Affaire des mutins du CNDP : le Rwanda propose sa médiation

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Kigali Un éternel recommencement ou le même plan en version corrigée mais pour flouer encore une fois l’opinion publique. En prônant une solution politique pour régler la question des « mutins », Louise MUSHIKIWABO, la ministre rwandaise des Affaires Etrangères vient de démontrer à la face du monde que son pays se trouve au cœur du complot de la balkanisation de la RDC. Depuis deux décennies, les Congolais sont victimes de leur bonne foi et de leur esprit  d’hospitalité légendaire et séculaire que leurs voisins voudraient considérer comme un signe de faiblesse et de nonchalance qu’ils peuvent à tout moment exploiter pour piller, massacrer, violer, détruire méchamment et à long terme, aboutir à la partition de ce pays en plusieurs morceaux.
Louise MUSHIKIWABO n’a fait que répéter ce que son collègue de la Défense, le général James KABAREHE a récemment déclaré à l’issue d’une rencontre dans la localité de Ruvabu non loin de la ville rwandaise de Gisenyi avec son homologue Rdcongolais et l’Administrateur Général de l’Agence Nationale des Renseignements. Preuve s’il en faut une que Kigali dispose d’un plan machiavélique qui ne date pas d’aujourd’hui.

En demandant à Kinshasa d’ouvrir un dialogue avec des « mutins », le régime du F.P.R. fait semblant d’oublier que ces éléments que l’on présente aujourd’hui sous ce label proviennent tout droit d’un mouvement politico-militaire qui compte à son actif un fleuve de sang des Congolais sous prétexte d’endiguer les rebelles des FDLR. Un prétexte que Kigali avait utilisé lors de la guerre de l’A.F.D.L., du R.C.D. et du C.N.D.P. Des mouvements fortement appuyés militairement, diplomatiquement, financièrement par Kigali et d’autres puissances occidentales intéressées par la balkanisation de la RDC pour mieux exploiter ses richesses naturelles à vil prix. Piqués par le même moustique de la partition du Congo, Nicolas Sarkozy, Herman Cohen, Aldo Ajello avaient déclaré tout haut ce que pas mal des capitales occidentales mijotent tout bas.

En proposant cyniquement au gouvernement de Kinshasa, une solution pacifique, le régime du F.P.R. fait semblant d’oublier que les crimes, viols, destructions méchantes, déplacements massifs des populations, pillages des ressources naturelles perpétrés par ces mouvements politico-militaires sont pires que le génocide commis au Rwanda en 1994. Selon des chiffres publiés récemment par le PNUD et de nombreuses Ong de défense des droits de l’homme, il y a à ce jour plus de deux millions des déplacés internes dans les territoires du Nord et Sud Kivu. Le nombre des victimes ne cesse d’augmenter de jour en jour et l’on se réveillera lorsque des territoires entiers seront vidés de leurs populations. Si au Rwanda, les statistiques les plus citées indiquent que le génocide de 1994 a fait près de 800.000 personnes massacrées pendant quatre mois seulement, quel serait donc le nombre des morts en RDC depuis deux décennies ? Et Kigali ne trouve mieux que de proposer à Kinshasa d’ouvrir un dialogue avec des éléments dont les mains sont couvertes par le sang des millions des Congolais.

Un piège à cons  
Que servirait un énième dialogue après ceux de Gaborone, Addis-Abeba, Sun City, Goma ? Combien des dialogues seront-ils nécessaires pour que nos compatriotes qui sont derrière ce plan de balkanisation du pays s’alignent sous le drapeau de la paix, de la reconstruction, de la réconciliation, de recours au règlement pacifique des différends ? Combien faudra-t-il des morts pour que ceux de nos compatriotes qui se laissent manipuler par des puissances étrangères parviennent à comprendre que la vie d’un homme est un don de Dieu et c’est pour cela qu’elle est sacrée, personne n’a le droit de tuer son semblable ?

