62 violations de droit électoral entre janvier et septembre 2015

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IMG_0592Invité à la conférence hebdomadaire de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO), le chef de l’unité Election de la Monusco, Dominique Adiawino, a présenté hier mercredi 7 octobre 2015, le rapport d’évaluation réalisé par cette section entre le mois de janvier et septembre 2015. Durant cette période, la section a relevé au total 62 incidents ou cas de violations de droit électoral sur l’ensemble du territoire national.

Selon Dominique Adiawino, janvier (15), août (11) et septembre (12) sont les 3 mois qui ont enregistré le plus de violations. Le Kasaï Oriental et Kinshasa sont les deux provinces les plus affectées. Il a noté que plus l’on se rapproche des échéances électorales, plus il y a d’incidents électoraux.

Dominique Adiawino a précisé en passant que son unité traite essentiellement des cas de violation électorale en rapport avec la liberté d’expression conduisant au rétrécissement de l’espace politique, la liberté d’association, le droit au débat politique dans les médias, etc., et non ceux de violation des droits de l’homme.

            Interrogé sur la volonté des autorités du pays d’organiser les élections dans le respect de la Constitution, le chef de l’unité Election de La Monusco a expliqué que sa structure se limitait à offrir ses bons offices, à travers un appui logistique, en vue de créer un environnement sain, favorisant l’organisation des élections crédibles et apaisées. Au vu des difficultés observées par l’opinion nationale et internationale dans l’exécution du calendrier électoral actuel et du doute qui gagne les esprits quant à la tenue des élections, Dominique Adiawino a expliqué qu’il appartient à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et au gouvernement, de faire en sorte d’avoir un calendrier plus réaliste en vue de pouvoir gagner le pari.

Dans le volet militaire, le lieutenant-colonel Amouzoun Codjo, porte-parole militaire de la Monusco, a passé en revue la situation sécuritaire du pays. Au Nord-Kivu, la situation sécuritaire demeure globalement tendue et instable, du fait des exactions perpétrées contre les populations civiles, principalement par des éléments de l’Alliance des Forces Démocratiques (ADF) dans le territoire de Beni et ceux des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), dans les autres territoires de cette province.

            Le 2 octobre 2015, trois civils ont été enlevés par des éléments de l’ADF dans la région de Kanana-Matiba (9 kilomètres au sud-est d’Oicha), sur l’axe Mbau-Kamango. Les casques bleus de la Brigade d’Intervention de la force de la Monusco ont intensifié leurs patrouilles de domination de terrain sur cet axe, suite à la récurrence d’attaques menées par des éléments de l’ADF. L’environnement sécuritaire de cette province a également été caractérisé par l’activisme des éléments réfractaires des FDLR, rapporté dans plusieurs régions de cette partie du pays. Le 5 octobre 2015, la Monusco est intervenue avec l’appui d’hélicoptères de combat et d’éléments des Forces spéciales dans les villages de Minova et de Munanga, à 10 kilomètres au Nord de Pinga, territoire de Walikale, où l’action des groupes armés a provoqué des mouvements de populations civiles et la destruction massive de maisons.

            Le bilan fait état de pertes dans les rangs des groupes armés. Selon Charles Bambara, directeur de l’information publique, les investigations se poursuivent et les bilans seront communiqués dans un avenir proche.

Myriam Iragi