A cause de l’amateurisme : Sonas, le syndicat RAS paie les pots cassés

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Triste fin de janvier pour un syndicat. « Renouveau de l’action syndicale », RAS en sigle, est interdit d’exercer en cette qualité jusqu’à nouvel ordre.
Telle est la sentence qui frappe ce syndicat opérant au sein de la Société nationale d’assurances (Sonas). L’arrêté de suspension provisoire porte la signature du ministre de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, Simon Bulupiy Galati. ll y est précisé, à l’article 3, que la décision porte effet à compter de la date de sa signature, soit le 28 janvier 2012.
Et, pour que nul n’en prétexte ignorance, la secrétaire générale à l’Emploi et au Travail ainsi que l’inspecteur général du Travail « sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté ».

La mesure accorde cependant une ouverture à un éventuel recours. C’est ainsi que l’article 2 charge l’inspecteur général du Travail de «mener une enquête sur le syndicat RAS» et d’en faire rapport à la hiérarchie.
Conséquence logique de cette suspension : le staff dirigeant du RAS est « provisoirement » mis hors touche. ll paie ainsi, à en croire le préambule de l’arrêté de suspension, le prix des turpitudes de son secrétaire général, le nommé Jean Musa Mwilima.

Très officiellement, il est reproché au RAS un double grief. D’un côté, il s’est « écarté de ses objectifs statutaires consistant en la défense et la promotion des intérêts professionnels de ses membres». De l’autre – et c’est en cela la fâcheuse retombée – il s’est mis en devoir de perturber le climat social et l’ordre public à la Société nationale d’assurances».
L’intervention de la haute hiérarchie politique, en l’occurrence le Ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, dans le rétablissement de la cohésion à la Sonas est bien saluée au sein de l’entreprise.

En effet, le ci-devant secrétaire général du syndicat, décrit comme un récidiviste hors pair, s’est plus d’une fois illustré dans des manoeuvres de déstabilisation de la haute direction de la Sonas. Le 06 janvier dernier, par exemple, il a épistolairement menacé de mettre du feu à la maison.
En dit long un extrait de sa longue correspondance dont copie a été réservée aux plus hautes instances du pays. ll invite les autorités concernées par « la paix et le social des travailleurs »  à « s’impliquer réellement en 2012, contrairement à leur silence équivoque de 2011 ». Il insiste sur ce fait pour, écrit-il, « éviter que le conflit collectif du travail déclaré par le RAS ne passe de la froideur actuelle à la chaleur dès ce début d’année ».

SMS anonymes

 L’année passée, le même secrétaire général a fait individuellement l’objet de deux plaintes portées à sa charge devant le Procureur général de la République. Son employeur, par la voix de ses avocats conseils, se plaignait alors contre « l’altération de la vérité sur l’affirmation selon laquelle les travailleurs de Io Sonos auraient accumulé des arriérés de salaires de 15 mois ». Accusation démentie par les faits car, en réalité,  «les arriérés ne concernaient que deux mois, juillet et août ».

Très grave, le sieur Musa, selon les avocats de la société, a mis sur internet un document distribuant les coordonnées téléphoniques personnelles de l’Administrateur délégué général ad intérim de la Sonas. Son objectif a presque été atteint. Car, depuis, des SMS anonymes ne cessent de polluer le téléphone de Mme Carole Agito Amela avec des propos injurieux.
Quel observateur de bonne foi hésiterait de jeter des fleurs à I’ADG intérimaire, dès lors que, depuis sa prise de fonctions, elle a apporté des avancées spectaculaires dans la gestion quotidienne de l’entreprise ? Pour être concret, il n’y a qu’à voir la régularité de l’Opération Jeudi-sinistre et la satisfaction des clients. Quant aux employés, producteurs et premiers bénéficiaires, ils sont mieux soignés aujourd’hui plus qu’hier. Le dialogue est bien maintenu avec la haute direction.

Pour revenir au SG du RAS, tous ses faits et gestes, loin de refléter un loyal combat syndical, sont de nature à porter atteinte à la dignité et à l’intégrité du numéro 1 de l’assureur public. L’auteur de ces méchancetés, sous couvert du syndicat, a sans doute dérapé de l’objectif syndical.
C’est contre tous ces dérapages professionnels que l’autorité politique a réagi. Le temps d’une  « enquête » commandée par le ministre de l’Emploi contraindra, à l’avenir, le syndicat RAS à garder la raison chaque fois qu’il aura à engager un combat syndical. Cette fois-là sans arrière-pensée. Sans accepter d’être manipulé. Et c’est à son avantage de retenir une leçon : l’impunité ne passe pas indéfiniment.

Le Défi du XXIème : Communication Officiel

Arrêté ministériel n°003/Cab/min/ETPS/BGS/NAJ/PKG/2012  du 28 janvier 2012 portant suspension provisoire des activités d’un syndicat

Le Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance ;
Vu la Constitution du 18 février 2011, telle que modifiée par la Loi n°11/002 du 20 janvier 2011;
Vu la Loi n’ 15/2002 du 16 octobre 2002 portant Code du Travail ;
Vu I’Ordonnance n°08/73 du 24 décembre 2008 portant organisation et fonctionnement du Gouvernement, modalités pratiques de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement ainsi que les Membres du Gouvernement;
Vu l’Ordonnance n° 08/074 du24 décembre 2008 fixant les Attributions des Ministères;
Vu l’Ordonnance n°011/063 du 11 septembre 2011 portant nomination des Vice-Premiers Ministres, Ministres et Vice-Ministres ;
Vu l’Arrêté Ministériel n°12/CAB/MIN/EPTS/NIL/RN/108/2008 du 20  septembre 2008 portant enregistrement du Syndicat Renouveau de l’Action Syndicale, « RAS » en sigle ;

Considérant que le Syndicat RAS s’écarte de ses objectifs statutaires consistant à la défense et à la promotion des intérêts professionnels de ses membres, perturbant ainsi le climat social et l’ordre public à la Société Nationale d’Assurance, «SONAS» en sigle;
Considérant la nécessité et l’urgence ;

ARRETE :
Article 1er : Les activités du Syndicat Renouveau de l’Action Syndicale, « RAS » en sigle sont provisoirement suspendues,
Article 2: L’lnspecteur Général du Travail est chargé de mener une enquête sur le Syndicat « RAS ».

Article 3: La Secrétaire Générale à l’Emploi et au Travail, ainsi que l’lnspecteur Général du Travail sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent Arrêté, qui entre en vigueur à la date de sa signature.

Fait à Kinshasa, le 28 JAN 2012
BULUPIY GALATI Simon

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