Accord politique : le MLC d’accord !

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Les membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et ceux du Front pour le respect de la constitution, après leur entretien jeudi 5 janvier 2017 au siège du MLC à Kinshasa. Ph. Radio Okapi/Jacques Yves Molima.
Les membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et ceux du Front pour le respect de la constitution, après leur entretien jeudi 5 janvier 2017 au siège du MLC à Kinshasa. Ph. Radio Okapi/Jacques Yves Molima.
Les membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et ceux du Front pour le respect de la constitution, après leur entretien jeudi 5 janvier 2017 au siège du MLC à Kinshasa. Ph. Radio Okapi/Jacques Yves Molima.

Le « Front pour le respect de la Constitution », dont le leadership est tenu par le MLC (Mouvement de Libération du Congo), n’a pas signé, le 31 décembre 2016, l’Accord politique global et inclusif ayant sanctionné la fin des négociations directes entre les signataires et non signataires du compromis politique de la Cité de l’Union Africaine. Comme si elle n’attendait que cela, la Majorité Présidentielle s’est saisie de ce couac pour clamer avoir signé ledit document sous réserve, au motif que ce deal politique souffrait également du déficit d’inclusivité, à l’image de celui du Camp Tshatshi.

Contrairement aux pronostics pessimistes insinuant l’émergence d’une nouvelle situation d’impasse, tel ne sera pas le cas. Hier jeudi 05 janvier 2017, le Bureau de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo), s’est présenté au siège du MLC, qui est aussi celui du « Front pour le respect de la Constitution ». Il a échangé avec Eve Bazaiba, Secrétaire générale du MLC et Coordonnatrice de la plate-fome susindiquée, qui a pris l’engagement solennel de signer incessamment l’accord politique qui ouvre, pour la République Démocratique du Congo, pour de franches perspectives de tenue effective d’élections présidentielle, législatives nationales et provinciales démocratiques, transparentes et apaisées.
L’acte que se proposent de poser le MLC et ses alliés est d’autant capital qu’il a déjà  rencontré l’adhésion unanime des masses congolaises en interne, et reçu la caution de la Communauté Internationale et Africaine, à travers des messages appuyés de satisfaction du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de l’Union Africaine, des gouvernements des Etats-Unis d’Amérique, de la France, de la Belgique, etc,
A ce stade, le problème d’inclusivité de l’Accord politique du Centre Interdiocésain ne devrait même pas se poser, car les principales plates-formes politiques du pays, à savoir la Majorité Présidentielle et le Rassemblement, y avaient déjà adhéré. Les sautes d’humeur du MLC et ses alliés ont surpris plus d’une personne. Car, en fait de Front du respect de la Constitution, on a affaire à des partis sans assise sociologique solide, à commencer par celui de Jean-Pierre, fortement fragilisé par les défections en cascade de ses cadres de première heure (Olivier Kamitatu, Alexis Thambwe Mwamba, François Mwamba, Thomas Luhaka, Delly Sessanga, Jean-Lucien Busa, Alex Kande).
            Une telle saignée a sérieusement secoué le petit carré de combattants encore fidèles au Chairman, qui ressemblent aujourd’hui à de brebis abandonnées par leur pasteur. Et les condamnations successives de Jean-Pierre Bemba au niveau de la Cour Pénale Internationale ne sont pas pour recréer l’unité d’action et la capacité de mobilisation perdues. On peut relever, à ce propos, que pendant les temps forts des actions de rue contre le pouvoir en place, sous l’égide du Rassemblement, notamment les 19 et 20 septembre 2016 pour protester contre la non convocation du corps électoral en prévision de l’élection présidentielle, les 19 octobre et 19 novembre pour l’octroi des « cartons jaunes » en guise de préavis au Chef de l’Etat en fonction ainsi que le 19 décembre pour le « carton rouge », synonyme de la fin de son second et dernier mandat, le MLC et ses alliés s’étaient tenus totalement à l’écart.
            Dès lors, les observateurs étaient étonnés de voir un parti qui ne pèse plus sur l’échiquier politique national faire monter les enchères d’abord pour sa participation au mini-dialogue du Centre Interdiocésain, ensuite pour  la signature de l’accord politique qui devrait lui permettre de survivre à la crise de leadership qui le frappe de plein fouet.
            Il est à espérer que le Front pour le respect de la Constitution va prendre la mesure du risque de rester au bord de la route et de s’auto-effacer de la scène politique nationale où les vrais ténors de la « Cour des grands » sont connus. Les « troupes » de Jean-Pierre Bemba ont intérêt à ne pas se tromper de combat, comme cela leur est déjà arrivé avec la participation de leurs délégués aux Concertations Nationales et au Dialogue non inclusif de la Cité de l’Union Africaine, sous des étiquettes controversées.
Kimp