Accord Politique MP – Opposition : élections en avril 2018

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dialogueAprès un mois et demi de tractations, émaillées de suspensions intempestives des travaux pour trouver un compris politique, le dialogue politique organisé sous la facilitation de l’ancien premier ministre togolais Edem Kodjo, pourrait connaître son épilogue ce mardi 18 octobre 2016 à la Cité de l’Union Africaine.
On apprend qu’à l’issue d’une mini-plénière tenue le samedi 15 octobre à Pullman Hôtel, sous la direction d’Edem Kodjo, la Majorité présidentielle ainsi que les franges de l’opposition et de la société civile présentes à ce forum ont réussi à vider l’ensemble de divergences qui les empêchaient de signer l’Accord politique devant sanctionner leur deal politique.
 
On laisse entendre que ledit accord pourrait être entériné lors de la plénière de ce lundi 17 octobre 2016, avant la clôture solennelle du dialogue qui devrait intervenir ce mardi 18 octobre 2016 à la Cité de l’Union Africaine.
          D’après les deux co-modérateurs de ce dialogue, à savoir Thambwe Mwamba et Vital Kamerhe, tous les différends ont été aplanis et plus rien ne s’oppose à la signature de l’Accord politique.
          Vital Kamerhe a soutenu que la Constitution sera respectée, y compris en ce qui concerne le sort du président de la République, qui est à son deuxième et dernier mandat. « Nous avons trouvé un consensus sur la gestion de la transition pendant la période intérimaire et bien attendu sur la composition du comité de suivi», a déclaré le président de l’UNC, avant de souligner que ce comité de suivi sera chargé de surveiller l’application de l’accord qui ne doit pas rester lettre morte.
          Selon les fuites parvenues aux médias, cet accord préconise l’organisation d’une transition au-delà du 19 décembre 2016, fin constitutionnelle du deuxième et dernier mandat du président Kabila.
          Ce texte, qui sera soumis demain lundi à l’appréciation des 300 délégués au dialogue, prévoit l’organisation des élections couplées présidentielle, législatives nationales et provinciales à la fin du mois d’avril 2018, le maintien du président Kabila en fonctions jusqu’à l’investiture du futur président élu, et l’octroi du poste de Premier ministre à l’opposition.
 
Faits troublants
 
          Plusieurs faits troublants sont constatés dans le feuilleton du deal politique entre la Majorité présidentielle, l’Opposition et la Société civile présentes au dialogue. Il y a de prime abord le discours mensonger des architectes de cet Accord politique qui font croire qu’il n’y a pas violation de la Constitution alors que tout le monde le constate à travers la mise en place d’une « période intérimaire » ou « transition », la direction du gouvernement par un Premier ministre de l’Opposition, le renvoi des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales en avril 2018…       
L’autre fait troublant est la saisine de la Cour Constitutionnelle par la CENI, une fois de plus, pour solliciter le report des élections, c’est-à-dire le feu vert pour violer la Constitution, alors qu’elle en a pas qualité et que les membres de cette haute cour n’ont pas reçu mandat de cautionner le non respect de la loi fondamentale.
          Le souverain primaire est également troublé de noter que les membres du futur gouvernement de transition sont autorisés à se présenter comme candidats aux élections. Cela donne à penser que les futurs gestionnaires de la « transition » sont plus mus par la jouissance que la recherche d’une solution durable à la crise de légitimité au sommet de l’Etat. Les observateurs constatent qu’à l’image de feux Faustin Birindwa, Bernardin Mungul Diaka et Jean de Dieu Nguz, le Premier ministre de l’Opposition à sortir sur pied de l’Accord politique de la Cité de l’Union Africaine, au lieu d’apaiser les esprits, va les surchauffer davantage. Car pendant que les « dignitaires de la période intérimaire » vont s’activer pour se constituer des fonds de campagne, la « majorité silencieuse », elle, va continuer à broyer du noir, avec toutes les conséquences que peut générer cette bombe à retardement dans les semaines et mois à venir.
ERIC WEMBA