Abbé Richard :«Ne cessez jamais de réclamer le corps du chauffeur de Chebeya»

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Le 40ème jour après l’assassinat du défenseur de Droits de l’Homme, Floribert Chebeya Bahizire et la disparition de son chauffeur Fidèle Bazana Edadi – tous deux de l’Ong la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (V.S.V.) – a été marqué hier 12 juillet 2010 dans la capitale par la célébration d’une messe de requiem en l’Eglise du Sacré-Cœur, dans la commune de la Gombe. Plusieurs personnalités, tant du niveau national que provincial ont pris part à cette office. On a particulièrement remarqué la présence de la veuve et de quatre orphelins de Feu Chebeya, du ministre de la Justice et Droits humains Janvier Luzolo Bambi Lessa qui tient a accompagner le mouvement de Droits de l’Homme dans ce terrible épreuve et de plusieurs responsables des Ongs de défense de Droits de l’Homme.

  

          L’officiant du jour, l’Abbé Richard, avait choisi le texte biblique des Béatitudes où le Seigneur Jésus-Christ montre que Dieu a toujours été du côté des plus faibles : « Heureux les pauvres en esprit ; heureux les artisans de paix et heureux ceux qui sont persécutés pour la justice » et d’ajouter : « heureux F. Chebeya à qui des assassins ont arraché la vie à cause de son engagement pour la justice et les droits de l’homme ; qu’il s’endorme dans le Seigneur, car, comme le dit la Bible, ses actes le suivent ». La seule chose que le Seigneur Jésus demandera à la fin des temps, souligne-t-il encore, ce sont les actes de justice et de charité. Et Chebeya s’y est conformé : la défense des Droits de l’Homme ; le secours au prisonniers, aux affamés, aux martyrisés, aux malades sont un trésor inestimable aux yeux du Très Haut.

          Pour l’Abbé Richard, les assassins qui ont cherché à faire taire Chebeya à jamais ont échoué, car Chebeya mort est plus redoutable que vivant. Il a exhorté tous les défenseurs de Droits de l’Homme à ne jamais baisser les bras devant cette culture de la mort et la peur que les assassins veulent imposer dans notre pays. Il leur a rappelé que le meilleur socle de la tyrannie est la peur. 

Le curé-doyen de Saint Pierre insiste sur la solidarité pour le règne de la justice

            Et à ce sujet, l’Abbé Richard a demandé à l’assistance de ne JAMAIS cesser de réclamer le corps de Fidèle Bazana Edadi, chauffeur de Chebeya, tué parce qu’il était un témoin gênant. Mais, conclut-il, nous tous ici, sommes des témoins gênants et ils peuvent tuer, mais n’arriveront jamais à nous tuer tous. Enfin, il a aussi lancé un appel pour que le gouvernement et tous les activistes de droits de l’homme travaillent pour protéger la veuve et les orphelins, car, dans les interrogatoires, si les assassins découvrent que la veuve est au courant des secrets redoutés, ils vont aussi la sacrifier. Enfin, il a terminé en chrétien, en demandant à la famille Chebeya d’accorder son pardon aux assassins, car le pardon non seulement libère mais va de pair avec la justice et l’équité.  C’est ainsi qu’il a demandé que les tueurs soient retrouvés et jugés. Dans les intentions de la messe, les orphelins de Chebeya ont sollicité à Dieu d’accueillir leur Père qui vient de les quitter, auprès de lui et d’éradiquer la culture de la violence dans notre pays.

          A la fin de la messe, le curé-doyen du doyenné Saint Pierre est revenu à la charge pour insister sur la solidarité de toutes les bonnes volontés dans cette lutte contre la culture de la mort. Il a demandé aux Congolais de ne jamais l’accepter et de rester solidaire dans cette lutte.  Fernandez de Renadhoc a prononcé le mot au nom de la famille biologique. Il a rappelé la nécessité pour le gouvernement de la Rdc d’accepter une enquête indépendante et internationale pour une meilleure manifestation de la vérité,  d’indemniser les familles biologique et professionnelle et de ne pas considérer les activistes de Droits de l’Homme comme des adversaires ou des opposants. Abordé par Le Phare, il a rappelé le mémo de Renadhoc à Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’Onu pour une enquête indépendante et internationale. Par ailleurs les remerciements de la VSV à tous les participants ont été présentés par Dolly Ebefo Mbunga, directeur exécutif intérimaire de la VSV. Me Marie-André Muila Kayembe, secrétaire exécutif national de Toges Noires et de Renosec a aussi étayé cette culture de la mort en évoquant devant la presse l’assassinat de Pascal Kabungulu et des   journalistes Franck Ngyke et Bapua Muamba dont les dossiers n’ont pas évolué et la disparition sans suite d’Isabelle Kimwese Pini, chargé des enquêtes nationales à Toges Noires. La liste est longue, conclut-il, et il a exhorté tous ses collègues défenseurs de droits de l’homme à se mobiliser contre l’impunité, car l’assassinat de Chebeya doit servir à décourager toutes les autorités qui veulent régner par la terreur. 

SAKAZ

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