5 ans après sa mise  en œuvre : l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba revisité par le général Kalume

0
239

Signé le 24 févier 2013, l’Accord-cadre d’Addis Abeba est maintenant vieux de 5 ans. Un certain nombre d’engagements étaient pris par la République Démocratique du Congo, les pays de la sous région ainsi que la communauté internationale pour que la paix règne entre Etats. Cinq ans après, il n’est pas question de tout jeter dans les oubliettes.

D’où, le point de presse animé le vendredi 9 mars 2018 par le Général Denis Kalume, Coordonateur du Mécanisme National de Suivi de cet accord, pour éclairer l’opinion sur ce qui était convenu entre parties, ce qui est fait et ce qui reste à faire pour la paix règne en
RDC.

Avec les 9 Etats voisins, dont s’étaient ajouté l’Afrique du Sud, le Kenya et le Soudan du Nord, 7 engagements régionaux étaient prises : la non ingérence dans les affaires intérieures ; ne pas tolérer, ni fournir une assistance aux groupes armés pour déstabiliser les voisins ; le respect de la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats voisins ;  le renforcement de la coopération régionale à travers l’intégration économique ; le respect des préoccupations et intérêt légitimes des Etats voisins ; ne pas héberger, ni fournir une
protection aux criminels ainsi que faciliter l’administration de la justice à travers la coopération judiciaire dans la région.
Sur le plan international, il s’agissait de 5 engagements : la
nomination d’un envoyé spécial des Nations Unies pour le soutien des
efforts d’identification des solutions durables ;  la revue
stratégique de la Monusco pour appuyer la RDC aux défis sécuritaires
et étendre l’autorité de l’Etat ; la revitalisation de la CEPGL ; la
mobilisation des partenaires bilatéraux à soutenir la RDC et RGL à
travers la CIRGL enfin, le Conseil de sécurité s’était engager de
rester saisi de l’importance d’appuyer la stabilisation à long terme
de la RDC et de la CIRGL.
La RDC, quant à elle, s’était engagée à travers six points à
continuer à approfondir la réforme de l’armée et de la police;
Consolider l’autorité de l’autorité de l’Etat, en particulier dans
l’Est du pays y compris en empêchant les groupes armés de déstabiliser
les pays voisins; effectuer des progrès en ce qui concerne la
décentralisation; promouvoir le développement des infrastructures et
fournir des services sociaux de base; promouvoir la réforme
structurelle des institutions de l’Etat, y compris la réforme des
finances; enfin, promouvoir les objectifs de réconciliation nationale,
de tolérance et de démocratisation.

Evaluation de l’Accord
Pour respecter ses engagements, le président Joseph Kabila a
promulgué 316 lois de 2001 à ce jour. L’armée et la police ont cessé
d’être des attroupements pour devenir des troupes sous un seul
commandement au lieu de trois. Des services de génie, de transmission,
école de formation, le renforcement des capacités des éléments, la
création des zones de défense etc. sont effectives. Bien qu’il y ait
des progrès, quelques défis restent à relever. Les textes
d’application font encore défaut. A ceci s’ajoute aussi l’absence de
la loi de programmation militaire. Celle-ci  met en difficulté
l’acquisition des équipements militaires et policiers. D’où l’appel
lancé au le parlement pour accélérer son examen.
Cependant, le général Dénis Kalume a déploré l’absence de réciprocité
dans les efforts entrepris par la RDC pour ne pas déstabiliser les
pays voisins. Seule la RDC a mis sur pied un mécanisme national de
suivi. Il y a une complaisance pour alimenter les conflits en RDC. Ces
pays limitrophes aident par contre les groupes armés à déstabiliser la
RDC car, une fois chassés du territoire congolais, ils ont comme
refuge ces pays voisins avant de contre-attaquer. Avec cette manière
d’agir, la paix ne reviendra pas en RDC. La communauté internationale,
qui est garante de cet Accord-cadre, doit éviter la politique de deux
poids, deux mesures. Que ce qui est demandé à la RDC, le soit aussi
pour les autres pays. Soit on veut la paix, soit on veut pérenniser le
désordre pour continuer le pillage des ressources naturelles.
Sur le plan régional, après évaluation entre partenaires, il ressort
que la stabilité et la paix à l’Est de la RDC ne sont pas effectives.
Au contraire, le nombre des groupes armés a augmenté alors que les
belligérants d’hier se sont mis ensemble. Le pacte de la CIRGL n’a pas
produit d’effet sur la paix et la sécurité depuis 2006. Ceci est dû
aux causes profondes du conflit qui sont souvent éludées et on
s’occupe des effets qui sont les groupes armés. D’une manière
générale, se sont les problèmes des richesses, terres,  leadership
politique.

Yves Kadima