67 cas d’atteintes aux droits des journalistes en 6 mois, selon FFJ

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 images-Journaux___Quelques_quotidiens_Kinois_812886751A l’occasion de la journée nationale de la presse commémorée le 22 juillet de chaque année, Freedom for journalist (FFJ), organisation de défense et de promotion de la liberté des médias, a organisé une matinée d’échange sur la « cohésion nationale et la liberté de la presse en RD Congo », hier lundi 22 juillet 2013 en son siège de Gombe. Ont pris part à cette activité, comme orateurs, Kasonga Tshilunde, secrétaire général de l’Union nationale de la presse du Congo(UNPC) ;  Polydor Muboyayi Mubanga, président de l’Observatoire des médias congolais(Omec) ; et Me Gérard Nkashama, du département Assistance légale à FFJ. Tour à tour, ces conférenciers ont exposé sur l’historique de cette journée, le code de déontologie et d’éthique du journaliste congolais, et enfin, sur l’assistance légale.

            A cet effet, les deux premiers orateurs ont rappelé à l’assistance, composée essentiellement des professionnels des médias, que cette célébration nationale remonte à l’année 1980, à l’issue du 1er Congrès national de la presse tenu à N’Sele où des décisions importantes avaient été prises pour refonder ce secteur de l’information.

            Cependant, Polydor Muboyayi a ajouté que le 2ème Congrès de la presse tenu en 2004 a permis la mise sur pied de l’Omec, la nouvelle Unpc, permettant ainsi la refondation de ce secteur. Aujourd’hui parmi les dangers qui menacent ce secteur, outre l’environnement économique vicié, il a cité la formation. D’abord au niveau fondamental, puis la formation proprement dite des journalistes car les « jeunes ne savent pas écrire…»

            Quant à l’avocat, il a expliqué que FFJ accompagne, en amont ou en aval, des journalistes en difficulté devant les parquets, cours et tribunaux chaque fois que la nécessité se présente et chaque fois qu’il y a abus.

            Il convient de noter qu’à cette occasion, il a été présenté, hier, le rapport semestriel FFJ de monitoring des cas d’atteinte à la liberté de la presse. Travail couvrant la période allant du 1er janvier 2013 au 21 juillet 2013 en RD Congo, il a recensé 67 cas d’atteintes aux droits civils et politiques du journaliste et au droit du public à l’information.

            En effet, à l’en croire, si dans la typologie relative à l’entrave à la libre circulation de l’information dont FFJ attribue l’ensemble de la responsabilité au ministère des Médias pour avoir interdit, successivement, la diffusion de «Sankuru : enfer ou paradis oublié?» et de «Affaire Chebeya, un crime d’Etat?», deux films-documentaires produits par des journalistes,  FFJ a déclaré craindre que le chiffre global allant d’août à décembre 2013 triple ou quadruple sur les autres typologies au regard de regain d’atteintes à la liberté de la presse, sans cesse rapportées ces derniers temps, à l’Est du pays.

            Depuis le début de l’année 2013, fait-elle noter, FFJ a enregistré au total 67 diverses violations des droits d’informer et d’être informé en RDC, soit une moyenne de 4 cas d’atteinte à la liberté de la presse chaque semaine. Il s’agit d’1 journaliste assassiné dont le gouvernement nie la qualification de l’infraction ; 4 journalistes en prison ; 6 journalistes incarcérés ; 13 journalistes interpellés ; 8 journalistes agressés, maltraités ou torturés ; 11 journalistes menacés ou harcelés ; 14 pressions judiciaires, économiques et administratives exercées sur des organes de presse ou professionnels des médias ; 10 entraves à la libre circulation de l’information.

            Pour la même période en 2012 (janvier-juillet), FFJ avait enregistré 1 journaliste disparu puis retrouvé ; 3 journalistes en prison ; 12 journalistes incarcérés puis libérés ; 28 journalistes interpellés ; 9 Médias et journalistes suspendus ; 7 médias  et journalistes menacés ; 6 médias et journalistes attaqués ou agressés (selon le cas) et deux vendeurs de journaux d’informations tabassés ; 4 médias ont fait l’objet d’entraves à la libre circulation de l’information dont 3 reviennent deux fois.

            Concernant les pressions économiques et administratives,  74 médias (dont 2 du Bas-Congo) et deux journalistes en ont été victimes, selon FFJ. Ainsi donc, comparativement à l’année 2012, l’année 2013 a enregistré 67 cas contre 146 en 2012 pour la même période (janvier-juillet).

Recommandations

            Somme toute, FFJ a, à l’issue de sa présentation, invité le président de la République à accorder sa grâce à un journaliste condamné à 20 ans de prison ferme par la justice militaire et qui se trouve actuellement sérieusement malade, selon ses avocats en contact avec FFJ, sa fiche médicale et diverses sources proches du milieu carcéral. Elle a demandé, par ailleurs, au Chef de l’Etat de concourir, en sa qualité de magistrat suprême, à la libération des journalistes gardés au secret.

            Au gouvernement, il est demandé de lever la main sur la diffusion de deux films-documentaires ; en vue de garantir l’effectivité du droit du public à l’information ; de cesser immédiatement, à travers le ministère des médias, d’opérer des incursions sur des matières en lien avec les médias qui n’entrent nullement dans ses prorogatives ; d’ordonner la réouverture de RLTV et CFTV, deux télévisions émettant à Kinshasa et propriétés de deux opposants politiques.

            A cette liste, il convient d’ajouter la cessation du musèlement des médias sous prétexte des obligations fiscales et administratives ; la création d’un environnement favorable à l’exercice de la liberté de la presse.

            A l’endroit du Conseil supérieur de l’audiovisuel et  de la communication(CSAC), FFJ recommande vivement de jouer pleinement son rôle de régulateur et non celui qui s’apparente à l’instrument d’oppression des médias et des praticiens de l’information; de s’impliquer, toutes affaires cessantes, dans le rétablissement des médias illégalement suspendus pour des raisons politiques; de cesser de formaliser des décisions politiques prises contre des médias proches de l’opposition.

            Enfin, aux organisations professionnelles des médias, l’organisation de défense de la liberté des médias,

–  d’intensifier des formations pédagogiques en lien avec la déontologie professionnelle dans l’optique de doter la sphère des médias d’un journalisme libre et responsable.

Tshieke Bukasa

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