30 « dialogueurs » pour sauver le Congo

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whatsapp-image-2016-12-08-at-14-45-33-1132x670Après le Dialogue de la Cité de l’Union Africaine (1er septembre – 18 octobre 2016), réputé non inclusif en raison de l’absence du « Rassemblement », l’Opposition la plus représentative des forces politiques et sociales congolaises, un mini-dialogue s’est ouvert hier jeudi au Centre Interdiocésain de Kinshasa, sous l’égide de la Cenco (Conférence Episcopale Nationale du Congo). Le sort immédiat de tout un pays repose sur les épaules de trente « dialogueurs », représentant le camp des pro-Kabila et des pro-Tshisekedi, sous la formule de la parité, à savoir 15 délégués par « composante ».

Depuis hier, près de 75 millions de Congolaises et Congolais attendent anxieusement le compromis politique qui devrait désamorcer la « bombe » à retardement que représente le 19 décembre 2016, date de la fin constitutionnelle du second et dernier mandat du Chef de l’Etat en exercice, Joseph Kabila. Selon la synthèse produite par les Evêques
catholique, au terme de plus d’un mois de contacts avec la Majorité au pouvoir et l’Opposition non signataire de l’Accord politique du 18 octobre 2016, six divergences sont à vider.

Il s’agit de l’interprétation exacte du concept « respect de la Constitution », du processus électoral (séquences des élections, calendrier électoral, financement des élections, indépendance de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et du CSAC (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication) ; du fonctionnement des institutions pendant la période de transition ; des mesures de décrispation politique ; du mécanisme de suivi de l’Accord politique ; de la forme du compromis politique à trouver.

Les 30 « dialogueurs » ont la lourde responsabilité de trouver, avant la date ultra-sensible du 19 décembre 2016, des réponses satisfaisantes et consensuelles à ces questions qui se trouvent au centre de la grave crise politique qui secoue la République
Démocratique du Congo. Si notre pays avait connu des manifestations populaires réprimées dans le sang par les forces de l’ordre du 19 au 21 janvier 2015 d’abord et du 19 au 20 septembre 2016 ensuite, c’est essentiellement à cause de l’incertitude qui continue de planer sur la fin du second et dernier mandat de l’actuel Chef de l’Etat. Car, une large frange du peuple le soupçonne de nourrir l’intention de « glisser », entendez rester au pouvoir au-delà de la durée constitutionnelle de ses deux mandats et même profiter de l’usure du temps pour faire réviser la Constitution et briguer un troisième
mandat.

L’heure est donc grave, ainsi que l’a souligné le président de la CENCO dans son message d’ouverture. La crise est tellement profonde qu’elle interdit toute manœuvre de distraction visant à faire baisser seulement la tension par rapport à la psychose du 19 décembre 2016 et laisser les choses en l’état. Le peuple congolais ne veut plus du
statu quo ante que seraient tentés de lui imposer des « faucons » de la famille politique du Chef de l’Etat qui estiment que l’Accord du Camp Tshatshi a tout réglé, alors que tel n’est pas le cas.

C’est le lieu de rappeler qu’au niveau du Conseil de Sécurité de l’ONU, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine, du Congrès américain, du Vatican ainsi que de divers partenaires de la RDC, une attention particulière est accordée à l’initiative des Evêques
Catholiques en vue de la résolution pacifique de la crise politique et du balisage du chemin devant conduire aux élections transparentes, démocratiques et apaisées, dans le meilleur délai.

A lire les visages des participants, le constat à faire qu’ils n’ignorent par la lourde responsabilité qui est la leur pour sortir le grand Congo de l’impasse et l’engager dans la voie de l’alternance démocratique, prélude à la bonne gouvernance.

Enfin, le « vrai dialogue a commencé », pourrait-on dire, avec cette fois pour ligne rouge à ne pas franchir : le 19 décembre 2016.
Kimp