Adolphe Muzito affronte les députés ce mercredi au Palais du Peuple

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(Par l’Ambassadeur Mindia Monga)

Les événements survenus à Mbandaka le 04 avril dernier continuent d’occuper la « Une » de l’actualité en République Démocratique du Congo. En mettant en cause la responsabilité du gouvernement pour négligence, l’Assemblée Nationale a adressé à sa plénière du 21 avril 2010 une question orale avec débat au Premier Ministre Adolphe Muzito pour expliquer aux élus du peuple la politique du gouvernement dans les domaines de la sécurité des personnes et de leurs biens et de la défense du territoire national.

On rappelle que l’auteur de cette question orale, Jean Lucien Busa, député du MLC, a fait remarquer que les événements de Mbandaka ayant une incidence sur l’ensemble du pays, il était normal que le chef du gouvernement soit interpellé pour répondre aux préoccupations des députés. D’une manière générale, le Premier Ministre a donné des réponses claires et précises aux questions qui lui ont été posées sur la sécurisation de la population, la défense du pays et la gestion de l’Etat.

Après la lecture de la question orale par son auteur, le député Busa, il s’en est suivi un débat général au cours duquel il a été posé plus de 100 questions qui nécessiteraient des réponses appropriées du Premier Ministre. Pour ce faire un délai légal de 48 heures lui a été accordé pour répondre aux préoccupations des élus du peuple. Mais compte tenu de l’absence du Président du Bureau de l’Assemblée nationale, le rendez-vous a été pris pour le mercredi 28 avril 2010.

Il sied de noter que Adolphe Muzito avait déjà fait l’objet d’une motion de défiance initiée contre lui par le député Clément Kanku. Pour vice de forme, celle-ci avait été purement et simplement rejetée par les députés de l’AMP, s’opposant à la chute tant réclamée du gouvernement Muzito I, accusé de mauvaise gestion aux plans de la sécurité, de l’autorité de l’Etat, des 5 chantiers de la République, de la tenue des finances publiques, de la rémunération des fonctionnaires, de la « tolérance zéro », etc. Humiliés les députés de l’opposition parlementaire avaient juré de lui régler les comptes. Ce qui explique en quelque sorte le fait que la présente question soit adressée au chef du gouvernement au lieu des ministres concernés.

Contrôle et règlement des comptes

Le pouvoir de contrôle des députés est prévu par la Constitution et le Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale. Il s’exerce par le biais de la question écrite ou orale, la question d’actualité, l’interpellation, la commission d’enquête ou par l’audition des membres du gouvernement par les commissions permanentes de l’Assemblée Nationale. Le but du contrôle parlementaire est notamment de restaurer la bonne gouvernance et la confiance aux institutions du pays en sanctionnant les gestionnaires fautifs. Cependant, c contrôle sert souvent de règlement de comptes. Ce qui n’est pas loin d’être le cas de cette nouvelle interprétation.

Logiquement, fallait-il adresser une question orale avec débat au Premier Ministre Muzito au lieu de membres du gouvernement ayant en charge la défense nationale ; la sécurité et l’administration  du territoire ? Cette question divise la classe politique, selon que l’on est de l’opposition ou de la majorité présidentielle. Dans tous les cas, l’opinion semble être opposée à l’acharnement qui a élu domicile à la chambre basse du Parlement à l’endroit du Chef du gouvernement qui abat un travail appréciable reconnu par la Communauté internationale.

Muzito sur la bonne voie

D’aucuns pensent que Adolphe Muzito est sur la bonne voie pour être maintenu à son poste. Sous la houlette du Chef de l’Etat Joseph Kabila, il a réussi à faire voter la loi sur l’amélioration du climat des affaires, la loi sur l’adhésion de la RDC à l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique. Sous l’autorité du Président de la République, il assure avec maîtrise la coordination des actions devant mener à l’atteinte du point d’Achèvement de l’Initiative PPTE pour l’effacement de la dette extérieure d’ici le 30 juin.

Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, le gouvernement Muzito est assuré de l’appui de « l’autorité morale » et des membres de l’AMP qui continuent encore à lui faire confiance dans l’unité retrouvée. Ainsi toute tentative de l’opposition visant le changement de l’équipe actuelle serait vouée à l’échec.

 

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