Accidents de circulation à Kinshasa : les techniciens formels : les chauffards fautifs

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images (7)Les routes de Kinshasa tuent plus que certaines maladies. Au vu de nombreux accidents enregistrés chaque jour sur nos routes, on a la nette impression, statistiques à l’appui, que les accidents de circulation routière causent plus de pertes en vies humaines et des dégâts matériels que certaines maladies  jadis éradiquées et en résurgence dans nos territoires. Bien que des images insoutenables des victimes défigurées et méconnaissables extraites des ferailles, balancées sur certaines chaînes de télévision, fassent frémir les cœurs sensibles, la banalisation de ces accidents tend à se généraliser au fil des mois et des années. Pourtant, chaque jour, les morts ne se comptent plus, et les salles d’urgence sont assiégées par de nombreux blessés graves qu’il faut vite sauver.

 A en croire un responsable de la Police de circulation routière, plusieurs facteurs sont à la base des accidents sur nos routes. Le premier est le facteur humain. Il s’agit des conducteurs et des piétons. Ce sont eux qui le plus souvent, sont à la base de nombreux accidents. Il relève à cet effet, que la plupart des conducteurs des bus et mini-bus commis au transport en commun, n’ont pas suivi une formation adéquate dans des auto-écoles. Et les permis de conduire en leur possession ont été obtenus de la manière que l’on sait, sans avoir subi un examen médical préalable, ni passé les tests oraux et pratiques d’usage. Ce technicien relève par ailleurs que pour cette catégorie des véhicules,  les conducteurs s’enivrent de drogue ou d’alcool frelaté avant de débuter le service. Ils font de l’excès de vitesse, de mauvais dépassement.

On se rappellera qu’une autorité urbaine excédée, par la recrudescence des cas d’accidents à Kinshasa, en 2011 et 2012, avait même préconisé d’interdire la circulation des bus Mercedes type 207. Ce n’était pas en réalité la marque, ni le type de véhicules qui étaient à la base des accidents, mais bien les chauffeurs.

Aujourd’hui, avec l’introduction des taxis-motos dans notre système de transport urbain, l’on constate que les motocyclistes font pire que les conducteurs « toxicomanes » des véhicules. En effet, ces cascadeurs qui exécutent des acrobaties sur leurs «deux roues», avec deux ou trois passagers sur leur engin, tous dépourvus de casques de protection et de lunettes, aiment se disputer le passage avec de gros véhicules, provoquant ainsi des accidents que l’on pouvait éviter, mettant aussi en danger la vie de leurs clients et la leur.

         A la suite de l’ignorance des règles élémentaires du code de la route, les piétons réclament plus de droits que les autres usagers sur les routes, sans tenir compte des risques qu’ils courent face à l’intensité du trafic. Ils brûlent impunément les feux rouges, parce qu’ils estiment qu’ils sont plus pressés que les autres usagers de routes. D’où de nombreux accidents. Faut-il alors instaurer un permis de conduire pour les piétons ? Le technicien de la PCR pense qu’il faut apprendre à tout le monde le code de la route, hommes comme femmes, et c’est dès le bas âge. Ce qui réduirait sensiblement le nombre d’accidents.

         A Kinshasa, l’on croyait que c’est l’exigüité des chaussées qui était à la base des accidents. Mais force est de reconnaître que sur les boulevards à huit bandes, il y a plus de collisions de véhicules. Et le responsable de la PCR de relever que le deuxième facteur d’accidents est l’état mécanique des véhicules. Sur nos routes, les véhicules sont pour la plupart défectueux, mal ou non entretenus, avec des freins qui lâchent. C’est pourquoi depuis des décennies, l’on exige que les véhicules en circulation puissent détenir un certificat de contrôle technique établi par un expert agréé par le ministère des Transports et Voies de communications. D’autres techniciens sont unanimes pour reconnaître qu’il faut une certaine discipline dans le chef des conducteurs, et une certaine rigueur dans la délivrance des permis de conduire. Dans un pays où règne l’autorité de l’Etat, on ne peut pas tolérer que des véhicules affectés au transport en commun des personnes, soient laissés entre des mains inexpertes, inconscientes et irresponsables.                  J.R.T.

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