Affaire Fayulu : l’UDPS somme F. Tshisekedi de regagner Kinshasa

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Felix Tshisekedi, cadre de l’UDPS et membre du Rassemblement lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 13/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Felix Tshisekedi, cadre de l’UDPS et membre du Rassemblement lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 13/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Les réactions exprimées à chaud par les combattants à l’annonce de la désignation du candidat commun de l’Opposition à la présidentielle du 23 décembre, en la personne de Martin Fayulu Madidi, viennent d’être validées par la hiérarchie de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).

A l’issue de la réunion extraordinaire convoquée en urgence hier lundi 12 novembre 2018 par le Secrétaire général du parti Jean Marc Kabund-a-Kabund, le parti cher à feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba s’est déclaré non concerné par le compromis politique trouvé le
dimanche 11 novembre à Genève par 7 leaders de l’Opposition congolaise.

Ainsi, l’UDPS rejette en bloc toutes les clauses contenues dans ce
qu’on a appelé de «Compromis de Genève», avant de le qualifier de nul
et de nul effet pour le parti.

En rapport avec cette prise de position, la «base» de l’UDPS a sommé
son président national Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de retirer
sa signature apposée sur ledit document dans les 48 heures, et de
regagner le pays le plus vite possible afin de préparer sa campagne
électorale.
A l’occasion, l’UDPS a réaffirmé son attachement sans faille aux
résolutions du Congrès qui est l’organe suprême du parti. Celui-ci, a
rappelé Jean Marc Kabund, avait entre autres procédé à l’élection du
nouveau président du parti en la personne de Félix Antoine Tshisekedi
Tshilombo, en remplacement d’Etienne Tshisekedi décédé. Il lui avait
confié la charge de concourir à la magistrature suprême du pays pour
le compte du parti. L’Udps n’a jamais renoncé à cette décision, a-t-il
rappelé.
C’était également l’occasion pour le Sg Kabund de réaffirmer
l’attachement de son parti aux idéaux de ses pères fondateurs,
c’est-à-dire : tout faire pour le bonheur du peuple. L’Udps n’est pas
prête à cautionner une quelconque forfaiture.
« L’UDPS n’est ni à vendre ni à acheter », a lancé Jean Marc Kabund à
travers ce cri de guerre, sous les applaudissements frénétiques des
combattants, qui avaient envahi la permanence du parti tôt le matin
dans le but d’avoir des éclaircissements sur la signature que leur
président venait d’apposer sur le document de Genève.
Enfin, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social rappelle
qu’elle est foncièrement opposée au boycott des élections, et réitère
sa participation à celles-ci avec ou sans la machine à voter.

Une réunion sous
haute tension !

Il sied de signaler que cette réunion présidée hier le Secrétaire
général de l’Udps au siège du parti, s’est déroulée sous très haute
tension. Les responsables étaient presque pris en otage par les
combattants qui avaient envahi la cour de la permanence tôt le matin,
occupant tout le périmètre du petit boulevard au niveau de la 10ème
rue.
Pendant qu’ils se réunissaient, le nombre de combattants ne cessait
d’augmenter à l’extérieur. Tous n’attendaient qu’une chose : le
retrait de la signature par le président du parti Félix Tshisekedi du
document désignant Martin Fayulu candidat commun de la présidentielle
de décembre prochain.
En attendant, ils «ruminaient» de colère tels des fauves blessés.
Certains s’en prenaient avec virulence à leur président, car pour eux
l’acte qu’il venait de poser frisait la trahison du combattant mené
par Etienne Tshisekedi. « Il doit retirer sa signature le plus vite,
et se conformer aux directives du parti », clamaient-ils. Pour
d’autres un complot ourdi contre le pays et l’Udps par quelques
leaders politiques congolais en mal de positionnement.
C’est dans cette ambiance qu’ils sommeront le SG Kabund de sortir,
estimant que les choses tiraient en longueur, pour leur donner la
position du parti. Sans la moindre résistance, J.M Kabund s’est soumis
à l’exigence de ses camarades combattants et est sorti pour leur
parler. Lorsqu’il a tenté de leur demander d’attendre 15 à 20 minutes
pour termine la rédaction de sa déclaration, ils ont réagi en exigeant
qu’il leur donne l’essentiel en résumé.
Un grand feu était allumé à l’entrée de la permanence afin d’empêcher
quiconque, y compris leurs dirigeants, d’y accéder en voiture.
Mais, après avoir reçu le message qu’ils attendaient impatiemment,
les combattants ont recouvré le sourire et ont commencé à se retirer
petit à petit des lieux.
Dom