Affaire Franck Diongo : la VSV dénonce l’impunité des auteurs des tortures

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franck-diongoLa Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a dénoncé dans un point de presse l’impunité dont jouissent les auteurs des tortures, sévices corporels et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants subis par le député Franck Diongo Shamba, président du
parti politique « Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP) » et ses militants à la suite de leur arrestation intervenue le 19 décembre 2016. Cette activité s’est déroulée le vendredi 13 janvier 2017, à son siège, dans la commune de Kasa-Vubu.

En effet, Me Nico Mayengele – qui fait partie du collectif des avocats de la défense de Franck Diongo – a animé une tribune de presse à cette occasion pour démontrer, avec la VSV, le caractère totalement politique de l’arrestation de son client le 19 décembre dernier, suivi
de sa condamnation à 5 ans de prison ferme sous prétexte, a-t-il dit, d’avoir séquestré et roué des coups des militaires de la Garde Républicaine (GR). Selon les informations parvenues à la VSV et confirmées par cet avocat, Franck Diongo et de nombreuses personnes enlevées ce jour-là, avaient été acheminés au Camp militaire Lieutenant-colonel Tshatshi où les sympathisants du MLP auraient été forcés d’ingurgiter une quantité de boisson traditionnelle très alcoolisée appelée « Agene » et du chanvre.
Selon Me Nico Mayengele et la VSV, l’horreur des sévices corporels
infligés aux militants et sympathisants du MLP n’a pas de commune
mesure. Pour preuves, ils ont précisé que les victimes auraient
également reçu chacun au niveau de l’épaule une injection contenant un
produit inconnu. Ils ont été soumis, par après, à des séances de
bastonnade avec une barre de fer introduit dans un tube PVC avant
d’être enfermés dans une cave à l’entrée du Camp militaire
Lieutenant-colonel  Tshatshi. Ils ont passé cinq jours dans cette cave
sans boire de l’eau, ni manger, ni être soignés jusqu’à leur
acheminement, vendredi 23 décembre 2016 au Parquet de Grande Instance
de Kinshasa/Gombe où ils n’ont subi que 30 minutes d’un bref
interrogatoire avant d’être transféré le soir même à la Prison
Centrale de Makala (PCM) à Kinshasa. La VSV a souligné que les
militaires venus enlever Franck Diongo ont pillé systématiquement la
maison de la victime et interpellé toute personne se trouvant sur leur
passage tout sur le chemin de leur retour au Camp Tshatshi, dont un
agent de la SNEL enlevé devant sa parcelle.

Une politique de deux poids deux mesures

Devant tous ces faits, la VSV a invité les autorités congolaises en
général et judiciaires en particulier à abandonner la politique de
deux poids deux mesures. Elle s’est étonnée qu’après l’arrestation et
la condamnation rapide à 5 ans de prison ferme de Franck Diongo, les
auteurs de ces tortures restent impunis jusqu’à ce jour. Elle a
demandé aux mêmes autorités de diligenter une enquête réellement
indépendante qui établira les responsabilités pour traduire en justice
les auteurs, commanditaires et exécutants des actes dénoncés. En
attendant cette enquête, elle a sollicité l’arrestation immédiate de
tous les présumés auteurs militaires et policiers impliqués dans ces
actes de tortures, tout en prenant en charge le traitement et autres
soins médicaux de toutes les victimes.
SAKAZ