ACORD exhorte les dirigeants africains à privilégier l’intérêt supérieur de la nation

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Photo Kabila tanzanie tanz ngurdutoLes Constitutions de la plupart des pays africains vont connaître dans les mois ou années à venir, de modifications importantes, par la volonté de certains présidents encore en poste. Le ton a été donné par leurs partis politiques. Si les uns l’ont claironné en des termes clairs, d’autres y sont allés en des termes voilés. Tous ne rêvent que de rester au pouvoir au-delà des mandats constitutionnels, refusant qu’il y ait alternance aux commandes de l’Etat.

 Ce sont les velléités dictatoriales de ces nouveaux dirigeants africains qui révoltent leurs opposants, donnent des sueurs froides à l’opinion interne, et inquiètent la communauté internationale. Qu’ils  aient très mal gérés leurs pays, cela importe peu ! L’essentiel pour eux, est de se maintenir au pouvoir avec des mandats illimités jusqu’à ce que la mort les arrache à la vie.

Après les tristes épisodes des Mobutu, Bokassa, Idi Amin Dada, pour ne citer que ceux-là, chassés du pouvoir de la manière que l’on sait, l’histoire semble se répéter après les transitions politiques qui ont suivi de périodes d’instabilité politique avec des guerres de rébellion et des conflits armés à répétition. En République démocratique du Congo, au Congo-Brazzaville, en Centrafrique, en Côte-d’Ivoire, au Tchad, au Soudan, au Kenya, au Zimbabwe, les élections qui devaient assurer une alternance au pouvoir, renforcer la démocratie et cimenter la cohésion nationale,  ont été si chaotiques qu’elles ont débouché sur une longue période d’instabilité politique et économique, avec des milliers des morts, la destruction des infrastructures de base, et le déplacement massif des populations.

Pour ceux qui ont vécu dans leur chair et esprit, ces tristes événements et qui ont perdu des membres de familles, les souvenirs sont si vivaces qu’ils ne sont pas prêts de les oublier.

Voilà qui justifie la révolte des opposants, les craintes des médias locaux et de l’opinion interne, ainsi que les inquiétudes de la communauté internationale.

Les opposants qui ont tenté dénoncer cette tentative des tenants du pouvoir de charcuter la Constitution, ont été diabolisés et voués aux gémonies, s’ils n’ont pas été enfermés dans des centres pénitentiaires  pour des accusations fallacieuses. Certains leaders des partis d’opposition débauchés, les syndicats et les activistes des droits de l’Homme neutralisés et la presse muselée, certains dirigeants africains, ne se voyent pas en dehors des sphères du pouvoir et font tout ce qui est en leur pouvoir pour éliminer les opposants radicaux. Tous les services de l’Etat pris en otage, c’est la toute puissance publique qui est mise en branle pour écraser tous ceux qui ont une opinion contraire à la leur.

Et c’est le cycle de la violence d’Etat qui régit désormais la vie de la nation. Les manifestations de protestation sont toutes déclarées illégales.

« S’il y a menace d’incendie dans la case du voisin, en Afrique, on l’alerte ! » 

Les dirigeants des pays de vieille démocratie, témoins des turbulences politiques en Afrique et dans le monde, et pour lesquelles leurs armées ont eu à intervenir, ont dans le cadre de leurs relations politiques privilégiées, tiré la sonnette d’alarme et prévenu leurs homologues africains contre les dérives totalitaires.

A l’Alliance des Congolais pour la réforme et la démocratie, on ne comprend pas pourquoi certains dirigeants africains ne veulent pas entrer dans l’histoire de leur pays, en respectant les prescrits de la Constitution et en privilégiant l’alternance au pouvoir. Les dirigeants africains de l’ère post-conférence nationale souveraine encore au pouvoir et les nouveaux,  doivent apprendre à quitter le pouvoir quand il est encore temps.

Par la voix de Michel B. Wangu, son vice-président national, ACORD exhorte les dirigeants africains à être davantage à l’écoute de leur opinion intérieure, perméables aux critiques de l’opposition et sensibles aux recommandations de leurs homologues des pays occidentaux. L’histoire politique récente des pays africains est parsemée des conflits politiques, des guerres de rébellion et de longues périodes d’instabilité, au point que nombreux n’ont connu qu’une faible croissance. Et si certains bailleurs internationaux n’avaient pas allégé le lourd fardeau de leur dette extérieure, ces pays auraient sombré dans des crises politiques et économiques qui auraient accentué leur instabilité chronique.

Si l’expérience du président Nelson Mandela pouvait inspirer bon nombre d’entre eux, l’Afrique qui est le continent d’avenir avec une croissance forte, serait mieux lotie pour bâtir son meilleur développement.

Le vice-président national de l’ACORD, Michel B. Wangu, croit qu’entendre sa propre voix, celle de ses partisans, au détriment de celle des autres, pourrait replonger certains pays africains dans le chaos politique d’où ils ressortiront difficilement.

L’heure est donc venue pour que des pays africains puissent comprendre les enjeux politiques et économiques qu’ils représentent, afin de positionner sur l’orbite des pays émergeants, non seulement stables politiquement, mais économiquement forts.

                                   J.R.T.  

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