Les 504 jours de Nangaa embrasent l’Unikin

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Les activités académiques, scientifiques, administratives et autres
étaient totalement paralysées hier à l’Université de Kinshasa. En
effet, des étudiants en colère à la fois contre la coupure de courant
sur le site depuis la veille au soir et contre le régime en place ont
érigé des barricades et brûlé des pneus à travers le site
universitaire, empêchant toute circulation des véhicules et des
piétons.
Dans ce mouvement de protestation apparemment spontané, des slogans
hostiles aux hommes au pouvoir en place ainsi qu’à la CENI (Commission
Electorale Nationale Indépendantecoupables du « glissement » du
calendrier électoral, étaient entonnés à répétition par des centaines
d’étudiants. Des pancartes sorties de nulle part indiquaient
clairement que la communauté estudiantine était contre le délai de 504
jours décrété par Corneille Nangaa avant la phase préparatoire des
opérations électorales, laquelle ne devrait intervenir qu’à la clôture
définitive de l’enrôlement de l’ensemble des électeurs.
Les jeunes manifestants ont clamé leur rejet d’un éventuel troisième
mandat de l’actuel Chef de l’Etat, dont le second et dernier mandat a
expiré en décembre 2016 et qui se trouve en train d’épuiser son bonus
de 12 mois obtenu au terme de l’Accord de la Saint Sylvestre.
Appelée par les autorités académiques pour calmer la situation, la
police a dû faire usage des gaz lacrymogène, ce qui a donné lieu à des
accrochages avec plusieurs étudiants. Quelques arrestations ont été
opérées dans les rangs de ceux-ci. On parlait, à la mi-journée, d’une
quinzaine d’étudiants qui manquaient à l’appel, et dont leurs
camarades exigeaient la libération sans conditions.
Interrogé au sujet de ce mouvement d’humeur de la communauté
estudiantine de son établissement, le Secrétaire Académique de
l’Unikin l’a attribué à l’intoxication en rapport avec une coupure de
courant dont le rétablissement était programmé dans la matinée d’hier.
Le président de la Coordination estudiantine a abondé dans le même
sens, estimant que certains de ses camarades étaient manipulés par une
main noire.
Selon plusieurs sources estudiantines, ce qui s’est produit hier
mercredi sur le site de l’Unikin n’était que le ras-le-bol consécutif
à plusieurs préoccupations académiques non résolue, notamment la grève
des professeurs, l’ajournement des délibérations des premières et
secondes sessions, l’incertitude de la reprise des cours, les
conditions précaires de vie dans les homes, etc. Convaincus que le
gouvernement actuel brille par des promesses sans lendemain, les
étudiants réclament, à leur tour, un changement de gouvernance par
l’application de l’Accord du 31 décembre 2016.
Kimp