30 Juin, Triomphal, Sendwe et Lumumba : essais et erreurs !

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IMG_2938Les résidents de Kinshasa comme les visiteurs de passage par la capitale sont émerveillés par les travaux d’agrandissement et d’embellissement de certaines artères, notamment les boulevards du 30 Juin, Triomphal, Sendwe et Lumumba et la route de Matadi sur le tronçon Cité-Verte. Il ne serait pas honnête de ne pas reconnaître les efforts que déploient les autorités tant nationales qu’urbaines en vue de rendre plus fluide la circulation des personnes et de leurs biens. Il ne serait pas non plus correct de ne pas signaler l’enclavement dont souffrent encore la plupart des municipalités et quartiers de la ville. Lorsque l’on s’attarde sur certains « points chauds » des axes tels que By Pass (Cité Salongo, Rond-point Ngaba, Triangle, Matadi Kibala), Route de Matadi (Badiadingi), Université, Flambeau, Huileries ( Regideso), Colonel Ebeya, Wangata, Kasa-Vubu (Marché Central), Bokassa, Flambeau, ex-24 Novembre (Bandal, Selembao/Bumbu), Nguma…où les embouteillages sont quasi permanents, l’on est tenté de douter de la volonté des décideurs de réhabiliter le réseau routier de la capitale.

L’autre fait qui continue d’intriguer de nombreux usagers de la route, c’est la politique des essais et erreurs qui semble caractériser les entreprises chinoises chargées des travaux de la voirie urbaine. Depuis leur lancement en 2008, sous le label des « 5 chantiers de la République », il se constate une lenteur énervante doublée d’une tendance au gaspillage des moyens.

S’agissant de la conduite des chantiers, tout le monde était surpris de voir ouvriers chinois et congolais s’employer à démolir les terre-pleins en béton armé le long du boulevard du 30 juin, Sendwe et Lumumba et à les remplacer par des séparateurs en métal. Chaussée encore neuve, le boulevard Triomphal se voyait aussi revêtue de la nouveauté. Sans être ingénieurs en travaux publics ou en bâtiments, il sautait aux yeux de tous que ce type de séparateurs ne pouvait assurer la sécurité des usagers de la route dans une ville où le Code de la route est foulé aux pieds par l’écrasante majorité des conducteurs commis au transport en commun. Comme pour donner raison aux sceptiques, ces séparateurs en métal étaient démolis en quelques semaines. Confus, leurs inventeurs étaient obligés de les démonter et les envoyer au musée.

Seconde surprise : Kinoises et Kinois ont vu les entreprises chinoises revenir à l’ancien système des séparateurs en béton, pourtant de longue tradition à Kinshasa et efficaces pour la sécurisation des usagers de la route, surtout des piétons. Progressivement, l’avenue des Huileries, les boulevards du 30 Juin, Triomphal, Sendwe et Lumumba ont accueilli des séparateurs en béton armé.

La grande inconnue dans l’affaire reste le silence observé par les autorités congolaises et les entreprises chinoises au sujet des coûts additifs de ces opérations de démolition et reconstruction des séparateurs. Une chose est certaine : des millions de dollars sont en train d’être engloutis dans des travaux apparemment mal ficelés. De là à penser qu’une maffia est organisée autour des travaux de modernisation de Kinshasa, il n’y a qu’un pas que des millions de Kinoises et Kinois n’hésitent pas à franchir.

Des balises pour quoi faire ?

A la veille de l’organisation du Sommet de la Francophonie, des balises étaient poser précipitamment sur certaines artères de la ville, dont les boulevards Lumumba, Triomphal et 30 Juin. Quel était l’effet ou le résultat attendu ? Nul ne le sait. Toujours est-il que si c’était pour le guidage des automobilistes, c’est raté. Car, en l’espace de l’éclair, toutes les balises avaient cessé d’illuminer la capitale à la tombée de la nuit.

 Au jour d’aujourd’hui, ces balises désaffectées ressemblent à des pièces de musée. Mais, comme si cette malheureuse expérience ne suffisait pas, de nouvelles balises sont en train d’être installées sur d’autres grandes artères. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, chacun peut deviner la suite.

Il est curieux que dans un pays où de nombreux aéroports ne sont pas balisés, l’on se précipite à baliser les routes de Kinshasa.

Recadrer la « Révolution de la Modernité »

La « Révolution de la Modernité », dans son volet consacré à la voirie de Kinshasa, mérite d’être recadrée. L’économie des fonds et des matériels s’impose si les gouvernants actuels tiennent à léguer aux générations futures des routes modernes, non seulement dans la capitale mais aussi dans l’arrière pays. Il y a lieu de suggérer, à ce sujet, la gestion rationnelle des moyens, en évitant notamment des dépenses inutiles, telles des achats inopportuns de séparateurs en métal, des balises et autres bidules qui servent plus de décor que d’utilité publique.

Les fonds engloutis dans des équipements de prestige, sans impact sur la circulation automobile, pourraient servir à relier la ville de Kinshasa à celle de Bandundu, d’Idiofa et pourquoi pas de Kananga, Mbuji-Mayi ou Tshikapa ou encore à désenclaver de nombreux villages au Bas-Congo, au Bandundu, dans les deux Kasaï, à l’Equateur, au Katanga, au Maniema, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu et en Province Orientale. La « Révolution de la Modernité » ne devrait pas demeurer un phénomène de deux ou trois villes, au risque de paraître comme un slogan creux. et un soupoudrage.

Kimp 

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