30 juin 2013 : journée morne et sans éclat : drôle de fête de l’indépendance

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Alors qu’à travers le Monde, l’anniversaire de l’indépendance du pays constitue une occasion tant pour hommes politiques que d’autres compatriotes de fêter avec faste, la RDC vient de signer une exception à la règle. La journée d’hier n’a connu ni de défilé officiel, ni aucune manifestation festive organisée par le gouvernement central ou par la Ville ni aucun culte religieux en l’honneur de cette date historique et inoubliable. Une journée morne sans aucune manifestation officielle.

         Ce n’est qu’à l’époque du MPR-parti Etat que le régime au pouvoir, avait décrété sous le signe de la méditation» cette journée de l’anniversaire de I ‘indépendance pourtant chômée et payée. Préférant organiser des manifestations grandioses d’anniversaire pour la création du MPR, le 20 mai, le 24 juin, journée consacrée au Poisson, le 14 octobre fête de jeunesse et de naissance du Président-Fondateur, et le 24 Novembre, journée de la prise eu pouvoir par le Haut Commandement militaire. Le plus souvent, feu le Président-Fondateur tenait ce jour-là des meetings à Nsele en présence des tous les dignitaires du régime et du corps diplomatique accrédité à Kinshasa ainsi que de hauts responsables des entreprises privées et surtout publiques de l’Etat. Tout au début de l’instauration du Parti-Etat, son Fondateur organisait un meeting grandiose au Stade du 20 mai en présence des délégations venues de toutes les provinces, notamment des danseurs et animateurs du parti. Des rotations d’avions larguaient durant toute une semaine dans la capitale politique des centaines des danseurs et danseuses ainsi que des responsables des divisions régionales chargés d’animation politique et culturelle», tous logés et nourris aux frais du contribuable avec des per diem conséquents.

         Cette pratique avait eu comme effet de faire oublier à des dizaines des millions d’ex-Zaïrois la date exacte de l’indépendance de ce pays. Pendant la longue transition politique issue de la Conférence Nationale Souveraine, les divers gouvernements trouvèrent, par peur des sanctions du Fondateur du MPR, Parti-Etat, moult motifs de ne pas organiser des manifestations grandioses le jour de l’anniversaire de l’indépendance. Dans l’euphorie de la prise du pouvoir, le régime de l’AFDL fit la sourde oreille à cet anniversaire au mois de juin 1997.  En juin 1998, le climat politique était déjà lourd, car les relations entre les divers clans au pouvoir n’étaient plus au beau fixe. Quelques semaines après ce fut le crash avec la rupture de la coopération militaire entre la RDC et le Rwanda et du déclenchement de la guerre du RCD.

         C’est en 1999 que cet anniversaire fut organisé en présence de l’inoubliable Louis MICHEL, alors ministre belge des Affaires Etrangères, dépêché pour annoncer au régime au pouvoir le lancement du mandat d’arrêt international par la Justice de son pays à charge de son homologue Abdoulaye YERODIA Ndombasi poursuivi pour propos haineux contre les tutsi. Depuis lors, chaque année le gouvernement organisait un défilé militaire et des forces vives sur le Boulevard Triomphal suivi des manifestations populaires à travers le pays. L’avènement de Joseph KABILA après le lâche assassinat de son père ne dérogea pas à cette règle, même pendant la transition du système 1+4.

         C’est donc la toute première fois que cet anniversaire n’est pas fêté, alors que des manifestations se déroulent le 16 et le 17 janvier de chaque année pour commémorer l’assassinat de L.D. KABILA et celui de P.E. LUMUMBA. Pourquoi le régime actuel a-t-il décrété le 30 juin dernier une journée morne et consacrée à la méditation ?  Tant et si bien qu’à l’exception du Rwanda qui ne fête pas le 2 juillet considéré par le régime du F.P.R. comme le souvenir d’un régime d’exclusion d’une composante de la population rwandaise, dans d’autres pays du monde, l’anniversaire de l’indépendance est considéré comme une fête nationale avec des manifestations grandioses à travers toute l’étendue du territoire national.

                 F.M.

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