Abolition de la peine de mort : le député Mbata « coulé » en 2ème session !

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Le miracle ne s’est pas réalisé pour André Mbata Mangu, auteur de la proposition de loi portant abolition de la peine de mort !

Malgré son opiniâtreté à forger la route dans les rochers, alors que la tendance dans la salle s’affichait clairement pour le rejet, l’élu de Dimbelenge n’a pas pu obtenir gain de cause.

Ses collègues sont restés imperturbables dans leur position, celle de ne pas donner la prime à l’industrie du crime en République démocratique du Congo. 

            C’est ainsi qu’ils l’ont « sanctionné » très proprement en rejetant presqu’à l’unanimité sa loi qu’ils ont jugée inappropriée dans le contexte actuel du pays, sinon impropre à la consommation des Congolais. Ces derniers vivent déjà dans l’insécurité grandissante, dont bon nombre gardent encore frais dans la mémoire tous les mauvais souvenirs du retrait de leur affection des proche-familiers à cause de la barbarie humaine.

            C’est pourquoi, pour la Représentation nationale, voter une telle loi équivaudrait à consacrer l’industrie du crime tout en faisant une passe en or à ses sociétaires.

            Ce qui fait qu’en dépit de la rhétorique et l’argumentation développées dans le but de faire fléchir la position de ses collègues, l’auteur de la loi s’est retrouvé au finish presqu’isolé dans sa démarche. Hormis le petit geste de solidarité lui manifester par ses intimes dont le nombre n’a pas franchi la barre de dix députés.

            La quasi-totalité des députés présents à la plénière, toutes tendances confondues, ont déclaré la proposition de loi portant abolition de la peine de mort irrecevable. 

Les prolongations n’ont rien donné ! 

            Il est parfois des choses dans la vie où le temps ne joue jamais en faveur. Si André Mbata l’avait compris à temps, on n’en serait pas arrivé là !       

C’est-à-dire que la tendance était claire, très claire. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les Congolais ne sont pas prêts à adhérer à telle démarche que la plupart d’entre eux croient être instrumentalisée de l’extérieur pour des objectifs obscurs.

            L’opposition ou mieux l’hostilité de la salle face à cette loi sur l’abolition de la peine de mort, s’était déjà manifestée lors de l’examen de la proposition de loi portant mise en œuvre du Statut de la Cour pénale internationale (CPI). Une démarche conjointe de deux députés, à savoir : le professeur Nyabirungu et l’honorable Mutumbe.

En marge de l’examen de la loi de mise en œuvre du Statut de la Cpi, l’honorable Mbata avait tenté de rappeler au bureau présidé par le 1er vice-président Me Boris Mbuku sa proposition de loi. Un petit débat était engagé à ce sujet, la colère des députés ne s’était pas fait attendre.

            Malgré ce signal négatif, l’auteur ne s’est pas résigné dans les sens de jeter l’éponge. Il est plutôt resté de marbre jusqu’à ce son initiative sera inscrite à l’ordre du jour de la plénière du jeudi 18 novembre 2010.

            C’est ici que les choses s’étaient davantage empirées. Contrairement aux habitudes, les députés ont voulu écourter la procédure en refusant de débattre de la loi de leur collègue, préférant passer directement au vote de recevabilité pour la rejeter, parce que la trouvant inappropriée au contexte congolais, vu la situation sur le terrain où on déplore des morts au quotidien à cause de l’insécurité dont les auteurs n’ont jamais été inquiétés.

            Il fallait les interventions des députés Faustin Kambala et Christophe Lutundula, suivies des explications du président du bureau, Evariste Boshab, pour que la plénière accepte enfin et à contre-coeur d’ouvrir le débat.

            La plupart des intervenants ont milité pour le rejet pur et simple de la proposition de leur collègue.

            Certains ont démontré qu’ils  sont farouchement opposés à la tendance à vouloir faire du pays un champ d’expérimentation de toutes les mauvaises théories du monde.

            Exemples à l’appui, un député a démontré que tous les grands Etats peuplés du monde n’ont pas jusqu’ici ratifié cette convention, en l’occurrence la Chine, l’Inde, l’Indonésie, les Etats-Unis, etc. Et de s’interroger : avec quelque 300 ans d’expérience de la démocratie, les USA qui maintiennent la peine de mort sont-ils un pays moins démocratique par rapport à ceux qui ont opté pour l’abolition de la peine de mort ?

            Plusieurs cas de figure ont été alignés pour démontrer les inconvénients de l’institution de la suppression de la peine de mort dans un pays en état de fragilité comme la Rdc.

Au lieu de se résigner en retirant sa loi vu le traitement que la plénière lui réservait, le professeur Mbata s’est entêté, croyant peut-être que le miracle allait s’opérer. Hélas, il n’a pas été au rendez-vous hier !

L’homme a tout simplement récolté le fruit de sa témérité apparemment aveugle.

            Il faut rappeler que la loi Mbata est la deuxième à être rejetée par la plénière pendant cette session de septembre en cours.

            La première était celle d’un autre professeur d’université, en l’occurrence Tshibangu Kalala sur le Code des étrangers en RDC.

Dom

 

 

 

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