30 avril : Journée mondiale de l’enseignement sous le sceau du désespoir

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La journée mondiale de l’enseignement en RDC sera fêtée aujourd’hui sous le signe du Cinquantenaire de l’accession du pays à la souveraineté internationale. Même si la commémoration de ce secteur si vital à la nation ne va pas passer inaperçue, il se fait cependant que cet évènement se déroule au lendemain des remous observés dans tous les milieux concernés par ce secteur. Au début de cette année scolaire, des appels à la grève avaient été lancés par les principaux mouvements syndicaux de l’enseignement fondamental et secondaire du pays mettant les parents d’élèves dans la tourmente. C’est suite aux négociations initiées par le gouvernement que l’année scolaire en cours a été sauvée de justesse.

Quant à l’enseignement supérieur et universitaire, on a frôlé l’année blanche au niveau de l’Université de Kinshasa qui a été paralysée par une grève de près de trois mois déclenchée par l’Association des professeurs de cette institution. Une grève qui vient d’être interrompue dans la foulée des négociations intervenues entre le Premier ministre et les délégués de ce syndicat maison. Au moment où dans les autres universités et instituts supérieurs publics du pays et de la ville, les enseignements étaient dispensés régulièrement et aussi curieux que cela puisse paraître, par des professeurs de l’UNIKIN.

 

Que ça soit les grèves des professeurs ou les remous observés dans les milieux estudiantins, cette journée consacrée à l’enseignement devrait être l’occasion pour tous les opérateurs de ce secteur stratégique et sensible d’observer une pause pour réfléchir sur les problèmes réels et brûlants qui affectent ce domaine. Autant que les professeurs s’interrogent sur leur avenir proche et lointain, notamment leur situation lorsqu’ils seront appelés à prendre leur retraite, autant que les étudiants se disent très déçus par la qualité de l’enseignement dispensé dans un environnement fort vicié par la vétusté ou carrément l’absence tant des infrastructures immobilières que des matériels didactiques, le vieillissement du corps professoral et scientifique. Que dire des parents qui éprouvent des sérieuses difficultés pour subvenir aux frais relatifs aux études de leurs rejetons dans un Etat où les emplois rémunérateurs sont si rares ou inexistants !

Des diplômés universitaires vendeurs des cartes des téléphones portables !

Par voie de conséquence, si le commun des mortels congolais raffole les festivités grandioses et bruyantes organisées lors des cérémonies de collations des grades académiques, l’après-fête inaugure des lendemains douloureux car il faudra affronter la réalité ambiante et hideuse caractérisée par un saut dans le vide. Les chances d’obtenir un emploi sont très minimes et l’on assiste à des scènes poignantes et douloureuses des jeunes diplômés sortis fraichement des universités et instituts supérieurs tant privés que publics installés sur des chaises en plastiques ou des escabeaux devant une table pour la vente des cartes des téléphones portables et de change de la monnaie. D’autres se retrouvent vendeurs dans les magasins de l’Avenue du Commerce ou d’ailleurs. A côté, ce sont des musiciens, danseurs, commissionnaires et autres trafiquants qui exhibent l’opulence et la réussite. Une situation qui décourage un nombre très fort des jeunes à poursuivre les études universitaires et supérieures dont les débouchées sont incertains. Voilà donc quelques pistes que tous ceux qui interviennent dans ce secteur devront explorer pour préserver l’avenir de la nation.

Castro

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