50 millions de dollars de la Banque mondiale à la ville de Kinshasa

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Le secteur de la santé en RDC est en pleine réhabilitation. C’est un de Cinq chantiers de la république auquel le gouvernement et les partenaires extérieurs consacrent une attention particulière, compte tenu de son impact sur la population congolaise. La Banque mondiale qui compte parmi ses principaux partenaires au développement, intervient dans ce secteur, comme on le sait, depuis son réengagement en RDC, en 2001. En effet, cette institution de Bretton Woods finance plusieurs projets dans ce secteur. Ce programme de financement articulé en plusieurs projets, a débuté avec le PMURR (Programme multisectoriel d’urgence de reconstruction et de réhabilitation) dont un volet concerne la santé. A la suite des besoins immenses exprimés par ce secteur, deux autres projets ont ensuite vu le jour. Il s’agit du MAP ( Projet multisectoriel de lutte contre le sida) avec une enveloppe de 102 millions de dollars dont la fin est prévue en janvier 2011 et de PARSS (  Projet d’appui à la réhabilitation du secteur de la santé) d’un montant de 150 millions de dollars qui arrive à terme dans deux ans.

Pour parler de ce secteur, des interventions de la Banque mondiale et des perspectives d’avenir dans le secteur, Jean-Jacques Frère, responsable de la Banque mondiale chargé de la santé, nutrition et population a eu avec un entretien à bâtons rompus avec quelques journalistes de la presse écrite.

Il a survolé quelques projets sectoriels qui disposent de volet santé. Tel est le cas du projet PURUS avec son volet paludéen. Ce projet de la Banque mondiale d’un montant de plus ou moins 50 millions de dollars est destiné à la ville de Kinshasa. Il a permis d’assurer la distribution des moustiquaires imprégnées dans toutes les communes de la capitale auprès des populations kinoises et de faire baisser la prévalence du paludisme pour les enfants de moins de cinq ans.

Le chargé du département santé, nutrition et population espère qu’avec toutes les réflexions engagées ces derniers temps avec le ministère de la Santé et d’autres bailleurs, qu’il faille aller au-delà de la simple distribution des moustiquaires imprégnées, et d’inclure la dimension environnement avec l’assainissement, l’hygiène et la pulvérisation d’insecticides.

La Banque mondiale œuvre en synergie avec d’autres partenaires

Dans sa stratégie d’intervention, la Banque mondiale tient compte des actions des autres partenaires, tels que le Fonds mondial et l’Usaid. Aussi a-t-il émis le vœu de voir se mettre en oeuvre une synchronisation de différentes interventions.

Il s’est dit ravi du financement additionnel de 100 millions de dollars annoncé dernièrement à Washington par le président Zoellick. Un financement destiné aux pays de l’Afrique centrale et subsaharienne. La RDC pourra bénéficier de 50 %. Mais il faudra pour ce faire, disposer d’une planification avec le gouvernement et les autres partenaires.

Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, par exemple, la tâche la plus difficile n’est pas d’acheter des moustiquaires, mais de les distribuer auprès des populations ciblées. D’où l’intérêt de régler également le problème du renforcement de la surveillance, des tests de diagnostic rapide des intrants des laboratoires, de transport et de logistique.

Les ressources mobilisées dans le secteur de la santé, a dit Jean-Jacques Frère, sont importantes et devraient bien gérer.

Voilà pourquoi il sera développé une réflexion systémique pour améliorer le système de financement du secteur avec les autres  agences d’exécution des projets, tels que l’Union européenne, l’Usaid…

L’interlocuteur de la presse estime à ce sujet, qu’aujourd’hui, le financement doit être basé sur la recherche des performances et des résultats pour permettre de rendre les services de meilleure qualité. Cette quête d’efficacité a produit des résultats encourageants dans d’autres régions du monde, notamment au Rwanda et en Asie du Sud-Est.

Il a amorcé une réflexion avec le secrétaire général du ministère de la Santé pour étendre le système de santé jusque dans les villages. Car, les problèmes de santé se posent avec acuité dans l’arrière-pays qui est complètement défavorisé. Avec d’autres partenaires, il a été reconnu que les projets arriveront un jour à terme, mais qu’il serait impérieux de que soit organisé le système de suivi-évaluation qui est très faible. Aussi est-il nécessaire d’accroître les capacités du ministère de la Santé qui est appelé à coordonner toutes les actions des bailleurs. 

Dans ce survol des problèmes du secteur de la santé, Jean-Jacques Frère a également évoqué des volets importants, tels que la revue des dépenses publiques, la passation des marchés, l’économie de la santé et une bonne mise en œuvre de la décentralisation en développant le cadre des dépenses à moyen terme.

Avec les gros bailleurs, la Banque mondiale poursuit la réflexion sur le problème d’approvisionnement des médicaments. C’est un domaine qui devait faire l’objet d’une attention particulière, quand on sait qu’il représente 30 à 40 % des coûts de la santé des ménages. Les autres problèmes concernent le suivi des programmes, le financement du secteur et la gouvernance et l’obligation de rendre des comptes sur la gestion des politiques sectorielles. Et surtout de la fragmentation de l’aide. En effet, la balkanisation de l’aide est très préjudiciable au système de la santé.

Que pense t-il de la fin du projet MAP qui arrive bientôt à terme ?

Jean-Jacques Frère relève d’abord que toutes les ressources n’avaient pas été consommées. Il a prévenu qu’il était de bonne politique d’éviter qu’il y ait un gap, un vide après le projet. Dans l’attente d’un an, de six mois, il faut éviter qu’il y ait interruption de service. Ce qui serait préjudiciable pour les populations ciblées dans le projet. Pour le cas des personnes vivant avec le VIH, le chargé du département santé, nutrition et planification familiale estime que l’on doit continuer à distribuer les ARV, avant que soit mis en place un nouveau projet.

A la fin du projet, ils étudient comment repartir les ressources disponibles, d’où l’on a abouti à un plan révisé. C’est dans ce cadre qu’il a proposé un plan de gestion rationnelle des fonds.

Pour une planification des actions dans le secteur, Jean-Jacques Frère a déploré l’absence des données statistiques. Ce qui abouti aux chiffres controversés, car l’échantillonage est imprécis.

De l’enveloppe de 32 millions de dollars, le projet n’a absorbé que 20 millions de dollars. Il reste 12 millions de dollars qui risquent d’être retournés à l’IDA.

En ce qui concerne les perspectives d’avenir, le spécialiste des questions santé, nutrition et planification familiale souhaite que la Banque ne puisse pas se désengager de la RDC à la fin des projets. Il appartient au gouvernement congolais de présenter dans l’avenir des projets à haut impact sur la population pour pouvoir solliciter l’intervention des bailleurs. Ces derniers, comme on le sait, ne s’alignent que sur les priorités de l’exécutif congolais.

Aujourd’hui, c’est la Journée nationale de lutte contre le paludisme. A cette occasion, l’on croit savoir que le ministère de la Santé fixera l’opinion nationale sur ses grandes préoccupations.

       J.R.T.       

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