A cause de la surcharge : une pilote de Kenya Airways retarde son vol de 2 heures

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 Une  pilote du Boeing 737-700, immatriculé 5K-KQF, de la compagnie Kenya Airways, a dû retarder son vol de plus de deux heures à cause de la surcharge, le dimanche 23 janvier 2011, à l’aéroport international Jomo Kenyata de Nairobi. Avec à son bord 152 passagers et près d’une dizaine de membres d’équipage, l’avion de ligne devait ralier nairobi à Dakar, au Sénégal. Le décollage prévu à 6 heures T.U, soit 9 heures à Nairobi, n’a eu lieu qu’à 11 heures locales, la pilote et son équipage ayant refusé catégoriquement de voler avec un avion surchargé.

 

 Les passagers étaient déjà confortablement installés dans leurs sièges lorsque la co-pilote a cherché à savoir, par le « public adress », l’interphone de bord qui permet à l’équipage de fournir des informations aux voyageurs, s’il pouvait y avoir une quinzaine des volontaires disposés à prendre le vol du lendemain. Comme personne ne voulait rester, des discussions se sont engagées dans le cockpit entre les membres de l’équipage d’abord, puis entre ces derniers et la tour de contrôle ensuite, qui avait déjà autorisé l’avion pour sa mise en route et enfin avec les responsables de Kenya Airways.
 Face au refus catégorique de la commandante de bord de prendre les airs, il fallait absolument trouver une solution. C’est finalement 2 heures plus tard qu’un véhicule Jet-A1 de l’aéroport est venu introduire son bec dans le réservoir droit du Boeing 737 pour sucer le carburant afin d’alléger l’avion.       l Des bribes d’informations recueillies auprès des membres d’équipage, il ressort que la pilote s’était certainement rendu compte, après avoir pris place dans le cockpit, que son avion accusait un surpoids. Décoller dans ces conditions allait mettre en péril la vie des passagers. D’où, il s’offrait trois possibilités pour le bon équilibrage et le centrage de l’avion pendant le décollage. On devrait soit procéder au débarquement de certains passagers, soit à celui d’une bonne partie de la cargaison en soute ou, enfin, diminuer une partie du carburant. Comme cet avion avait des réservoirs pleins parce qu’il devait effectuer un vol de plus de dix heures avec une escale à l’aéroport international de Bamako Senou au Mali, c’est la dernière option qui avait paru la bonne bien qu’elle eût des implications financières imprévues.
  C’est donc finalement avec plus de deux heures de retard que le Boeing 737-700 de ce vol s’est engagé sur la piste macadamisée pour son envol en direction de Dakar avec quelques ajoutes sur la check-list : au lieu d’une escale comme initialement prévue, il fallait improviser une deuxième pour le réapprovisionnement en carburant et le choix de l’équipage a échu sur l’aéroport international Cardinal Gantin Cadjedoun de Cotonou, capitale du Benin. Les passagers de ce vol n’ont atterri à l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar qu’à la tombée de la nuit.
 Pour rappel, Kenya Airways est l’une des meilleures compagnies d’aviation en Afrique. Elle compte à ce jour plusieurs dizaines d’aéronefs en très bon état et de nouvelle génération. Sa devise traduit bien la grandeur et la qualité de ses services: « The pride of Africa », c’est-à-dire « la fierté de l’Afrique ». Aussi, Kenya Airways devrait éviter de tomber dans des erreurs aéronautiques et de marketing tendant à la tirer vers le bas et à ternir son image. Le respect du temps est une donne importante en aviation pour l’image de la compagnie et la fidélisation de la clientèle. Les vols Kenya Airways y  pèchent de fois.

LE SURPOIDS, UN DANGER EN AVIATION

 Le comportement de la pilote du B 737-700 du vol du 23 janvier 2011 est appréciable à plus d’un titre. Il rappelle celui d’un pilote américain qui avait accepté de perdre son poste dans une compagnie aérienne brésilienne pour avoir refusé de transgresser les normes de sécurité. En aviation, voler avec un avion en surpoids, c’est aller à l’encontre des normes de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) au devant de la catastrophe. L’on sait que des crashs ayant couté la vie à des milliers des passagers à travers le monde ont parfois été imputé à la surcharge.
 L’aéroport international Cardinal Gantin Cadjedoun de Cotonou, où le Boeing kenyan du 23 janvier 2011 a fait son escale technique pour l’approvisionnement en carburant, en garde un mauvais souvenir. En effet, le 25 décembre 2003, un Boeing 727-200 de la compagnie aérienne privée Union des Transports Africains (UTA), avait crashé dans l’océan Atlantique au décollage de cet aéroport, tuant 130 personnes sur ses 169 passagers et dix membres d’équipage. La cause de cet accident aérien a été imputé à la surcharge, soit dix tonnes de plus que la charge autorisée et les bagages mal arrimés en soute ainsi que plus d’une dizaine de passagers en plus par rapport au nombre des sièges.
 Type Ka en République Démocratique du Congo est devenu un site lugubre, car le 8 janvier 1996, un Antonov 32, immatriculé RA 26222 d’Africanair,  y avait rasé un marché érigé dans le prolongement de l’aéroport national de Ndolo, en pleine activité autour de midi, y fauchant la vie de plusieurs centaines de personnes à cause de la surcharge. La liste des « crashs » dus à la surcharge n’est pas exhaustive, il suffit de revisiter l’histoire de l’aviation civile pour être édifié.

Michel ITABU ISSA (CP)

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