Affaire F. Chebeya : publication d’un livre blanc par le gouvernement

0
42

Le gouvernement de la Rd Congo a publié un livre blanc intitulé : « Livre Blanc Tome I : Justice et Hommage au défenseur des droits humains Floribert Chebeya » le vendredi 27 août 2010. Un corpus de 26 pages, contenant deux grands chapitres : le premier  abordant le cadre normatif  et institutionnel des droits de l’homme en Rd Congo et le second traitant du dossier Chebeya. L’événement s’est produit lors d’un point de presse organisé par le Professeur Luzolo Bambi Lessa, ministre de la Justice et Droits Humains en son cabinet de travail dans la commune de la Gombe. A cette occasion, le gouvernement a voulu, non seulement présenter la situation à ce jour et la somme des efforts entrepris pour que les auteurs de la mort de ce militant des droits humain soient sanctionnés conformément aux lois de la République, mais aussi et surtout présenter sa position officielle en rapport avec les informations  diffusées dans la presse autour du projet mapping sur les violations des droits de l’homme et de droit international humanitaire commises en Rd Congo entre 1993 et 2003.

          En s’exprimant sur ce point précis, Luzolo Bambi a signalé de prime abord que le gouvernement a reçu au mois de juin 2010, de la Haut commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, l’avant-projet du rapport  mapping sur les violations des droits de l’homme et de droit international humanitaire commises sur le territoire de la Rd Congo entre 1993 et 2003. Il a été demandé au gouvernement de transmettre ses observations avant toute publication officielle. Ce qui fut fait, selon le ministre de la Justice et Droits Humains, le gouvernement ayant transmis le 7 août 2010 ses observations de façon confidentielle ; et le gouvernement attend donc la publication formelle du rapport par le Haut commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, selon les règles  et la procédure admises en la matière ; c’est-à-dire après intégration des observations et amendements faits, le Haut commissariat réservera d’abord à la RDC la copie amendée avant toute publication. 

Des efforts palpables contre les violations des droits de l’homme : Kampala doit 21 milliards USD à la RDC 

          Le premier responsable de la Justice et Droits humains en RDC a conclu qu’à ce stade, le gouvernement s’en tient au fait que l’Office de la Haut commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme est en train d’intégrer les observations officielles lui transmises le 7 août dernier. Et en tant que gouvernement responsable, il ne peut en aucun cas réagir aux informations provenant d’une source non qualifiée en la matière.

          Abordant le chapitre plus général de la lutte contre les violations des Droits de l’homme pendant le période comprise entre 1993 et 2003, le Prof. Luzolo Bambi fait remarquer que la dénonciation par le projet mapping n’est pas nouvelle. Le gouvernement a depuis longtemps dénoncé les violations des droits de l’homme, notamment  à travers la publication régulière des Livres Blancs portant sur diverses périodes et catégories de violations graves des droits de l’homme. Exemple : les graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire ; sur  violences sexuelles et le génocide à huis clos : massacres de Makobola, Kasika, Mwenga ; les crimes commis à Kisangani notamment en 2002 ; les actes d’anthropophagie.

          Il a également saisi la Cour internationale de Justice pour obtenir la sanction des violations des droits humains par les Etats ayant agressé notre pays. Luzola Bambi a rappelé l’affaire des activités armées sur le territoire de la Rd Congo par le Rwanda (arrêt d’incompétence de la Cour internationale de Justice) et l’affaire des activités armées sur le territoire de la Rd Congo par l’Ouganda où le gouvernement a déposé, à Kampala, sa facture des dommages et intérêts évalués à plus ou moins 21 milliards de dollars. 

Justice transitionnelle : création des Chambres spécialisées   

          En outre, Luzolo Bambi pense que la Rd Congo est un modèle de coopération avec la Cour Pénale Internationale. A ce sujet, il a évoqué les affaires Thomas Lubanga, Matthieu Ngudjolo et Germain Katanga. A cause des difficultés pratiques de mettre en place le Tribunal pénal international sur le Congo et de la lourdeur de fonctionnement rencontrée par la justice internationale, il a proposé l’option prise par le gouvernement en matière de justice transitionnelle : les Chambres spécialisées. Son ministère travaille actuellement à la rédaction d’une loi portant création, organisation et  fonctionnement des chambres spécialisées composées de magistrats congolais, compétents pour connaître des crimes internationaux commis sur le territoire de la Rdc.

          Au sujet des viols dénoncés à Walikale, il dit que l’auditeur général des FARDC, l’auditeur supérieur militaire de Goma et l’auditeur militaire opérationnel  ont ouvert, sur ordre du gouvernement, une enquête depuis le jeudi 26 août 2010. Il a répété une fois de plus que la  peur doit changer de camp, c-à-d. quitter les pauvres vers les intouchables, comme le Chef de l’Etat l’avait dit aux magistrats : « Soyez une assurance pour les faibles, un traumatisme permanent pour les  criminels…N’ayez peur que de Dieu et de la loi… »

SAKAZ

LEAVE A REPLY

*