Addis-Abeba :l’Afrique joue une carte décisive face à la CPI

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UAC’est aujourd’hui que s’ouvre, à Addis-Abeba, le Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement, dont l’ordre du jour porte sur l’option de rompre ou non avec la CPI (Cour Pénale Internationale). On rappelle que lors de leur rencontre de février de cette année, plusieurs dirigeants africains avaient critiqué les méthodes de travail de cette juridiction et souligné qu’elle n’avait été mise en place que pour traquer des Africains, des gouvernants compris.

Le sentiment que la CPI n’était là que pour régler des comptes aux tenants du pouvoir en Afrique s’était renforcé après des mandats d’arrêts d’arrêt lancés et exécutés contre l’ancien président Tchadien Hissène Habré, l’ancien président libérien Charles Taylor et l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. Il y a aussi les mandats pendants contre le président soudanais Omar Béchir et kenyan Uhuru Kenyatta, alors que le vice-président kenyan se trouve pour sa part en phase préliminaire d’audition.

La grande interrogation reste de savoir si l’Afrique va franchir le Rubicon, c’est-à-dire ne plus reconnaître la CPI comme la juridiction compétente pour connaître des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans les Etats où les justices nationales ne sont pas outillées pour engager des poursuites contre leurs auteurs. A ce sujet, l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, le Ghanéen Kofi Annan, a mis en garde les tenants de la ligne dure contre une option qui ferait passer l’Afrique pour un continent non civilisé. A son avis, il n’y a pas de parti pris dans les dossiers judiciaires que gère la CPI, même si le gros des effectifs de ses justiciables se recrutent dans le cercle des décideurs politiques et seigneurs de guerre africains.

L’autre versant de la question est de savoir si l’Afrique a les moyens de mettre fin à l’impunité des auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Car, jusque-là, l’instrumentalisation des appareils judiciaires nationaux par des hommes au pouvoir annihile toute velléité de poursuites judiciaires contre eux ou leurs protégés.

            Dire non à la « CPI », c’est pérenniser l’impunité des dictateurs et seigneurs de guerre qui tiennent encore en otage plusieurs parties de l’Afrique. Si c’est cela le résultat recherché en voulant couper les amarres avec la CPI, ce serait fort dommage. Car, avec cette juridiction, le cercle des intouchables, auteurs ou commanditaires des crimes politiques, économiques et sociaux est en train de se rétrécir au jour le jour. S’il y a un vœu qu’émettent les peuples d’Afrique, c’est celui de voir leurs gouvernants accepter l’égalité de traitement devant une justice neutre et impartiale, dont le maître mot devrait être l’application sans faille des prescrits du droit international.

                                                                                   Kimp

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