Accusés par les fonctionnaires, les secrétaires généraux se défendent : «C’est Mobutu le responsable»

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Face aux remous observés dans les milieux de la Fonction Publique depuis le weekend end dernier au sujet de l’application du 2ème palier en faveur des secrétaires généraux alors que le restant des agents et fonctionnaires de l’Etat n’ont pas encore franchi le pas de cette étape, les secrétaires généraux sont allés remuer les archives de la direction de la Paie. Il s’agit de ce qui est convenu d’appeler l’arme à destruction massive que les premiers des fonctionnaires ont ressuscitée, à savoir l’ordonnance N° 93-039 du 29 mars 1993 portant fixation du traitement du secrétaire général de l’administration Publique.

Cette ordonnance, rappelle-t-on, a été signée pendant la période trouble qui a vu le maréchal du Zaïre démettre le gouvernement élu à la CNS pour le remplacer par un Collège des Secrétaires Généraux avec à sa tête l’inoubliable ZUSHI en qualité de premier ministre non déclaré mais qui ne remplissait pas moins cette charge.

Cette mesure réglementaire prise à l’époque où les Secrétaires Généraux avaient assassiné la Conférence Nationale Souveraine en permettant à Mobutu de réussir son enième coup d’Etat, stipulait en son article Ier : « le traitement mensuel initial net d’impôt à allouer au secrétaire général de l’Administration Publique est égal à la moitié de celui d’un Ministre du Gouvernement en fonction ». Dans le chef des secrétaires généraux de l’époque et probablement du législateur, ceux-là avaient droit à une grande considération du fait qu’ils sont les plus Hauts fonctionnaires de l’Etat placés à la tête de l’Administration de chaque ministère pour animer, coordonner et superviser l’ensemble des activités des services publics de l’Etat. Mais c’était surtout une manière particulière de les remercier pour avoir accepté de gouverner le pays au détriment du gouvernement issu de la CNS.

Cette mesure va rester d’application jusqu’en 1997 avant que le Ministre des Finances du gouvernement de feu L.D. Kabila la range dans les archives de la République. Ce, alors que dans le camp des secrétaires généraux, il s’agissait d’un droit acquis.    Pourquoi aujourd’hui, les secrétaires généraux se retrouvent avec un traitement qui a atteint le deuxième pallier de Mbudi ? C’est parce que l’Ordonnance N° 93-038 qui avait inspiré l’élaboration du Barème de Mbudi a placé la rémunération du secrétaire général Hors Tension barémique et Hors Uniformisation des salaires. Une notion qui est à la base de la révolte des autres agents et fonctionnaires de l’Etat qui ont débrayé hier en menaçant de boycotter aussi bien les manifestations du Cinquantenaire de l’Indépendance que l’organisation et la tenue de l’Examen d’Etat. Un moyen de chantage qui vaut son pesant d’or par ces temps qui courent dans la foulée des évènements tragiques consécutifs à l’assassinat intolérable de l’activiste Floribert CHEBEYA et de son chauffeur.

Pour autant, le corps des agents et fonctionnaires de l’Etat est divisé en deux tendances. La première voudrait voir l’Etat accorder le bénéfice de ce deuxième pallier de Mbudi à tous ceux qui émargent au budget de l’Etat. Autrement dit, procéder à l’uniformisation des salaires. Tandis que pour d’autres qui sont d’avis que le gouvernement ne dispose pas encore des moyens financiers nécessaires pour contenter tout le monde car lié à l’objectif du point d’achèvement de l’initiative PPTE, la moindre des choses serait d’annuler ces deux ordonnances de Mobutu. Tel est  le nœud gordien devant lequel est placé le gouvernement de la République. 

Fidèle Musangu   

 

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