Affaire Denis Lessie et consorts : des SMS au coeur de l’escroquerie

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94714211Après avoir analysé les SMS que le prévenu Denis Lessie aurait adressés à l’ex-ministre du Budget, Jean-Baptiste Ntahwa, pour des demandes d’argent et de véhicules en faveur des membres de la famille présidentielle, le Tribunal de Garnison Militaire de Gombe a procédé, hier jeudi 11 juillet 2013 à la prison de Ndolo, à la lecture de ceux que le prévenu Kasongo wa Ngoy envoyait à Ntahwa au sujet du litige qui aurait existé entre lui et Jaynet Kabila, la sœur jumelle du chef de l’Etat.

Selon ces preuves livrées par le ministre honoraire du Budget, les prévenus Lessie et consorts seraient réellement impliqués dans l’escroquerie d’argent et de véhicules mise à leur charge. Au terme de la lecture des Sms imputés au prévenu Kassongo et rédigés en swahili, l’affaire a été renvoyée au 18 juillet pour auditionner les témoins à charge cités par Ntahwa.

Mais avant que le tribunal ne suspende l’audience, le prévenu Okunhimo a été confronté à Ntahwa.

Appelé à la barre pour prouver l’authenticité de sa conversation avec le prévenu Thierry Okhunimo, le pasteur Ntahwa a indiqué que c’était difficile de le faire, parce qu’il n’avait toujours pas retrouvé les messages échangés avec ce dernier, pour la bonne et simple raison qu’il s’était débarrassé du téléphone où ils se trouvaient il y a longtemps. C’est du reste l’un de ses enfants qui l’utilise et les messages visés étaient effacés par lui par mégarde. Réagissant à cette explication, l’officier du ministère public a proposé au tribunal de recourir à la société Vodacom pour récupérer les SMS en question. Intervenant à leur tour sur le même objet, les avocats des prévenus Lessie, Kasongo et consorts ont demandé au tribunal de laisser tomber parce que rien n’atteste que ces SMS ont réellement existé, et de tirer toutes les conséquences de droit parce que ces messages relèvent d’une falsification.

Dans la foulée, la défense a exprimé une profonde inquiétude au sujet de la manière cavalière dont sont présentés au tribunal les Sms attribués à ses clients.

            Le collectif des avocats du prévenu Thierry Okunhimo s’est étonné que Ntahwa ait gardé jalousement les SMS lui envoyés par Lessie et Kasongo mais perdus ceux venus de leur client. Pour ce motif, il a invité le tribunal à ne pas tenir compte des Sms sous examen, car réputés faux. Répliquant à ce propos, Ntahwa a précisé qu’il n’a jamais utilisé le même téléphone ni le même numéro lorsqu’il échangeait des SMS avec les prévenus. Pour compléter la réponse de leur client, ses avocats ont demandé au tribunal de considérer la piste de solution lui proposée par le ministère public pour éclairer sa religion suffisamment.

A leur avis, la société Vodacom devait être mise à contribution dans cette affaire pour lever l’équivoque. Ils ont demandé au tribunal de prendre en considération les preuves présentées par leur client en attendant l’éclairage des techniciens de Vodacom et consorts.

            Les messages envoyés le 20, 26… septembre 2012 par Kasongo en Swahili n’ont pu ainsi être décryptés, le tribunal ayant promis de les examiner à l’audience prochaine.

A la question du ministère public de savoir si le prévenu Kasongo reconnaissait avoir envoyé des SMS à Ntahwa, l’intéressé a affirmé n’avoir jamais envoyé des messages à qui que ce soit,  hormis sa propre femme.

-T : Est-ce que ce numéro t’appartient?

-Kasongo : oui, mais malheureusement je ne suis pas auteur de ces SMS.

-P.C : Tu l’as depuis quand ?

-Kasongo : Je ne me rappelle pas

-MP : Etais-tu à Lubumbashi, et quand ?

-Kasongo : Oui, au mois de mars 2012

-P.C : Est- ce que Ntahwa t’avait envoyé de l’argent à l’agence lorsque tu étais à Lubumbashi ?

-Kasongo : Jamais.

-T : quand est-ce que tu lui avais envoyé l’argent ?

-Ntahwa : au mois de septembre 2012 et non mars tel qu’il le  soutient. C’était à l’agence Western Union, pour compléter la somme d’argent qu’il devait récupérer auprès de Lessie pour l’achat de la camionnette de maman Sifa. Le total du montant escroqué par cette association est de 135.000 $.

Le pasteur Ntahwa a soutenu que le fait pour Kasongo de percevoir l’argent et de ne pas le faire parvenir à destination prouve son escroquerie. Ses avocats ont relevé que le fait pour ce prévenu d’user d’une fausse qualité atteste également son escroquerie.

Les avocats de Kasongo par contre ont fait remarquer au tribunal que le ministère public, au lieu d’instruire à charge et à décharge comme la loi l’exige, n’instruit qu’à charge des prévenus. Ce comportement prouve qu’il y a suspicion dans son chef. Dans la décision de renvoi du dossier sous examen au tribunal, soulignent-ils, le ministère public accuse Kasongo d’avoir détourné à lui tout seul 135000 $, alors que la plainte de Ntahwa indique le contraire. Le ministère public a réagi en martelant qu’il ne poursuit pas ce prévenu de façon isolée. C’est l’ensemble du groupe qui est concerné.

Murka 

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