Affaire Chebeya : la Police dans l’oeil du cyclone !

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            En attendant que le feuilleton de l’assassinat de Floribert Chebeya, Directeur exécutif de l’Ong « La Voix des Sans Voix » livre ses secrets, la Police Nationale Congolaise est regardée de travers par de nombreux compatriotes et expatriés. Elle se trouve dans une position inconfortable à cause de la présence, sur la liste des suspects, de son numéro un, présentement suspendu, l’inspecteur général John Numbi Banza, ainsi que de plusieurs de ses collaborateurs, dont le colonel Daniel Mukalayi, Directeur des Services Spéciaux.
 
            L’information actuellement en circulation, selon laquelle cet officier et ses co-prévenus auraient fait des aveux, enfonce davantage le clou contre l’image d’un corps perçu dans le cas précis de Chebeya comme ayant partie liée avec ses tueurs. Et, lorsque l’on apprend que l’interpellation et l’arrestation du colonel Mukalayi et consorts résultent du travail de fourni abattu par la « Cellule de contre-Vérification » du Conseil National de Sécurité, on ne peut que douter davantage de la bonne conduite, par la Police Nationale Congolaise, de sa mission de sécurisation des personnes et de leurs biens.
            Le sentiment du moment, au pays comme à l’étranger, est que la police serait impliquée dans l’exécution de Chebeya et de la disparition de son chauffeur, Fidèle Bazana. Même si rien ne permet de soutenir une telle thèse, certains n’hésitent pas à opérer un rapprochement entre les actes des individus, du reste présumés innocents, et le fonctionnement de toute une structure. En réalité, l’opinion tant nationale qu’internationale est indignée de retrouver, dans les rangs des suspects, de hauts responsables de la police.

 
Une crédibilité à reconquérir
 
            La bataille à engager d’urgence par ceux qui tiennent pour le moment les rênes de la Police Nationale Congolaise, c’est de faire en sorte que celle-ci récupère sans délai sa crédibilité perdue. Un tel travail devrait commencer par un engagement sans faille des policiers innocents dans la réunion des pièces devant permettre à la justice de reconstituer le film de l’assassinat de Floribert Chebeya, avec son (ses) commanditaire (s) ainsi que son ou ses exécutants. A l’occasion, toute la filière d’officiers et agents ayant les mains sales dans le dossier de ce défenseur des droits de l’homme devrait être démantelée et neutralisée.
            C’est avant tout au regard de son degré de participation à l’éclatement de la vérité dans cette affaire que la Police Nationale Congolaise pourrait espérer apaiser ceux qui, désormais, doutent sérieusement de son efficacité dans la prévention et la répression des faits de nature à troubler l’ordre public.
            Le second volet du processus de soudage de la fracture intervenue entre elle et le commun des Congolais devrait consister à rétablir la confiance entre elle et la population. Celle-ci voudrait que la police congolaise redevienne la première structure de protection de tous les honnêtes citoyens dont la sécurité serait menacée de jour comme de nuit, à domicile ou dans la rue. Car, avec ce qui est arrivé à Chebeya, la phobie du policier et de la police vient de s’aggraver. C’est quand une présence policière serait vue comme un gage de sécurité, une interpellation comme une formalité administrative sans conséquence grave pour quiconque est en ordre ou disposé à réparer sa faute que pourrait s’estomper progressivement le traumatisme causé à des millions de Congolais par la mort de Chebeya, avec en amont comme en aval, des suspects portant l’enseigne de la police.
Jacques Kimpozo

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