AFFAIRE DU FAUX GUERISSEUR EBENGO A MAKALA : Le MP demande les preuves de ses guérisons pour éliminer tout doute

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Centre-Penitentiaire-Makala (1)C’est le jeudi 7 novembre 2013 à la Prison Centrale de Makala qu’a eu lieu l’instruction de l’affaire inscrite sous le RECL 143/II (Rôle de l’enfance en conflit avec la loi) opposant Mokwanga Mo Mankanka à son prétendu guérisseur Ebengo Mbokoso, âgé de 16 ans, accusé au Tribunal pour Enfants de Kinshasa Matete d’exercice illégal de l’art de guérir, pratiques superstitieuses et escroquerie d’une somme de plus de 1500$.  En effet, cet adolescent et ses complices lui avaient fait croire qu’ils avaient le pouvoir surnaturel de le faire marcher. Au cours de ce procès, le ministère public a sollicité du tribunal de faire comparaitre les malades déjà guéris par le prévenu précité pour éliminer tout doute. Le tribunal, après avoir pris acte de cette demande, a renvoyé l’affaire au 20 novembre.

On rappelle que  la victime Mokwanga Makaka, partie civile dans cette cause, souffre depuis plus de 10 ans d’une paralysie des  membres inférieurs. C’est ainsi que son beau-fils, soucieux de son état de santé, avait contacté le prévenu et sa bande.  Ils avaient affirmé qu’ils seraient en mesure de guérir son beau-père.

Ils avaient par la suite conclu le marché avec la femme du malade. Et pour apaiser leurs clients, ils  avaient soutenu avoir hérité ce pouvoir de guérir de leurs grands-parents chefs coutumiers chez les Sengele. Et qu’il serait même capable de guérir la prostate, le diabète,… et de rester sous l’eau pendant des mois pour parler avec les ancêtres. Par la suite, ils avaient réussi sous des prétextes fallacieux à se faire remettre à plusieurs reprises des sommes d’argent estimées à plus de 1500$. Et avant de disparaitre dans la nature, ils avaient laissé le malade attaché au lit à l’aide des lianes traditionnelles communément appelées «Kekele».

            Ils avaient soutenu que ces lianes ainsi qu’un escargot déposé dans la  chambre à côté du lit, avaient des vertus curatives. Ils avaient promis, moyennant une certaine somme d’argent et l’achat du poisson «Mopongo» qu’ils reviendraient le délier plus tard. Ils ne sont jamais revenus jusqu’à l’arrestation par la police d’Ebengo. Dans l’entre temps la victime lutte entre la vie et la mort.

            Appelé devant le tribunal pour se défendre, le prévenu Ebengo Mbokoso est passé aux aveux,  en reconnaissant les faits tels que relatés par la partie civile. Il a affirmé qu’il est réellement guérisseur et que s’il n’est pas revenu délier le patient, c’est parce que cette tâche revenait à son oncle encore plus puissant que lui, qui avait promis de passer finaliser le tout parce que le traitement était devenu très lourd. Il a demandé au tribunal de l’acquitter parce qu’il avait fait le nécessaire.

            En rélplique, la femme de la victime n’a pas été de son avis. Elle a contesté ce récit des faits et soutenu que le fameux guérisseur ne lui avait jamais dit que ce devoir incombait à son oncle. Elle a reconnu qu’après avoir ligoté son mari, le prévenu et sa bande l’avaient conduit auprès d’un individu vêtu d’une soutane et entouré de toutes sortes destatuettes, bougies, etc. Mais il ne lui avait jamais dit que c’est lui qui devait continuer le traitement de son époux. Elle a par le biais de leur conseil soutenu que chaque fois qu’elle appelait ces guérisseurs pour venir délier le malade, ces derniers lui disaient qu’elle pouvait le faire elle-même, à condition de se déshabiller devant tous ses enfants.

Murka

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