Accrochage entre malfaiteurs et policiers : un mort

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police judiciareLimete, épargné depuis des mois par la criminalité, a renoué mercredi dernier avec les actes de grand banditisme. La pègre est en effet de retour et tient à se signaler dans ce secteur. Elle a choisi la Place commerciale de la 7 ème rue, pour le faire de manière spectaculaire.

Mercredi 2 mars 2016, il est 20 heures. Aux abords de deux bandes qui bordent l’espace vert occupé par des changeurs de monnaie et des vendeurs de cartes prépayées et d’autres friandises et des rafraîchissants, c’est l’ambiance habituelle. Dès qu’un client se signale, les petits commerçants multiplient des sollicitations ou vont vite à sa rencontre. Des taxis et autres bus qui circulent dans un tintamarre qui trahit des ennuis mécaniques de leurs moteurs, y font quelques arrêts, juste pour embarquer ou déposer des passagers. Des terrasses des environs distillent une musique douce de leurs baffles exposées dehors, pendant que des groupes d’hommes et de femmes parlotent en partageant un verre de bière et en grignotant des tranches de cabris grillés.

Vers l’église «  Ministère Amen », quartier résidentiel, une voiture de marque Toyota IST, de couleur blanche, sans plaques d’immatriculation, vient s’immobiliser au bord de la chaussée. A l’intérieur de l’engin, des passagers aux allures suspectes échangent quelques confidences. Ils sortent les uns après les autres et restent collés à côté de leur véhicule dont le chauffeur est toujours accroché à son volant, moteur en marche.

            Soudain, ce sont des tirs de coups de feu qui retentissent, créant aussitôt la panique dans le secteur. C’est la débandade pour les piétons paniquards désemparés. Les vendeurs de rue et autres cambistes encore assis sur leurs chaises en plastique, prêts à détaler à toutes jambes vers des abris sûrs, balayent de leurs regards les alentours pour localiser la provenance de la menace.

En ce moment, les éléments de l’unité d’enquête de la Police provinciale de passage par-là, alertés par ces tirs, ralentissent leur jeep et débarquent en catastrophe. Ils tirent en l’air comme pour signaler leur présence. Alors une fusillade de plus de 25 minutes crépite. Se sentant découverts et menacés, les bandits s’évanouissent dans la nature en abandonnant leur voiture Toyota. Traqués, ils ne seront pas appréhendés.

            Les policiers s’informent peu après sur l’incident. Non seulement ils apprennent que des braqueurs ont surgi à 20 H, pour dépouiller les cambistes de leurs fonds, mais qu’ils ont pris fuite, devant la puissance de feu déployée par les éléments de la police provinciale.

Malheureusement, cet accrochage a fait un mort. En effet, pour couvrir leur débandade, les bandits continuaient à tirer en désordre au point qu’une balle perdue a blessé mortellement un piéton.

Cette victime a été identifiée sur place. Il s’agit de M. Nzuzi Mata Dayida, il habitait sur avenue Météo n°4, dans la commune de Kinshasa. Les témoins signalent qu’après cette tentative de braquage manqué sur la 7 ème rue Limete, le corps de cet homme a été acheminé à la morgue de la clinique Bondeko située à près de 500 mètres de là.

Le lendemain, le Groupement de recherche et investigations a ouvert une enquête, afin de prélever tout indice pouvant faciliter l’identification de cette bande des malfaiteurs. Dans la panique générale qui a éclaté pendant cet accrochage, tout le monde cherchait à se mettre à l’abri. Rares sont les témoignages sur les profils de ces bandits. Mais avec leur longue expérience, les limiers savent certainement les modus operandi des brigands et les lieux privilégiés de leurs attaques.

            On ne sait cependant pas si un ou quelques malfrats ont été blessés par balles. Une chose est certaine. Faute d’avoir réussi leur coup, ces inciviques vont s’en prendre à d’autres cibles. Peut-être dans d’autres communes en recourant aux mêmes méthodes. C’est-à-dire, ils viennent à bord d’un véhicule banalisé. Après s’être rassuré que le moment est propice à l’attaque, ils passent à l’action en tirant de nombreux coups de feu en l’air. Juste pour semer la panique. Dès que les cambistes vident les lieux, les bandits vont alors ramasser les butins abandonnés.

            Les investigations continuent !

                                                                                                         J.R.T.