4 ans après les PPTE : Kinshasa toujours élève modèle du FMI

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Les Congolais ne sont pas prêts d’oublier l’atteinte, en 2010, du Point d’Achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), qui avait permis au pays d’obtenir l’effacement de plus de 9 milliards de dollars sur les 14 représentant sa dette extérieure. L’exploit avait été possible grâce la bonne tenue des finances publiques et au respect du calendrier de remboursement des créances des partenaires étatiques et privés, sous la haute surveillance du Fonds Monétaire International.

Quatre ans après, la République Démocratique du Congo continue de préserver son statut d’élève modèle des institutions de Bretton Woods. C’est ce qu’atteste le dernier rapport du Conseil d’administration du FMI, publié la semaine dernière à Washington, dans le cadre des consultations de 2014, conformément à l’article IV de ses statuts. Selon les experts de cette institution financière, les indicateurs macro-économiques sont toujours au «vert», grâce à une politique budgétaire restrictive basée sur la corrélation entre la chaîne de dépense et l’état de la caisse, un taux de croissance estimé à 8,7 %, un taux d’inflation de 1 % pour l’exercice 2014, un taux de change harmonisé entre les marchés officiel et libre et oscillant autour d’une moyenne de 93.000 Fc congolais pour le dollar américain, etc.

S’agissant du taux d’inflation, l’on parle d’un record dont le dernier signalement remonte aux années ’60. Même si le taux moyen pourrait grimper jusqu’à 4% en fin de période 2014, il ne devrait pas perturber les équilibres macro-économiques en cours. Ce qu’il y a lieu de retenir dans cette série rose est que le taux de croissance se maintient autour de 7,5 % depuis 2010, ce qui constitue un des indicateurs non négligeables des performances économiques qu’aligne le pays, notamment grâce aux réformes engagées par le gouvernement Matata, depuis son entrée en fonction en mai 2012. Sauf imprévu, cette moyenne pourrait être préservée jusqu’en 2018.

Le Conseil d’administration du FMI suit avec attention les mesures en application en vue de  l’amélioration du climat des affaires (guichet unique de création d’entreprise, facilitation des procédures de dédouanement, révision du Code minier, institution de la Taxe sur la Valeur Ajoutée, bancarisation des salaires des cadres et agents de l’Etat, dédollarisation de l’économie, promulgation d’une loi sur les marchés publics, adhésion au droit Ohada). Ces performances sont d’autant louables qu’elles ont été obtenues et maintenues dans un contexte difficile de conflits armés de longue durée dans plusieurs parties du territoire national, notamment la Province Orientale, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Katanga.

Les recommandations du FMI

L’un des constats faits par le Conseil d’administration du Fonds Monétaire International est que le secteur minier demeure le plus gros pourvoyeur de la caisse de l’Etat en recettes. Cette dépendance s’est davantage accrue avec l’accélération de la phase d’exploitation de Sicomines, dans le cadre de la coopération sino-congolaise. A cet effet, une amélioration de la gouvernance est souhaitée dans la gestion des ressources naturelles et des entreprises publiques à caractère minier. Une diversification des sources d’entrée des fonds est également recommandée, afin de prévenir les risques de baisse des cours des principaux produits miniers sur les marchés mondiaux. En plus des efforts à consentir pour une plus grande transparence des recettes minières, le gouvernement devrait poursuivre la politique d’élargissement de l’assiette fiscale.

Les administrateurs du FMI préconisent aussi, en marge de l’adoption par le gouvernement congolais d’un plan d’action triennal relatif au « Programme d’Evaluation du Secteur Financier » (PESF), la recapitalisation de la Banque Centrale du Congo, l’adoption des lois sur les nouveaux statuts de la BCC et les banques commerciales, l’abandon des activités non essentielles, etc. Ils recommandent aussi une plus grande flexibilité du taux de change, afin de permettre à la BCC de disposer d’un matelas de devises plus volumineux que celui présentement disponible.

Enfin, une plus grande visibilité d’actions sociales est attendue, notamment à travers des investissements publics ayant pour finalité l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Pour ce faire, le gouvernement devrait s’inspirer du Document Stratégique de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté (DSCRP). Au regard du dernier satisfecit du FMI à l’équipe Matata, il est permis de croire que la RDC dispose des atouts nécessaires pour cheminer, lentement mais sûrement, vers l’émergence, dont l’atteinte est prévue en 2030. Un seul mot d’ordre est à observer à ce sujet : le maintien d’une discipline budgétaire rigoureuse en termes de recettes comme de dépenses ainsi que la multiplication des sources de recettes, en s’appuyant avant tout sur la production interne.

Kimp

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