Affaire Chebeya : le rapport médical contesté

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Les avocats de la partie civile ont remis en cause le rapport médical dressé par les médecins légistes dans l’affaire Chebeya. Ce rapport faisait état de l’incertitude de l’étouffement qui aurait entraîne la mort de ce défenseur des droits de l’homme sans pour autant l’exclure ou ni exclure les tortures qu’aurait subies le Directeur de la Voix des sans Voix.

A l’audience d’hier lundi 20 juillet 2015 à la Prison Centrale de Makala devant la Haute Cour Militaire, le collectif des avocats de la partie civile a vivement contesté la qualité du médecin-légiste congolais, qui a signé ce rapport, nous avons cité le docteur Tshomba.

Maitre Kabengele a affirmé que la page 5 de ce rapport indique qu’aucun prélèvement n’a été fait au niveau du cœur, des reins, de l’estomac…D’où, il a estimé que face à toutes ces zones d’ombre, la conclusion de ce rapport est biaisée.

Par conséquent la partie civile a exigé la présence de l’auteur de ce rapport, le médecin-légiste Tshomba, qui se trouve en mission de service à Kisangani.

La défense a, dans un autre son de cloche, rappelé que ce rapport a été contresigné par un médecin néerlandais à la demande de la partie civile, représentée en son temps par les ONG des droits de l’homme.

Les avocats de la défense et de la République ont pris la défense du médecin-légiste congolais qui, selon eux, est inscrit au tableau de l’Ordre National des Médecins et preste effectivement à l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa.

Dans sa réplique, la partie civile a fait remarquer que le médecin-légiste néerlandais avait contresigné ce rapport sous réserve de la traduction qui serait faite en français. Le médecin-légiste néerlandais avait même conclu qu’en cas de problème de traduction, seule la version néerlandaise devrait être prise en compte.

Les avocats de la partie civile ont émis des doutes sur la traduction faite par le médecin-légiste congolais, qui n’en a pas l’expertise.

Le ministère public a quant à lui soutenu la confrontation de ce rapport avec celui de la police scientifique pour établir la vérité.

Rappelons que la police scientifique avait attesté sans équivoque que Ch ebeya avait été torturé et son cou endommagé par une extrême violence.

Un des avocats de la partie civile, maitre Stanislas Mwamba, a tiré sur le ministère public qui n’avait pas délégué un officier sur le lieu supposé du crime à Mitendi pour prélever les premiers indices.

Cet avocat de la famille Chebeya ne doute pas que la dépouille de l’activiste des droits de l’homme ait été polluée avant son transfert de Mitendi à la morgue de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa.

A l’issue de ce débat houleux, le juge a décidé d’inviter de nouveau le médecin-légiste congolais, le docteur Tshomba, à comparaître à la prochaine audience.

En plus de la première requête, la partie civile a également exigé la mise en place d’une Commission rogatoire qui devrait se rendre à Dakar pour auditionner le prévenu Paul Milambwe, qui se trouve à la disposition de la justice sénégalaise, à Dakar. Maitre Richard Bondo a suggéré que cette commission soit composée des délégués de toutes les parties.

A ce sujet, la Haute Cour Militaire a fait savoir qu’une telle décision dépendrait de son appréciation souveraine.

Dans les divers, le juge a informé les parties au procès que le cuisinier du prévenu Daniel Mukalay n’a toujours pas déposé son téléphone comme convenu lors de la première audience.

Il a signalé aussi l’absence, pour des raisons de santé, de la femme du colonel Mukalay, invitée par la Haute cour pour confronter son témoignage à celui, accablant, du chauffeur de son mari.

La Haute Cour Militaire a déclaré que toutes les conséquences seront tirées au moment opportun au sujet de tous ces manquements.

Il faut noter que l’expert de la société de téléphonie mobile Airtel a comparu à l’audience pour éclairer la religion de la Haute cour  sur les appels effectués avant, pendant et après la mort de Floribert Chebeya. Les experts de Vodacom et de Tigo sont attendus à la prochaine audience.

ERIC WEMBA