6 décembre 2011 : implosion de la majorité parlementaire

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Les Congolaises et Congolais ne cessent de scruter l’horizon pour tenter de savoir si au 6 décembre 2011, leur pays aurait à sa tête un président élu ou réélu ainsi qu’un parlement composé des députés et sénateurs élus ou réélus. Si tel n’est pas le cas, la conséquence logique serait l’implosion de la majorité parlementaire à minuit de la même journée au plus tard. A partir du 07 décembre 2011, ce serait le vide institutionnel, en attendant que se mette en place une nouvelle majorité parlementaire.

            Mais un certain nombre de choses devrait changer. La contrainte constitutionnelle qui fait que la RDCongo est gouvernée par une majorité parlementaire dirigées par l’ex-AMP (Alliance de la Majorité Présidentielle) devenue MP (Majorité Présidentielle) depuis l’adoption de sa nouvelle Charte, en partenariat avec le Palu (Parti Lumumbiste Unifié) et l’Udemo (Union des Démocrates Mobutistes) ne devrait plus être de mise.

C’est cette machine électorale, transformée plus tard en plate-forme de gouvernement, qui a fait la pluie et le beau temps au pays, de 2006 à 2011. L’obligation du respect du délai constitutionnel par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) suppose qu’au 6 décembre 2011, la MP ne pourrait se prévaloir du pouvoir d’Etat qu’à condition qu’elle réédite son exploit de 2006, à savoir rafler la majorité des sièges des députés nationaux et des sénateurs lors de prochaines législatives, à tenir elles-mêmes avant ce délai-butoir.
La perspective de l’implosion de la majorité parlementaire parait d’autant inévitable que plusieurs paramètres techniques (dérapages dans la révision du fichier électoral), politique (controverse autour de la Loi électorale), financier (difficile mobilisation des fonds destinés aux opérations préélectorales) semblent rendre les prolongations incontournables.

La classe politique congolaise, qui n’a jamais eu la même lecture des fins de mandats depuis l’époque de Mobutu (septennat de 1084 à 1991) – cas de la Transition made by CNS et de la Transition by Dialogue Intercongolais – cours le risque de  s’entredéchirer autour de la légitimité ou non du Chef de l’Etat ainsi que de celle de tous les élus issus du processus électoral de 2005-2006. De nouvelles règles du jeu devraient forcément être définies pour permettre à l’Etat congolais de ne continuer à fonctionner. A quel prix ? Nul ne le sait.

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