A quand la fin de l’assistance

0
30

Depuis près de vingt ans maintenant, on ne compte plus les nombres des Organisations non gouvernementales tant nationales qu’internationales qui sollicitent auprès du gouvernement le droit d’œuvrer sur le sol congolais dans un domaine de la vie nationale.

Pire, après le génocide rwandais de 1994 et tout les malheurs que cet événement a entrainé dans la sous-région d’ Afrique centrale, la République démocratique Congo donne depuis l’image d’un pays éternellement assisté, surtout dans sa partie orientale où des hommes et femmes se sont engagés « volontairement » à apporter leur secours. Certains par humanisme et altruisme, d’autres dans un élan d’opportunisme ou par affairisme : tous clament tout haut leur credo fondé sur la détermination de soulager tant soit peu la misère d’un peuple aux abois et abandonné à son triste sort.

Le grand Kivu, mais également la Province Orientale aujourd’hui, sont devenus le terrain par excellence où on trouve une floraison d’ONG de toutes sortes travaillant officiellement pour alléger les souffrances des populations qui vivent la peur au ventre sous la menace d’une multitude des forces négatives parmi lesquelles les Fdlr, Interharmwe rwandais, Lra, les Mbororo, les Mai Mai etc.

Conséquence, qu’il s’agisse d’une catastrophe naturelle de quelque nature que ce soit, d’une maladie épidémique, voire de la construction d’une salle de classe dans un coin du pays ou d’une salle d’accouchement, et même d’une campagne de protection de l’environnement ou de l’assainissement d’une ville par la construction de caniveaux, les yeux de la population sont tout de suite tournés vers ces Ong ou vers l’Union européenne et d’autres partenaires du développement, notamment les institutions de Bretton Woods, que d’aucuns n’hésitent à accuser comme étant les responsables du sous-développement.

Ces institutions se présentent ainsi aux yeux de la population comme un «Père noël» qu’on attend pour trouver solution à ses problèmes. Se substituant parfois à l’Etat qui se laisse damer les pions par de structures d’appoint qui vont jusqu’à exercer les pouvoirs reconnus à l’Etat. Il s’agit, entre autres, de la protection des biens et des personnes, de la création du bien être pour tous, de la répartition équitable des richesses nationales, etc.
Faute de jouir de ces bienfaits la population se sent délaissée et adopte une attitude qui confirme, si besoin en était, que l’état d’infantilisation dans lequel elle vit est congénital et rien à espérer pour que le pays se redresse un jour.

Aujourd’hui, il appert que les Ong substituées à l’Etat qui reste passif. Dès lors, pourquoi se perd-on à fournir des explications à la population à chaque fois qu’une Ong qui semble maitriser la situation mieux que l’Etat publie un rapport accablant sur la situation du pays?
Voici pourquoi une certaine opinion pense que le processus électoral en cours est une occasion toute faite pour les candidats à la magistrature suprême de faire des propositions claires et d’établir des programmes cohérents, rationnels et capables de sortir le pays de cette situation d’assistance éternelle et ne pas faire du saupoudrage. Il est vraiment grand temps que ce grand pays au cœur de l’Afrique joue véritablement son rôle de locomotive de la Sous-région sur l’échiquier international. Malheureusement, tant que l’Etat ne s’assumera pas, la Rd Congo sera toujours à la merci de l’aide extérieure.

A.Vungbo

LEAVE A REPLY

*