Abandonnées par leurs « maris » brazzavillois, des jeunes mères avec enfants en détresse à Maluku

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Je suis partie de Kinshasa depuis 2002. J’ai eu un mari congolais de Brazzaville qui m’a donné trois enfants. Avec cette vague d’expulsion, il est resté dans son pays, m’ayant abandonnée avec les enfants. Je suis rentrée les mains vides, sans même un sceau, ni une marmite, encore moins des habits, pour mes enfants et moi, à telle enseigne que nous passons la nuit couchés sur un vulgaire pagne », s’est exprimée Niclette A.M., abordée mercredi 21 mai 2014 par caritasdev.cd

Orpheline avec parenté perdue à Kinshasa

            Fille d’un militaire, Niclette est née en 1989 au camp Tshatshi à Kinshasa. Après la mort de son père en 2002 au Nord-Kivu, elle est restée avec sa mère. La veuve sera finalement priée de quitter ce camp. La traversée du fleuve Congo pour Brazzaville s’est alors révélée une solution de survie pour elle et sa mère. Mais, dans l’entre-temps, sa mère va mourir à Brazzaville. C’est dans ce contexte que Niclette a contracté un « mariage » d’union libre avec un Brazzavillois.

            Aujourd’hui expulsée et vivant dans un site aménagé sommairement par les autorités à 80 km de Kinshasa, Niclette cherche les moyens pour survivre avec ses trois enfants. « Je ne peux plus rentrer au camp. Une tante à moi vivait à Nsele. Elle est rentrée depuis plusieurs années au village où je n’ai aucun repère », a-t-elle souligné.

            Les enfants de Niclette sont respectivement âgés de 10 ans, 3 ans et 7 mois. Invitée à parler de son « mari », la jeune dame est triste : «C’était un mariage très difficile et émaillé de brimades, de coups et blessures. Juste pour avoir un logement ». Au moment de l’expulsion, le « mari » lui a dit simplement de rentrer à Kinshasa. Sans emploi, le Brazzavillois vivait encore chez ses parents.

            Le souhait de Niclette est que des gens de bonne volonté l’aident « à quitter cet endroit où mes enfants tombent sans cesse malade, particulièrement de la toux ». Son rêve est d’avoir un petit fonds de commerce ou une autre activité génératrice des revenus et une possibilité de louer une petite maison. En attendant, elle vit de petites rations alimentaires offertes par différents acteurs humanitaires au site de Maluku, sans possibilités de s’acheter du charbon de bois.

            Grâce à la solidarité d’un Congolais de bonne volonté, cette dame et ses trois enfants ont depuis mardi une mousse pour passer la nuit avec une certaine dignité. Mais, les autres besoins de la jeune expulsée ne sont pas  encore satisfaits.

L’oncle parti aux Etats-Unies, plus d’attache à Kinshasa

            Jeannette Mbili, une autre Congolaise, âgée de 20 ans, est rentrée de Brazzaville avec deux enfants. Elles occupent un mètre-carré au « Village » Kimbanseke du site des expulsés de Maluku. L’aîné a 2 ans, le second 1 mois. La police de Brazzaville l’avait prise manu militari, sans lui laisser la possibilité de prendre un quelconque bien. « Informé, mon mari, un Brazzavillois, a voulu que je lui laisse nos enfants. Face à mon refus, il m’a laissé partir sans argent », a déploré Jeannette.

 

Sans adresse de sa famille à Kisangani

            «Je me retrouve avec un bébé de 7 mois n’ayant qu’un seul lange. Je dois vendre une petite quantité de riz ou de pains reçus pour lui acheter de la bouillie ’Bledina’ », a-t-elle poursuivi.

            Jeannette Mbili est née à Kisangani, dans la Province Orientale. « Mes parents y sont morts, alors que j’avais 5 ans. Je suis arrivée à Kinshasa où je vivais chez un oncle paternel, parti depuis longtemps aux Etats-Unis avec sa famille », a indiqué Jeannette. « Mon souhait est que le Gouvernement à Kinshasa ou des hommes de bonne volonté me trouvent un petit rien pour louer un studio et démarrer un petit commerce pour élever mes enfants», a-t–elle conclu, l’air très triste.

            Mercredi, elle a bénéficié d’un lot de langes et de quelques boîtes de «Bledina», achetés grâce aux fonds restants de 300 dollars US offerts par Jean-Claude M., un compatriote de bonne volonté, pour aider, via un agent de Caritas Congo Asbl, quelques expulsés les plus vulnérables.

            Il est déplorable de savoir que des cas pareils des femmes et enfants abandonnés par leurs «conjoints» et pères du Congo/Brazzaville sont légion ! Que disent les instruments juridiques internationaux en la matière ?

Guy-Marin Kamandji

(CP)

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