Affaire Chebeya : Mme Bazana réclame son mari mort ou vivant

0
31

L’assassinat de Floribert Chebeya Bahizire et la disparition forcée de son chauffeur, tous deux membres de l’ong la « Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme » (V.S.V.) continuent à soulever les vagues dans l’opinion publique, particulièrement parmi les défenseurs de droits de l’homme. Ceux-ci, regroupés dans une plate-forme dénommée : « Collectif des ongs de défense des droits de l’homme de la Rd Congo » ont tenu hier lundi 02 août 2010 – deux mois après ce drame – dans la nouvelle salle de conférence de l’Eglise Notre Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe, une conférence de presse pour informer l’opinion tant nationale qu’internationale de l’évolution de ce dossier.

 

          Mettant à profit ce point de presse, l’épouse du chauffeur disparu et membre effectif de la VSV, Marie-José Bazana Edadi, a lancé un appel à toutes les autorités de la République et des personnes éprises de justice pour que le corps de son mari, mort ou vivant, lui soit rendu. Même brûlé ou incinéré, elle tient à retrouver même ses centres ou une partie de son corps pour lui permettre d’avoir un gîte quelque part et permettre aux siens de l’honorer et d’avoir la paix ; comme le veut la coutume. Connaissant fort bien le tempérament de son mari, elle a affirmé que ce dernier n’a pu s’échapper pour se soustraire du drame connu par Floribert Chebeya ou abandonner sa famille. Elle est intimement convaincue que son mari a subi le même sort que son compagnon d’infortune qu’il avait conduit à l’Inspection générale de la Police Nationale Congolaise (PNC), car il était un témoin gênant.

L’enquête  internationale indépendante et le procès vivement souhaités
 
          S’exprimant au nom du Collectif des ongs, Nsii Lwanda a souligné qu’il était nécessaire d’organiser cette rencontre pour entretenir l’opinion sur l’évolution de cette affaire et rappeler trois exigences incontournables : la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale indépendante ; la mise en accusation et l’arrestation des généraux de la PNC, en l’occurrence John Numbi Banza Tambo et Jean de Dieu Oleko ; la sécurité des défenseurs des droits humains et des membres des familles de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana. Pour le collectif des ongs, il est urgent que le procès soit organisé car, selon les informations qui lui parviennent, certaines autorités de la PNC impliquées dans cet assassinat   ont choisi tout simplement de se soustraire à la justice et se retrouveraient à l’heure actuelle dans certains pays frontaliers de la Rd Congo.
          Abordant ce dossier sur le plan judiciaire, le Bâtonnier Jean Joseph Mukendi wa Mulumba a précisé qu’un collectif de 25 avocats a été déjà constitué pour concourir à la manifestation de la vérité dans ce dossier en aidant les deux familles et la VSV. Il a souligné que ce collectif a aidé Mme Bazana à déposer sa plainte, le 22 juin 2010, au Parquet Général de la République ; il a aussi conduit, le 24 juin dernier les deux familles à l’Auditorat militaire. Il a reconnu que cette enquête est difficile du fait que tout le monde n’a pas intérêt que la vérité éclate. Il faut rassurer les  personnes qui sont prêtes à témoigner et à décharger leurs consciences ; si elles ont un problème de sécurité, elles devront le faire savoir pour que des mesures appropriées soient prises. Dans le cas contraire, précise le Bâtonnier J. J. Mukendi wa Mulumba, ces personnes auront toujours une conscience chargée et donneront l’occasion à d’autres crimes comme ceux-ci de se commettre.         

           RJPS

 

LEAVE A REPLY

*