Y a-t-il encore d’autres résolutions à prendre que celles issues des accords de paix tenus dans les villes citées? Si tel est le cas, pourquoi ceux qui se laissent instrumentaliser par des puissances étrangères ne le proclament pas publiquement ou sous forme des propositions à déposer devant le parlement ? L’expérience faisant foi, démontrent que tous ces faux mouvements politico-militaires n’ont qu’un seul but : celui de grossir le nombre d’officiers supérieurs à verser dans les FARDC, notamment des majors, colonels, généraux qui n’ont jamais mis leurs pieds dans une académie militaire connue et dont la plupart ne s’expriment que dans leurs langues maternelles parlées aussi dans les pays voisins de l’Est. Ce énième dialogue proposé par le Rwanda constitue un piège à cons, autrement dit, il s’agit d’une pieuvre aux tentacules mystiques, car lorsque l’on parvient à couper l’une des tentacules, l’autre renait plus tard sous forme d’un autre mouvement politico-militaire aux contours flous et fallacieux.

Au début de la guerre de l’A.F.D.L., Kigali ne parlait que d’une affaire congolo-congolaise jusqu’au jour où les caméras du monde entier montrèrent des images des éléments de l’armée régulière rwandaise au front contre l’armée congolaise. Toute honte bue, Kigali sortit de ses manches le prétexte sécuritaire de la guerre préventive contre les Interahamwe. Les troupes de l’AFDL firent une promenade de santé de sept mois pour prendre le pouvoir d’Etat à Kinshasa. Aussi curieux que cela a pu paraitre, les alliés rwandais de l’AFDL oublièrent les interahamwe au Kivu. Au lendemain de leur brouille avec L.D. KABILA, Kigali va créer le RCD en recourant sans vergogne au prétexte sécuritaire des Interahamwe. Lors des négociations politiques inter congolaises de Sun City, des résolutions pertinentes concernant les stratégies pour endiguer ce fléau furent arrêtées. Cependant, une fois au pouvoir à Kinshasa, l’allié de Kigali, à savoir le RCD dont les troupes étaient déployées au Kivu jeta ces résolutions dans les poubelles, notamment par le refus de souscrire au brassage des troupes armées de tous les belligérants. L.NKUNDA va rappeler à ma mémoire collective avec son aventure sanglante de Bukavu avant de se réfugier sur les hauteurs de Masisi pour y installer son fief d’exploitation des matières précieuses aux côtés de ces interahamwe et autres éléments irréguliers locaux.

Ayant observé les velléités dictatoriales et mégalomaniaques de cet officier, Kigali va le remplacer par un autre, le nommé Bosco NTAGANDA pour signer des accords de paix de Goma. Le CNDP en profita pour faire reconnaitre par Kinshasa les grades d’un groupe de ses officiers qui refusèrent de répondre au programme de brassage sous prétexte que leur présence dans le territoire de Masisi était nécessaire pour protéger leurs frères tribalo ethniques des attaques des interahamwe. Dieu aidant, il a fallu que Bosco Ntaganda soit pris en flagrant délit de trafic illicite des matières précieuses pour comprendre la vraie raison de ce refus d’être déployé dans d’autres provinces. Tous ces faux mouvements politico-militaires ne sont que des officines d’exploitation des ressources naturelles de la RDC pour le compte de Kigali et de certains complices locaux. Dieu aidant, c’est la Cour pénale Internationale qui va dénoncer la véritable identité de cet officier : c’est un ressortissant rwandais qui a abusé de la confiance des autorités congolaises.

Aveu  de complicité  

Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ! En proclamant tout haut son désir de jouer au médiateur entre les « mutins » et les autorités congolaises, Kigali vient de faire, consciemment, par condescendance ou par mépris, un aveu de complicité. Comment le régime du F.P.R.peut-il oser proclamer tout haut qu’il sait comment jouer au médiateur avec des gens qui ont du sang sur les mains ? Pourquoi ne le fait-il pas avec les interahamwe dès lors que les opérations militaires conjointes de 2008-2009  ont prouvé à la face du monde que la question des interahamwe ne peut être résolue que par la voie d’un règlement pacifique. Car, quelques mois après ces opérations militaires conjointes, les interahamwe sont devenus plus dangereux en causant des massacres, des viols massifs, des destructions méchantes, des déplacements des populations dans les territoires de ces deux provinces martyres. Encore une fois la bonne foi, l’esprit d’hospitalité légendaire et séculaire des Congolais viennent d’être abusés par ceux qui en ont bénéficié des décennies durant jusqu’à occuper des postes enviables dans l’architecture politique, militaire, économico-financière en RDC. Dieu aidant, le plan de balkanisation est voué à l’échec, car les Congolais sont avertis.
F.M. 

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