Affaire Chebeya : Malade, le général Numbi comparaitra jeudi

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Fortement attendue, hier lundi 24 janvier 2011 à la Prison Centrale de Makala (PCM), l’audition de l’Inspecteur Divisionnaire Principal de la Police nationale congolaise(PNC), le général John Numbi, est renvoyée au jeudi 27 janvier prochain au même endroit. Et pour cause ! La greffière de la Cour militaire de la Gombe a renseigné que le Général, considéré suspect numéro 1 dans ce sulfureux dossier, séjourne à Lubumbashi, chef-lieu de la Province du Katanga, pour des raisons de santé. Toutefois, a-t-elle indiquée, sa présence à la prochaine audience est garantie.

    Nonobstant cette situation qui a déçu l’assistance venue nombreuse, le procès s’est poursuivi normalement avec l’audition d’autres renseignants. Dans le lot, le Commandant a.i. du bataillon « Simba », Ndati, a été confronté à un élément de son unité, le Sous-commissaire Blaise Mandiangu. Ce dernier, placé au cachot de l’auditorat militaire à la suite des enquêtes sur la mort violente de l’activiste des droits de l’homme, Floribert Chebeya, avait essayé de faire parvenir à son chef un message lui enjoignant de « bruler immédiatement toutes ses cartes sims ». Griffonné sur un morceau d’emballage de paquet de cigarettes, ce message a été intercepté entre les mains de Mme Sitasita Apea Mamie Diane, épouse d’un codétenu de Blaise Mandiangu. Interrogé sur les raisons de cet « ordre » adressé à son supérieur, le Sous-commissaire Blaise Mandiangu a d’abord déclaré que c’était pour qu’il soit informé de son arrestation. Ensuite, il a souligné qu’à la suite des tortures lui infligées par des hommes en uniformes se déclarant de la présidence, il a été obligé de demander que l’on brûle les sims. Enfin, le policier a avancé que c’est pour « protéger les siens » qu’il avait fait cette demande. Face à cette multitude de versions, le Ministère public a d’abord fait observer à la Cour les ténèbres qui entourent l’identité du renseignant Ndati, lui-même.
    En effet, à l’auditorat, celui qui s’est fait hier appelé Ndati Nkulu Henri, avait déclaré se nommer Nkulu Mutale Henri. De même il y a des divergences flagrantes sur les informations liées à sa date de naissance, au nombre d’enfants, aux études faites, etc. Pire, souligne l’Organe de la loi, il dit ne pas connaitre les motifs d’arrestation de Blaise Mandiangu alors que c’est son élément. Au Sous-commissaire Mandiangu, le Ministère public a demandé la raison principale de l’envoi d’un message seulement à son chef Nkulu Henri. Réponse : « Parce que c’est lui qui m’avait demandé d’aller déposer un courrier. Pendant que je faisais cette course, j’ai été kidnappé, puis amené vers le fleuve. Mes agresseurs m’ont même tout ravi, téléphones et argents compris… ». Revenant à la charge, le Ministère public a cherché à savoir quelles sont donc les sims qui devaient être brûlées alors que les téléphones ont été ravis. Blaise Mandiangu a indiqué qu’il s’agissait des sims des téléphones fixes de son bataillon. Interrogé finalement sur l’existence de téléphones fixes au bataillon Simba, son Commandant a.i., Ndati Nkulu, a répondu par la négative.
    Il faudrait noter qu’avant cette confrontation, la Cour a pieusement suivi le témoignage de la Commissaire principale Cécile Kasongo Muteba de la Direction générale des renseignements généraux et des services spéciaux(DGRS) sur son emploi du temps, en date du 1er juin 2010. Selon elle, elle a été toute la journée au bureau, avant de regagner sa maison, sans avoir eu un seul entretien avec son chef, le Colonel Daniel Mukalayi. Version balayée par la Cour qui a cherché à savoir si la dame n’avait pas perçu la somme de 10.000 USD des mains du Colonel afin de jouer le rôle d’une femme d’affaires et d’appâter un « contrefacteur » camerounais. « Non ! J’avais reçu cet argent plus de 2 semaines avant le 1er juin. Le 1er rendez-vous que j’ai eu avec le Camerounais, Gomer Martell, il m’a demandé de venir avec mon mari. Deuxièmement, il m’a conditionné d’adhérer dans le deal moyennant un paiement de 1500 USD, avant de promettre de m’amener la marchandise. Et le 30, le monsieur a été arrêté et mon rôle a pris fin là… » a relaté la Commissaire Kasongo Cécile. Jurant par ailleurs au début être toujours coiffée naturellement, sans postiche, ni ongles factices, l’agent de la DGRS a fini par avouer à la Cour qu’il lui arrive parfois d’utiliser ce genre d’effets.
    Enfin, invitée à la barre, Nehema Wa Mupasa, Capitaine et Commissaire principale à l’Inspection générale de la PNC, a souligné un fait ayant marqué la journée de 2 juin 2010 à son lieu de travail. Après le passage d’un groupe d’activistes des droits de l’homme, accompagné de la veuve Chebeya, la hiérarchie lui a demandé, à travers le Major Milambwe, de lui faire parvenir le registre d’entrée, puis le lui a ramené après.

Tshieke Bukasa 

 

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