Affaire Bosco Ntaganda : Kinshasa risque d’être accusé de complicité

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L’affaire Thomas Lubanga est en train de prendre des dimensions insoupçonnées. Après que la CPI (Cour Pénale Internationale)  l’ait formellement reconnu coupable, le Procureur près cette juridiction, Moreno Ocampo, s’est remis à donner de la voix en direction des autorités de Kinshasa. On retient, pour l’essentiel, qu’il réitère sa demande de voir celles-ci lui livrer le général Bosco Ntaganda, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis l’année 2006. De l’avis de cet homme de droit qui tient encore les rênes du ministère public au niveau de la CPI, l’ex-lieutenant de Thomas Lubanga au sein de la milice de l’UPC (Union des Patriotes Congolais) est co-responsable, au même titre que le précité, du recrutement et de l’utilisation des enfants de moins de quinze dans un conflit armé. Pire, Moreno Ocampo a également l’intention de le poursuivre pour des viols et massacres commis en 2002 dans le district de l’Ituri.

Les observateurs pensent que le dossier de Bosco Ntaganda n’intéresse pas que Moreno Ocampo seul. Les Nations Unies, à travers le Conseil de Sécurité, semblent le suivre de fort près. Quand les membres de cette institution saluent chaleureusement l’option levée par les juges de la CPI de considérer désormais Thomas Lubanga comme coupable et se réjouissent du début de la fin de l’impunité en République Démocratique du Congo, cela sous-entend que d’autres signaux de la « tolérance-zéro », en matière de crimes de guerre et crimes contre l’humanité ainsi que de violation des droits de l’homme, sont impatiemment attendus.

D’où l’entêtement des autorités de Kinshasa dans le refus de livrer le suspect à la Cour Pénale Internationale pourrait être interprété comme une attitude de complicité avec le présumé criminel. Ce sentiment est renforcé par sa présence au sein du corps des officiers supérieurs de l’armée nationale. En effet, le fait qu’un présumé criminel de guerre soit associé au haut commandement des troupes loyales ne peut que déranger la communauté internationale, qui s’est investie sans compter pour le retour de la paix en territoire congolais. Ainsi, le discours du gouvernement congolais sur la nécessité de préserver la paix par l’intégration de cet ancien bras droit de Laurent Nkunda et ses troupes au sein de l’armée nationale, commence être très mal perçu.

Eclairer les Congolais et la Communauté Internationale

L’opinion congolaise ainsi que la Communauté Internationale attendent d’être largement éclairées par les autorités congolaises au sujet de ce qui parait désormais comme une contradiction entre leur engagement à coopérer totalement et franchement avec la Cour Pénale Internationale dans la traque des auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’humanité et le traitement de faveur réservé au général Bosco Ntaganda. Le flou ainsi entretenu est de nature à faire croire à certains que Kinshasa ne verrait aucun mal à ce guerre cet ancien seigneur de guerre continue de vivre en homme libre, alors qu’il partage un passé commun avec Thomas Lubanga au sein de l’UPC d’abord et Laurent Nkunda au sein du CNDP (Conseil National pour la Défense du Peuple) ensuite.

Dans ce cas, les Congolais et le monde extérieur seraient tentés de soupçonner le gouvernement congolais d’être le protecteur de nombreux auteurs impunis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité que l’on dénombre au sein des institutions de la République, des entreprises du Portefeuille, de la territoriale, de la diplomatie, des services spéciaux, de l’armée et de la police.

En attendant que les autorités congolaises apportent à Moreno Ocampo la preuve qu’elles restent engagée contre l’éimpunité des criminels de guerre, l’impunité de fait dont jouit Bosco Ntaganda parait comme une porte ouverte à l’inviolabilité non seulement de sa personne mais aussi de celles des milliers de compatriotes aux mains couvertes du sang d’innocents.

Kimp

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