la hauteur de ce qu’a empoché la SENGAMINES ? Après avoir emporté les terres et les minerais, la société de droit zimbabwéen a disparu sans crier gare en abandonnant les sites de Tshibwe et de SengaSenga vidés de toutes ses substances minérales et cela sans que l’on détermine la part des impôts payés à l’Etat congolais. Qu’en est-il de cette société de droit suisse qui refait publiquement et sans se gêner l’expérience douloureuse et néfaste de celle-là ? Pourquoi l’Etat congolais n’a-t-il pas tiré les leçons du gâchis commis par la société minière zimbabwéenne ? Que dire du silence observé tant par le parlement congolais que les partis politiques face à ces spoliations des richesses nationales par des firmes étrangères ? Que pensent-t-il de de ces recettes estimées à 30 fois le budget du pays réalisées par La société GLENCORE ? En vertu de quel mandat  ou de quel principe un opérateur minier étranger peut-il se taper de telles recettes ? Et quelle a été la part réservée à l’Etat congolais dès lors que rien n’est indiqué dans le budget présenté par le gouvernement ? Autant des questions qui énervent et traduisent la mauvaise gouvernance des pouvoirs publics. Dossier à suivre.

F.M.                 

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