Adoption des enfants congolais à l’étranger : les autorités judiciaires en guerre contre les faux jugements

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justice-balanceLes chiffres des enfants congolais adoptés depuis des décennies à l’étranger, gonflent au fil des mois et des années. Devenu un business très rentable, le trafic d’enfants qui se cache derrière l’adoption d’enfants a suscité un engouement particulier dans les milieux maffieux et créé des complices dans les rangs de la pègre. S’ils n’entrent pas en contact direct avec les parents, ces réseaux aux multiples tentacules organisent des vols d’enfants à la sortie des écoles ou des terrains de jeux. Acheminées sous bonne escorte jusque dans des centres de transit, les victimes attendront l’obtention de certains documents avant d’être transférées vers des pays d’adoption.

Dans le monde entier, certaines ONG dénoncent ce trafic d’enfants, et pire, l’adoption d’enfants qui n’obéit pas au respect du code de la famille et de la loi pour la protection des enfants. A ces sonnettes d’alarme s’ajoutent des plaintes de certains parents roulés dans la farine par des réseaux de trafics d’enfants qui au crient au scandale. Ce type d’affaires fait désormais grand bruit dans les milieux judiciaires et des offices de migrations. Dans de nombreux pays, les ONG qui ont pour spécialité, l’adoption des enfants africains, font désormais l’objet d’une surveillance particulière, même si leur existence est justifiée non seulement par des milliers de demandes d’adoption d’enfants qu’elles doivent satisfaire, mais aussi par des parents qui éprouvent mille et une difficultés pour subvenir aux besoins de leurs rejetons. Dans le cadre de la loi de l’offre et de la demande.

En RDC, les autorités judiciaires interpellées par une longue série des affaires scandaleuses d’adoption d’enfants, ont pris la mesure du phénomène et décidé d’aller en guerre contre ce fléau. C’est dans ce cadre que le Premier président de la Cour suprême de justice vient de réaliser une étude sur l’adoption d’enfants congolais. Dans cette étude, Kitoko Kimpele analyse le problème et relève les mécanismes juridiques de l’adoption d’enfants au regard des lois congolaises.

Cour d’appel de Kinshasa-Gombe : le premier président Stanis Kebo remet de l’ordre

Déterminé à matérialiser  la vision des autorités nationales en matière d’adoption d’enfants et tordre le cou aux critiques faites à la justice congolaise, le premier président de la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe, a réuni hier lundi dans son cabinet de travail, les responsables des tribunaux de paix et ceux de tribunaux pour enfants de son ressort.

Selon les échos nous parvenus de cette séance de travail, Stanis Kebo Kitoka a d’abord fustigé les irrégularités constatées lors des missions de contrôle que ses plus proches collaborateurs viennent de réaliser dans les juridictions sous sa direction, dont notamment des vrais faux jugements d’adoption, ainsi que des faux vrais jugements en cette matière. Tout cela, laisse-t-on savoir, ternit l’image de marque de la justice congolaise. Voilà pourquoi il leur a rappelé les notions en matière d’adoption d’enfants, en s’appuyant particulièrement sur deux sources de lois congolaises, à savoir le code de la famille et la loi pour la protection des enfants.

            A ce sujet, le premier président de la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe a relevé certaines procédures qu’il faudrait scrupuleusement respecter. En effet, selon la procédure, toute requête en matière d’adoption d’enfants doit être adressée au président de la juridiction et porter ses annotations. Au niveau du greffe, le dossier complet devra comporter des informations suffisantes sur l’identité des requérants d’enfants, sur les parents, ainsi que sur l’enfant, avec des détails sur leur moralité et antécédents judiciaires. Les juges doivent être sûrs du consentement des parents, voir l’enfant et l’entendre. Chaque dossier doit avoir un avis écrit de l’OMP qui devra être lu à l’audience.

            Pour le premier président Stanis Kebo Kitoka,  le juge en matière d’adoption doit être actif et non passif. Il ne devra pas se contenter des informations parcellaires des assistants sociaux, mais pousser ses investigations plus loin, en effectuant des visites de centres d’hébergement. Le dossier judiciaire doit porter des dates d’enrôlement, de début d’audience, et de l’avis du ministère public.

            Le patron de la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe a attiré l’attention des chefs de juridictions sur les risques de faux dossiers d’adoption d’enfants. Car, il y a des enfants qui sont devenus des prostitués, des homosexuels.

            Les mêmes instructions des autorités judiciaires seront communiquées, indique-t-on dans les couloirs de la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe, aux greffiers de toutes ces juridictions, au cours de la réunion qui sera présidée cet avant-midi par le greffier principal Aunja Wabosolo.

J.R.T.